Gal Gadot défend la présentatrice télé en conflit avec Netanyahu
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Gal Gadot défend la présentatrice télé en conflit avec Netanyahu

L'actrice de Wonder Woman déclare que la tolérance, le dialogue et un meilleur avenir pour les enfants comptent plus que toute posture politique

L'actrice israélienne Gal Gadot incarne Wonder Woman au cinéma. (Crédit : Zack Snyder/Warner Bros)
L'actrice israélienne Gal Gadot incarne Wonder Woman au cinéma. (Crédit : Zack Snyder/Warner Bros)

Dimanche, l’actrice israélienne Gal Gadot a pris la défense de la présentatrice télé locale populaire, Rotem Sela, qui s’était attiré les critiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu après avoir attaque sa posture de campagne à l’égard de la minorité arabe d’Israël.

« Aime ton prochain comme toi-même », a écrit la comédienne israélienne Gal Gadot sur son compte Instagram auquel environ 28,2 millions de personnes sont abonnées dimanche soir, en soutien à sa compatriote, l’actrice et mannequin Rotem Sela.

« Ce n’est pas une question de gauche ou de droite, de Juif ou d’Arabe, de laïc ou religieux, il s’agit de dialoguer pour la paix et l’égalité, et notre tolérance l’un envers l’autre. »

« Aime ton voisin comme toi-même, » a ajouté Gal Gadot, rendue célèbre par son rôle de Wonder Woman dans le film éponyme et son combat pour les droits des femmes. « Il est de notre responsabilité de créer l’espoir et la lumière pour garantir un meilleur avenir à nos enfants. »

“Rotem, ma sœur, tu nous inspires tous, » a-t-elle conclu.

Ses remarques survenaient en pleine querelle sur le rôle que joueront les partis arabo-israéliens à la prochaine Knesset après les élections du 9 avril. Outre Gal Gadot, Rotem Sela et le Premier ministre, deux autres ministres du gouvernement se sont également exprimé sur le sujet.

Dimanche, celui qui dirige également le Likud a eu de vives échanges sur les réseaux sociaux avec Rotem Sela, qui avait critiqué sa rhétorique anti-arabe après que la ministre de la Culture Miri Regev a répété samedi, dans un entretien télévisé, que Gantz allait former un gouvernement avec des partis arabes.

« Quel est le problème avec les Arabes ??? », avait alors déclaré Rotem Sela sur Instagram. « Bon sang, il y a aussi des citoyens arabes dans ce pays. Quand donc quelqu’un dans ce gouvernement passera le message au public qu’Israël est l’état de tous ses citoyens et que tous les gens ont été créés égaux, et que même les Arabes, les Druzes, les LGBT et – grand choc – les gauchistes sont des humains », a-t-elle déclaré.

Netanyahu avait répliqué sur son compte : « Chère Rotem, une correction importante : Israël n’est pas un état de tous ses citoyens. Selon la loi sur l’Etat-nation que nous avons adoptée, Israël est l’État-nation du peuple juif – et personne d’autre ».

Le membre arabe de la Knesset, Ahmed Tibi (à gauche) s’entretenant avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une session de la Knesset d’une commission d’enquête parlementaire sur la violence dans la communauté arabe, le 13 février, 2012 (Crédit : Kobi Gideon / Flash90)

« Comme vous l’avez écrit, il n’y a pas de problème avec les citoyens arabes d’Israël. Ils ont des droits égaux et le gouvernement du Likud a investi plus que n’importe quel gouvernement dans la population arabe », a-t-il ajouté, avant d’affirmer immédiatement, une fois encore, qu’un gouvernement dirigé par Gantz avec des partis arabes « nuirait à la sécurité de l’État ».

Rotem Sela a déclaré avoir reçu une avalanche de commentaires enragés critiquant ses remarques et a fait savoir dans une autre publication que les réponses « dégoûtantes ne m’empêcheront jamais d’exprimer mon opinion ».

La ministre de la Culture avait aussi répondu à la présentatrice, déclarant : « Nous n’avons aucun problème avec les Arabes. Nous avons un problème avec l’hypocrisie et avec [Yair] Lapid et Gantz qui essaient de toutes leurs forces de cacher le fait qu’ils sont des gauchistes déguisés en centristes ».

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett, qui dirige le parti HaYamin HaHadash, a critiqué les priorités de Netanyahu, à qui il reproche d’avoir préféré répondre à une présentatrice télé alors que des violences à la frontière avec la bande de Gaza éclataient.

« Nous sommes dans une période où les roquettes tombent dans des communautés dans le sud, et je ne comprends pas cette logique d’attaquer une présentatrice de la télévision plutôt que de s’occuper de la vraie menace — le Hamas, qui tire sur nos enfants, » a fait savoir Bennett, qui tente de se placer pour être nommé ministre de la Défense après les élections, et dont le parti dispute au Likud de Benjamin Netanyahu de nombreux électeurs.

Les présentateurs Rotem Sela et Assi Azar lors de la finale de l’émission de télé-crochet « La nouvelle star de l’Eurovision, » à Neve Ilan, le 12 février 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Des élus arabes sont venus à la défense de l’actrice et ont salué son « courage ».

« Rotem Sela, nous ne nous connaissons pas, mais bravo », a déclaré Ayman Odeh, le président du parti Hadash-Taal.

« Le fait même qu’une personnalité médiatique importante comme Rotem Sela ait besoin de courage pour dire que les Arabes sont aussi des humains est une preuve des temps sombres que nous vivons », a déclaré le numéro 2 du parti Ahmad Tibi, qui a été la cible fréquente des attaques de Netanyahu.

Dimanche également, la Ligue anti-diffamation a fustigé cette rhétorique politique de « stigmatisation » des Arabes israéliens.

« Le rôle des partis arabes dans la Knesset apparaît de plus en plus comme un argument clef de l’actuelle campagne électorale, alors que plusieurs dirigeants de partis et responsables politiques promettent de ne pas les inclure dans toute coalition future, tout en accusant leurs adversaires politiques de vouloir le faire », a déclaré Carole Nuriel, directrice du bureau israélien de l’ADL, dans un communiqué qui ne mentionnait pas directement Netanyahu.

L’AFP a contribué à cet article.

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