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A 34 ans, Gabriel Attal devient le plus jeune Premier ministre français

Le ministre de l'Education nationale devient le plus jeune Premier ministre de l'histoire de la République et le premier ouvertement homosexuel

Le ministre français de l'Education et de la Jeunesse, Gabriel Attal, quitte le Palais présidentiel de l'Elysée après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 20 décembre 2023. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)
Le ministre français de l'Education et de la Jeunesse, Gabriel Attal, quitte le Palais présidentiel de l'Elysée après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 20 décembre 2023. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

Le populaire ministre de l’Education Gabriel Attal est devenu mardi à 34 ans le plus jeune chef du gouvernement de l’histoire de la République française, le premier ouvertement homosexuel aussi, à l’issue d’un remaniement ministériel censé donner un nouveau souffle à la présidence d’Emmanuel Macron.

D’abord espérée lundi soir, cette nomination, officialisée par l’Elysée, a mis de très longues heures à intervenir. Un délai qui a alimenté les spéculations sur de possibles résistances internes – notamment des poids lourds du gouvernement Gérald Darmanin (Intérieur) et Bruno Le Maire (Economie), démenties par les intéressés.

Le président a dit « compter » sur l' »énergie » de Gabriel Attal, nommé Premier ministre, pour mettre en œuvre son « projet de réarmement et de régénération » avec « dépassement et audace ».

A trois ans de la fin de son second mandat, le chef de l’Etat se trouve dans une situation délicate face à la percée continue de l’extrême droite dans le pays et en l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Depuis sa réélection en 2022, Macron est aussi confronté à un mécontentement croissant qui s’est manifesté lors de l’adoption de la réforme des retraites, et plus récemment d’une loi très controversée sur l’immigration.

Décrit comme « bon élève », ou encore comme « la meilleure incarnation de l’ADN macroniste », Gabriel Attal, entré au gouvernement en 2017 et qui a connu une ascension spectaculaire, s’est finalement imposé à la surprise générale pour succéder à Elisabeth Borne à Matignon, après la démission de cette dernière lundi en fin d’après-midi.

« Sans-faute », « bon élève », « la meilleure incarnation de l’ADN macroniste »: le phénomène Attal, était déjà le benjamin du gouvernement en 2017, puis plus jeune ministre de l’Education nationale.

Issu de la mouvance des jeunes soutiens de Dominique Strauss Kahn, ancien poids lourd de la gauche tombé en disgrâce après avoir été arrêté pour agression sexuelle en 2012 à New York, Gabriel Attal avait fait partie des premiers socialistes à suivre Emmanuel Macron lors de la création en 2016 de son parti En Marche!, tremplin vers l’Elysée.

« Un os à ronger pour Gabriel »

Après la victoire de M. Macron en 2017, ce fils d’un producteur de cinéma, qui a fréquenté les bancs de la très huppée Ecole alsacienne à Paris, s’était fait élire député dans un fief de droite des Hauts-de-Seine, en banlieue parisienne.

De quoi entrer au gouvernement par la petite porte : chargé du modeste secrétariat d’Etat à la Jeunesse, il se fait remarquer par sa « capacité de travail » et son « sens politique », autant que par une ambition assumée. « Si je m’étais interdit des choses, je ne serais probablement pas là où j’en suis aujourd’hui », admettait-il volontiers à l’époque.

En juillet 2020, le Premier ministre de l’époque Jean Castex s’interroge : « A-t-on trouvé un os à ronger supplémentaire pour le jeune Gabriel? »

Pour se faire les dents, le benjamin hérite finalement du poste de porte-parole du gouvernement.

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. (Capture d’écran Twitter)

De plateaux de télévision en conférences de presse, Gabriel Attal se révèle dans cet exercice de service après-vente, marqué par la crise du Covid, même si son aplomb le trahit parfois.

Reste qu’il s’impose comme l’un des rares membres du gouvernement à se faire un nom dans l’opinion publique.

Interdiction de l’abaya

Après sa réélection en 2022, Emmanuel Macron lui offre le Budget, où son aisance médiatique lui permet d’être l’un des rares ministres envoyés en première ligne pour défendre l’impopulaire réforme des retraites.

La nouvelle récompense ne tarde pas : le prestigieux ministère de l’Education nationale, à partir de juillet 2023.

