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Gabbay: si vous niez les causes du meurtre de Rabin, ne venez pas à la cérémonie

Lors d'une réunion de son parti, le dirigeant de l'Union sioniste a dénoncé les dirigeants de droite "qui maintiennent leur base par de vilains moyens d'incitation"

Le 27 février 2018, le président de l'Union sioniste, Avi Gabbay, prend la parole lors d'une conférence de presse avec d'anciens responsables de la sécurité à Tel Aviv. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)
Le 27 février 2018, le président de l'Union sioniste, Avi Gabbay, prend la parole lors d'une conférence de presse avec d'anciens responsables de la sécurité à Tel Aviv. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Le président de l’Union sioniste et du Parti travailliste, Avi Gabbay, a fustigé lundi « ceux qui refusent de pleurer » haut et fort l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin et qui ne reconnaissent pas les causes de l’événement.

Ses propos ont été prononcés après que la petite-fille de Rabin, Noa Rothman, lors d’une cérémonie commémorative nationale tenue dimanche, a déclaré que les dirigeants israéliens dressaient les camps politiques du pays les uns contre les autres, et incitaient les Israéliens à détester la gauche. Elle a également affirmé à tort qu’un responsable de l’actuel cabinet du Premier ministre avait qualifié son grand-père de « traître ».

Son discours a été qualifié de « politique » par divers politiciens de droite.

« Ce meurtre était politique, ce n’est pas un braquage qui a mal tourné. Nous continuerons à le dire sans hésitation et sans nous excuser », a déclaré M. Gabbay lors de la réunion de son parti à la Knesset. « Celui qui a du mal à assumer quand on lui dit cela, qu’il ne vienne pas. Ne venez pas aux cérémonies. Nous n’avons pas besoin de comédiens ».

Bien que Gabbay ait reconnu que « la grande majorité des électeurs de droite aient été horrifiés par le meurtre et l’aient déploré… le problème était et demeure celui de certains leaders [de la droite] politiques et religieux ». Des dirigeants qui maintiennent leur base par de vilains moyens d’incitation, en disant que si vous ne faites pas l’éloge du Premier ministre, vous êtes un traître. »

Ses déclarations ont été prononcées un jour après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est opposé publiquement à Rothman au sujet de son discours, et à la suite des déclarations faites lundi par la ministre de la Culture Miri Regev selon lesquelles « il n’y a eu aucune incitation de la part de la droite avant le meurtre ».

Netanyahu a profité de son discours à la cérémonie commémorative de Rabin à la Knesset dimanche pour répondre aux attaques de Rothman.

« C’est malheureusement un exemple de la façon dont, parfois, au cours d’un discours sur la lutte contre l’incitation et sur la modération, des affirmations sans fondement sont faites, non seulement contre moi mais contre toute une communauté, qui ne se fondent en réalité sur rien, » a affirmé Netanyahu, rejetant des accusations formulées de longues dates, à savoir sa contribution au climat politique incendiaire qui a entraîné le meurtre en 1995.

Regev a déclaré lundi à la radio de l’armée que même si la famille Rabin était « libre de dire ce qu’elle voulait…je crois qu’il n’y a eu aucune incitation de la part de la droite. Je pense qu’aujourd’hui, nous assistons à une campagne de la gauche contre nous. Bien sûr, il y a eu un événement tragique, mais je suis sûre que tout le monde l’a condamné, y compris la droite. »

Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, assiste à une réunion du comité de la culture, des sports et de l’éducation à la Knesset, le 2 juillet 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Gabbay a également critiqué le gouvernement après la décision prise dimanche par la Jordanie d’annuler certaines clauses de son traité de paix avec Israël, affirmant que la décision d’Amman était un exemple de « réalité en contradiction avec les récits » de ses succès.

Parallèlement, le président du parti Yesh Atid, Yaïr Lapid a également attaqué le Premier ministre durant une réunion de son parti au sujet de propos qu’il a tenus la semaine dernière face à une intervenante, qu’il avait décrite comme « « ennuyeuse« .

« L’Etat d’Israël a de sérieux problèmes et un Premier ministre qui n’a plus la patience de les gérer », a déclaré Lapid.

Alors qu’il parlait de la durée de vie dans la périphérie qui est inférieure de trois ans à celle des habitants du centre du pays, Lapid a déclaré que Netanyahu préfère attaquer les citoyens qui ont de vraies doléances plutôt que de les traiter.

Le président de Yesh Atid, Yaïr Lapid, dirige sa réunion hebdomadaire de faction à la Knesset, le 4 juin 2018. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Il est temps que le gouvernement se mette au travail et gère les vrais problèmes des citoyens de l’Etat d’Israël », a-t-il dit.

Parallèlement, le Likud a annulé sa réunion hebdomadaire, réunion durant laquelle Netanyahu devait prendre la parole.

Le parti n’a pas justifié cette annulation, mais a indiqué que le président de la coalition David Amsalem, n’était pas en mesure de s’y rendre.

En juin dernier, lors de la dernière annulation d’une réunion du Likud, il s’est avéré que Netanyahu rencontrait secrètement le roi Abdallah II de Jordanie à Amman.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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