Finkielkraut : « une parenthèse heureuse des Juifs en France se referme »
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Finkielkraut : « une parenthèse heureuse des Juifs en France se referme »

Le philosophe n'a pas porté plainte : "Je veux davantage satisfaire ma curiosité que mon instinct de vengeance," affirme-t-il

Alain Finkielkraut, dans son appartement parisien. (Crédit : Robert Sarner/ Times of Israel)
Alain Finkielkraut, dans son appartement parisien. (Crédit : Robert Sarner/ Times of Israel)

Le parquet de Paris a annoncé dimanche 17 février avoir ouvert une enquête sur les injures antisémites adressées samedi au philosophe et académicien juif Alain Finkielkraut en marge d’une manifestation de « gilets jaunes », alors que l’intéressé a dit qu’il ne porterait pas plainte, se disant « ni victime ni héros ».

« Je veux davantage satisfaire ma curiosité que mon instinct de vengeance, » a-t-il déclaré sur I24News.

« Cela ne rappelle pas les pires heures de notre Histoire, analyse l’auteur du Juif imaginaire. Il faut arrêter avec cela, je n’ai pas entendu ‘sale Juif’, on ne traite plus les Juifs de sales Juifs, on les traite de sales racistes. Celui qui m’a dit ‘on est chez nous’ n’était pas un petit blanc et c’est lui qui me dit ‘on est chez nous’ : c’est cela qu’il faut entendre, il ne faut pas se tromper de cible, » soulignant qu’il pensait que son agresseur était un islamiste radical.

Une information confirmée par Le Parisien: « cet homme qui aurait été identifié par un policier est connu des services de renseignement pour avoir évolué en 2014 dans la mouvance radicale islamiste. Mais il n’a jamais fait l’objet d’un suivi au titre du Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) ».

« C’est une douleur d’un nouveau type, ajoute Alain Finkielfraut sur la même chaîne, et les agresseurs ne ressemblent pas aux fascistes et aux nazis, » observe-t-il, dans un contexte marqué par l’explosion des actes antisémites en France.

« C’est inquiétant, car cela a un lien avec le nouveau paysage démographique de la France et on en a pour longtemps. J’ai été insulté en raison de mes supposés liens avec un Etat qualifié de criminel voire de génocidaire (NDRL Israël). Il y a des gens habités par une haine à l’égard des Juifs à cause d’Israël ».

Une haine, selon lui, à l’origine du phénomène d’alyah interne observée en France, et notamment en Ile de France : « Certains déménagent, regrette Alain Finkielkraut, ils changent de domicile et quittent les banlieues devenues invivables, je ne crois pas à une forte émigration des Juifs hors de France mais je crois qu’une certaine parenthèse heureuse et tranquille des Juifs est en train de se fermer ».

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