« Choc des savoirs », « école des droits et des devoirs », prise de position en faveur de l’uniforme, interdiction de l’abaya à l’école, le jeune ministre, omniprésent, monte au front, sature l’espace médiatique et séduit les populations âgées qui constituent le cœur de l’électorat macroniste.

Une conseillère ministérielle s’étonnait il y a quelques semaines de l’emballement autour de cet « apparatchik » volontiers moqué, y compris par les siens, pour son « côté tête à claques du premier de la classe ».

Réactions au sein de la majorité

Yaël Braun-Pivet (Renaissance), présidente de l’Assemblée nationale: « J’adresse tous mes vœux de succès à Gabriel Attal, nouveau Premier ministre. Je sais que nous pourrons travailler ensemble en confiance afin de poursuivre à l’Assemblée nationale les réformes économiques et sociales engagées au service des Français ».

Sylvain Maillard, chef des députés Renaissance, à l’Assemblée nationale : « Le fait qu’il soit là ça donne un élan supplémentaire pour porter nos réformes ».

Aurore Bergé, ministre des Solidarités: « Audace et dépassement pour porter la transformation dont notre pays a besoin avec le président de la République ! »

Clemént Beaune, ministre des Transports: « Félicitations cher Gabriel Attal pour cette mission importante et exigeante de poursuivre la mise en œuvre du projet engagé en 2017 par le Président de la République Emmanuel Macron en France et en Europe ».

Réactions à gauche 

Jean-Luc Mélenchon (LFI): « Attal retrouve son poste de porte-parole. La fonction de Premier ministre disparaît. Le monarque présidentiel gouverne seul avec sa cour. Malheur aux peuples dont les princes sont des enfants ».

Manuel Bompard, coordinateur politique de LFI : « Déjà minoritaire, la macronie se replie sur elle-même. Attal, responsable du fiasco +parcoursup+, camoufleur de l’affaire Benalla et ministre de l’austérité budgétaire est promu ».

Olivier Faure, premier secrétaire du PS: « Emmanuel Macron se succède à lui-même ».

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF: « La feuille de route du nouveau Premier ministre : indexer les salaires sur l’inflation, remettre le travail au cœur du projet France ».

François Ruffin, député LFI: « Une vingtaine de 49.3, une réforme des retraites à marche forcée contre les citoyens, contre les syndicats, contre l’Assemblée: Élisabeth Borne a bien rempli sa fonction. A Gabriel Attal de poursuivre l’œuvre macroniste, toujours au profit des puissants, contre la vie des gens ».

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes: « Les Ecologistes jugeront donc sur les actes: protection du vivant, lutte contre les inégalités, respect démocratique. Il y a plein de manières très simple d’agir et vite ».

Réactions à droite

Eric Ciotti, président de LR: « La France a un besoin urgent d’action: elle a besoin d’une autre méthode. La communication permanente doit laisser place à une politique de clarté et de fermeté ».

Aurélien Pradié, député LR: « Pour notre pays, souhaitons des réussites. Il est surtout le Premier Ministre d’Emmanuel Macron. Il lui doit tout. Réussir vite est une chose. Faire ses preuves est autre chose. Le superficiel redoute toujours le temps long ».

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat: « C’est aux actes que nous jugerons Gabriel Attal. Il sera un bon Premier ministre s’il parvient à mener une bonne politique pour la France: une politique de redressement des comptes publics, de retour de l’autorité et de reconstruction de nos services publics effondrés ».

Réaction au sein de l’extrême-droite

Marine Le Pen (RN): « Que peuvent espérer les Français de ce 4e Premier ministre et de ce 5e gouvernement en sept ans ? Rien. Lassés de ce ballet puéril des ambitions et des egos, ils attendent un projet qui les remette au cœur des priorités publiques ».

Jordan Bardella, président du Rassemblement national: « En nommant Gabriel Attal à Matignon, Emmanuel Macron veut se raccrocher à sa popularité sondagière pour atténuer la douleur d’une interminable fin de règne ».

Eric Zemmour, président de Reconquête!: « Attal remplace Borne. Une macronienne est remplacée par un macronien qui va remplacer des macroniens par d’autres macroniens. Emmanuel Macron est une toupie: s’il arrête de tourner en rond, il tombe ».

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