Galant : Israël pourrait être perdant alors qu’alliés et adversaires s’unissent contre l’EI
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Galant : Israël pourrait être perdant alors qu’alliés et adversaires s’unissent contre l’EI

Une fois l’EI supprimé, nous aurons à affronter presque seul l’Iran et le Hezbollah, dit l’ancien général Yoav Galant ; l’image globale d’Israël est à son plus bas niveau, selon Lapid ; nous perdons Jérusalem, selon Saar

Yoav Galant, ancien général, député Koulanou et ministre du Logement, le 20 janvier 2015. (Crédit : Danielle Shitrit/Flash90)
Yoav Galant, ancien général, député Koulanou et ministre du Logement, le 20 janvier 2015. (Crédit : Danielle Shitrit/Flash90)

Les liens qui se développent entre les alliés et les ennemis d’Israël unissant leurs forces pour combattre l’Etat islamique (EI) sont une menace pour Israël, a averti mardi Yoav Galant, ministre du Logement, ancien haut commandant de l’armée israélienne devenu député Koulanou.

« Ils se battent côte à côte contre un ennemi commun, Daesh [acronyme arabe de l’EI], construisent des liens, et apprennent d’une expérience commune, et cela crée de nouveaux défis pour Israël », a déclaré Galant pendant la conférence internationale annuelle de l’institut pour les études de sécurité nationale à Tel Aviv.

« Dans le cadre de ces actions communes, les portes sont ouvertes pour l’Iran, et la signification de ceci est d’une portée considérable. »

Quand la menace de l’EI aura été éliminée, Israël affrontera l’Iran et son bras armé basé au Liban, le Hezbollah, quasiment seul, a-t-il déclaré. « Nous devons isoler l’Iran et le Hezbollah, et empêcher une situation dans laquelle ils nous isolent. »

Parallèlement, le dirigeant du parti Yesh Atid, Yair Lapid, a déclaré à la conférence que la perception d’Israël dans le monde n’avait jamais été aussi mauvaise, et cette détérioration menace la sécurité nationale du pays.

Yaïr Lapid, le 27 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Yaïr Lapid, le 27 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

« Il y a un effort constant pour affirmer que la situation n’est pas si mauvaise, a déclaré Lapid. Cette affirmation n’est pas basée sur des faits, mais sur l’incapacité du public à distinguer des raffinements diplomatiques et des poignées de mains avec des sourires devant les caméras d’une réelle coopération politique. »

Lapid, qui était ministre des Finances dans le gouvernement précédent, a déclaré qu’avec une « gestion adéquate » de la politique étrangère, basée sur un plan de travail organisé, il serait possible de restaurer le statut particulier d’Israël aux yeux des Etats-Unis, de l’Europe, et de certains Etats musulmans, et de renforcer significativement la sécurité nationale d’Israël.

« Il y a d’excellentes personnes aux Affaires étrangères – ils devraient être impliqués », a-t-il ajouté.

Gideon Saar (Crédit photo: Miriam Alster/Flash90)
Gideon Saar (Crédit photo: Miriam Alster/Flash90)

L’ancien ministre du Likud Gideon Saar, vu comme un futur rival potentiel pour le dirigeant du parti (Is’est retiré de la course des primaires au Likud), Benjamin Netanyahu, a déclaré aux participants de la conférence que « de nos propres mains, nous perdons Jérusalem, sans que l’on ne tire un seul coup de feu pour préserver sa majorité juive ». Il a appelé à une action immédiate.

Mardi également, le chef de l’opposition, Isaac Herzog (Union sioniste) a accusé Netanyahu d’avoir intensifié sa politique de peur ces dernières années, l’accusant d’être alarmiste et de courir derrière un appât pour ses propres intérêts politiques.

Il a déclaré aux volontaires du service communautaire et aux conseillers, au centre Begin à Jérusalem, que les Israéliens ressentaient un désespoir et qu’il y avait un manque d’optimisme sur les chances de sortir de l’impasse du conflit israélo-palestinien.

« Netanyahu comprend qu’il doit descendre au plus bas possible – et c’est le racisme, a déclaré Herzog. La tension est si profonde, et c’est pourquoi ce qu’il dit a influencé certains groupes de la société israélienne. »

« Plus nous intégrerons la population arabe dans la société, [plus] nous pourrons intégrer [nos] intérêts, a-t-il déclaré. Dans les hôpitaux et les maisons de retraites, les arabes s’occupent des juifs. Netanyahu les a humiliés et les a exclus et cela cause une frustration profonde qui peut être reportée à des endroits où nous ne voulons pas aller. »

Plus tôt mardi, le ministre de l’Education Naftali Bennett (HaBayit HaYehudi) a prévenu qu’un « point mort » dans la pensée créative sur la sécurité menaçait Israël bien plus qu’une impasse diplomatique avec les Palestiniens.

Stuart Winer a contribué à cet article.

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