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France : Les doyens et chercheurs de Sciences Po dénoncent des « ingérences »

L'école des élites est plongée dans la tourmente depuis les incidents survenus lors de l'occupation d'un amphithéâtre par environ 300 militants anti-Israël le 12 mars dernier

Des tags antisémites sur le fronton de Sciences Po Paris, le 12 avril 2021. (Crédit : Thomas SAMSON / AFP)
Des tags antisémites sur le fronton de Sciences Po Paris, le 12 avril 2021. (Crédit : Thomas SAMSON / AFP)

Les patrons des enseignants et chercheurs de Sciences Po Paris, établissement accusé de laisser prospérer l’antisémitisme sur fond de mobilisation pro-Gaza, ont déploré lundi la visite « inopinée » du Premier ministre Gabriel Attal le 13 mars dernier, mettant en garde contre toute ingérence et récupération politique.

« (Nous) exprimons de manière unie et solidaire notre profonde émotion », écrivent les doyens des écoles, directrices et directeurs des centres de recherche, des départements de Sciences Po ainsi que les membres élus de la faculté permanente du conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) dans un message adressé à la communauté éducative de l’établissement parisien, consulté par l’AFP.

« Aucun responsable politique ne saurait s’arroger le droit de dévaloriser les principes fondamentaux d’indépendance et de liberté académiques », soulignent-ils. « Rappelons que la liberté académique garantit le droit d’enseigner et de mener des recherches en toute indépendance, sous le contrôle et la supervision des pairs mais sans ingérence de quelque autorité extérieure que ce soit, y compris l’État. »

« Les allusions à une éventuelle ‘reprise en main’ de notre établissement lors du conseil d’administration du 13 mars, contreviennent ostensiblement à ce principe cardinal », ajoutent-ils. « Or, dans une démocratie libérale, la défense de la liberté universitaire doit être une priorité absolue. »

L’école des élites est plongée dans la tourmente depuis les incidents survenus lors de l’occupation d’un amphithéâtre par environ 300 militants anti-Israël le 12 mars dernier dans le cadre d’une « Journée de mobilisation universitaire européenne pour la Palestine ».

Selon la direction, une étudiante de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a « été empêchée d’accéder à l’amphithéâtre », et « des propos accusatoires ont été prononcés (à la tribune, NLDR) à l’encontre » de l’association. L’UEJF a dénoncé des propos antisémites. Cette version des faits est vivement contestée par le comité Palestine de Sciences Po, qui dénonce des « accusations infondées d’antisémitisme de la part de l’extrême droite ».

Dans leur courrier interne, les doyens et directeurs de centres de recherche de l’établissement parisien disent dénoncer « sans équivoque toutes les formes d’exclusion, de discrimination, d’antisémitisme, de racisme, d’islamophobie et de violence ».

Une enquête interne « a été suivie dès le lendemain de l’occupation de l’amphithéâtre Boutmy le 12 mars », soulignent-ils. « À l’heure où cet évènement fait l’objet de désinformations et de récupérations politiques, il est indispensable de laisser les instances compétentes mener à bien cette mission sans ingérence extérieure, qu’elle soit gouvernementale ou médiatique. »

Ce lundi, Laurence Bertrand Dorléac, présidente de la FNSP, instance de gouvernance de Sciences Po Paris, a assuré que l’institution serait « intraitable » si des actes antisémites étaient avérés au sein de l’école, et a fait part de « son inquiétude » face à un « raidissement du climat ».

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