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France : Macron face au casse-tête du rassemblement

Pour constituer une majorité parlementaire et appliquer ses réformes, le futur président doit nommer un Premier ministre incarnant le rassemblement du pays et des personnalités de gauche comme de droite

Emmanuel Macron, élu à la présidence de la République française, devant la pyramide du Louvre, le 7 mai 2017. (Crédit : David Ramos/Getty Images)
Emmanuel Macron, élu à la présidence de la République française, devant la pyramide du Louvre, le 7 mai 2017. (Crédit : David Ramos/Getty Images)

Le président élu Emmanuel Macron, en pleines tractations pour constituer son gouvernement, a engrangé mardi le ralliement de l’ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls, signe de l’éclatement du paysage politique français à un mois des législatives.

Le jeune président centriste et pro-européen sait qu’il doit rassembler des personnalités issues de la droite et de la gauche modérées s’il veut parvenir à constituer une majorité parlementaire et appliquer sans frein ses réformes.

« Un casse tête », résumait mardi le quotidien Le Parisien. Car malgré sa nette victoire face à l’extrême droite dimanche, avec 66 % des suffrages, Emmanuel Macron, 39 ans, se retrouve à la tête d’une France fracturée.

Sèchement éliminés au premier tour de la présidentielle, du jamais vu en France depuis soixante ans, la droite (parti Les Républicains) et le Parti socialiste attendent de pied ferme leur revanche aux législatives des 11 et 18 juin.

Les deux formations tiennent chacune conclave mardi après-midi pour définir leur stratégie face au nouveau président : ralliement sous condition, collaboration ponctuelle, opposition frontale ? Elles doivent aussi resserrer les rangs alors que plusieurs de leurs membres semblent tentés de rejoindre le camp présidentiel.

Manuel Valls, candidat à la primaire présidentielle de la gauche française, au premier tour de la primaire, le 22 janvier 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)
Manuel Valls, candidat à la primaire présidentielle de la gauche française, au premier tour de la primaire, le 22 janvier 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

Premier ministre de 2014 à 2016 lorsque Emmanuel Macron était ministre de l’Economie, le socialiste Manuel Valls a suscité une onde de choc, en annonçant son complet ralliement au nouveau président.

« Ce Parti socialiste est mort, il est derrière nous », a asséné mardi Valls, issu de la droite du PS et qui avait soutenu Emmanuel Macron face au candidat investi par son parti.

« Je serai candidat de la majorité présidentielle », a ajouté l’ancien Premier ministre, tout en assurant qu’il restait un « socialiste » et « un homme de gauche » .

Embarras

Aux extrêmes, le Front national de Marine Le Pen, qui a recueilli 33 % des voix dimanche, la France insoumise du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (19,5 % des suffrages au premier tour) espèrent eux aussi concrétiser leur poussée dans les urnes.

Face à ces multiples adversaires, le mouvement centriste qui a porté Emmanuel Macron à l’Elysée s’est mis en ordre de bataille.

Rebaptisé « La République en marche », ce jeune mouvement créé l’an dernier et sans ancrage local annoncera jeudi les noms de ses 577 candidats aux législatives.

Les derniers arbitrages s’annoncent délicats entre promesse de renouvellement – 50 % des candidats doivent venir de la société civile – et souci d’efficacité.

Emmanuel Macron, élu à la présidence de la République française, au centre, et son épouse Brigitte, devant la pyramide du Louvre, le 7 mai 2017. (Crédit : Thomas Samson/Pool/AFP)
Emmanuel Macron, élu à la présidence de la République française, au centre, et son épouse Brigitte, devant la pyramide du Louvre, le 7 mai 2017. (Crédit : Thomas Samson/Pool/AFP)

Signe de cette difficulté, le ralliement de Manuel Valls a été accueilli avec un certain embarras.

« D’abord, il faut qu’il fasse acte de candidature », a répondu Christophe Castaner, un porte-parole d’Emmanuel Macron, en soulignant qu’il revenait aux instances du mouvement de choisir les candidats.

Autre priorité du nouveau président : le choix d’un Premier ministre capable d’incarner le rassemblement du pays. Emmanuel Macron annoncera sa décision après la passation de pouvoirs avec son prédécesseur François Hollande, qui se tiendra dimanche matin au palais de l’Elysée.

Félicité par de très nombreux dirigeants européens et dans le monde depuis dimanche, le nouveau chef de l’Etat français a néanmoins déjà reçu un avertissement de la Commission européenne. Celle-ci réclame le respect des engagements de la France en matière de réduction du déficit budgétaire.

« La France a un effort très minime à faire » pour maintenir son déficit sous la barre de 3 % du produit intérieur brut en 2018, a estimé le commissaire européen Pierre Moscovici, de passage à Paris, qui s’attend à ce que Macron « tienne ses engagements de campagne » pour respecter les critères européens.

Jean-Claude Juncker (Crédit : CC BY 2.0/Wikimedia commons)
Jean-Claude Juncker (Crédit : CC BY 2.0/Wikimedia commons)

Plus direct, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait appelé dès lundi Emmanuel Macron à réduire la dépense publique en France une fois au pouvoir, jugeant que son niveau actuel n’était pas tenable à terme.

« Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit », avait déclaré Juncker à Berlin.

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