Israël en guerre - Jour 283

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Gallant : Israël ne fera pas partie du groupe de travail de Macron contre le Hezbollah

Le ministre a déploré qu'alors qu'Israël défend son peuple, "la France a pris des décisions hostiles à Israël" ; des maisons endommagées par les attaques du groupe terroriste libanais

Le ministre de la Défense Yoav Gallant rencontrant les troupes israélienne, à la frontière nord, le 17 mai 2023. (Crédit 
 Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Yoav Gallant rencontrant les troupes israélienne, à la frontière nord, le 17 mai 2023. (Crédit Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a exclu vendredi la participation d’Israël à l’initiative promue par le président français Emmanuel Macron selon laquelle la France, les États-Unis et Israël formeraient un groupe de contact pour lutter contre la montée des tensions avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah à la frontière nord.

« Alors que nous menions une guerre juste et défendions notre peuple, la France a pris des décisions hostiles à Israël », a déclaré Gallant par voie de communiqué. « Ce faisant, la France ignore les atrocités commises par le Hamas contre les enfants, les femmes et les hommes israéliens. »

« Israël ne prendra pas part au cadre trilatéral proposé par la France », a-t-il conclu.

Jeudi, le président français avait annoncé que la France, les Etats-Unis et Israël allaient travailler en format « trilatéral » sur une feuille de route française présentée au début de l’année pour contenir les tensions à la frontière israélo-libanaise, où les affrontements sont quasi quotidiens entre l’armée israélienne et le Hezbollah depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, déclenchée par l’attaque sanglante du groupe terroriste islamiste palestinien contre Israël le 7 octobre.

Le ministre de la Défense n’a pas précisé les raisons de cette prise de position, mais sa déclaration est intervenue après que les autorités françaises ont interdit le mois dernier aux entreprises de défense israéliennes d’exposer à l’un des plus grands salons de défense au monde, dans le contexte des appels de plus en plus nombreux à limiter les ventes d’armes à Tsahal et à se désinvestir des entreprises de défense israéliennes en raison de la guerre contre le Hamas à Gaza.

Cette décision a été prise quelques jours après qu’une frappe israélienne visant deux terroristes du Hamas à Rafah, la ville la plus méridionale de Gaza, a déclenché un large incendie dans un complexe abritant des Palestiniens déplacés, tuant des dizaines de civils et déclenchant l’indignation internationale et des protestations en France.

Le président français Emmanuel Macron s’adressant à la presse lors du sommet du G7, à Fasano, dans le sud de l’Italie, le 13 juin 2024. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

Interrogé par l’AFP sur la question de savoir si les propos de M. Gallant reflétaient la position du cabinet israélien, un porte-parole gouvernemental a répondu que celui-ci s’était exprimé en sa qualité de ministre de la Défense.

« Au-delà des divergences d’opinions qui existent entre Israël et la France », les « attaques » de M. Gallant contre Paris « sont incorrectes et déplacées », ont indiqué de leur côté de hauts responsables du ministère des Affaires étrangères israéliens.

Ils rappellent que « la France a participé activement à la défense du ciel de l’Etat d’Israël » dans la nuit du 13 au 14 avril pour aider à contrer une attaque inédite de la République islamique d’Iran contre Israël.

« Depuis le début de la guerre, la France s’est distinguée par une politique claire de condamnation et de sanctions contre le Hamas et une ligne agressive dans tout ce qui concerne les sanctions de l’UE contre l’Iran et son projet de missiles et de drones, et a été un partenaire dans la décision du Conseil des gouverneurs de l’AIEA de faire avancer un processus de sanctions contre le programme nucléaire iranien. »

De plus « les autorités françaises luttent activement contre le fléau de l’antisémitisme », et protègent les Juifs en France, qui, comme d’autres pays occidentaux, a connu une montée de l’antisémitisme depuis le 7 octobre.

« Le ministère des Affaires étrangères continuera à se battre pour protéger les intérêts d’Israël à la frontière nord avec tous les acteurs concernés », ont conclu les diplomates avec insistance.

Des mains rouges tagguées, sur le Mur des Justes, à Paris, enFrance, le 14 mai 2024. (Crédit : Antonin Utz/AFP)

Face à ces avis contradictoires des ministères de la Défense et des Affaires étrangères sur la position de la France, un responsable français a déclaré que « nous avons été surpris de lire des déclarations divergentes de la part des autorités israéliennes sur les efforts de désescalade de la France dans le nord ».

« Nous restons prêts à travailler avec tous les acteurs concernés, y compris Israël et les États-Unis, à cette fin », a déclaré le responsable.

Le responsable a ajouté que son pays « partageait la douleur et le chagrin d’Israël depuis les attaques terroristes barbares du 7 octobre ». 46 Français ont été tués dans ces attentats, dont deux otages. Deux autres citoyens français sont toujours détenus à Gaza. « La France appelle une nouvelle fois le Hamas à libérer tous les otages restants et réaffirme son engagement fort en faveur de la sécurité d’Israël », a déclaré le responsable.

Alors que les appels se multiplient pour limiter les ventes d’armes à Tsahal et se désengager des entreprises de défense israéliennes sur fond de guerre à Gaza, le 31 mai, la France avait annulé la participation des industriels israéliens de l’armement au salon de défense Eurosator, l’un des plus grands salons de défense au monde,  prévu près de Paris du 17 au 21 juin, sur fond d’indignation internationale sur la conduite des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza.

Gallant a répliqué aux diplomates, son bureau les fustigeant pour s’être « cachés » derrière l’anonymat.

« Israël n’accordera pas à la France un statut dans les délibérations sur ses besoins en matière de sécurité au Liban. Cette position est partagée par les États-Unis et Israël », indique le communiqué du bureau de Gallant.

Par ailleurs, le site d’information Axios a cité deux responsables israéliens non identifiés qui ont déclaré qu’Amos Hochstein, conseiller principal du président américain Joe Biden, arriverait en Israël lundi pour tenter d’empêcher que la récente escalade entre Israël et le Hezbollah ne se transforme en une guerre totale.

Le Hezbollah poursuit ses attaques contre les communautés frontalières

Alors que la communauté internationale s’efforce d’empêcher l’escalade des combats, le groupe terroriste chiite libanais a continué vendredi à bombarder des localités du nord d’Israël à l’aide de roquettes, de missiles antichars et de drones chargés d’explosifs, causant des dégâts mais ne faisant pas de victimes.

Lors d’un barrage matinal visant Kiryat Shmona et la communauté voisine de Kfar Szold, l’armée israélienne a déclaré que le Hezbollah avait tiré 35 roquettes, dont plusieurs ont été interceptées. D’autres projectiles ont touché la zone, causant des dégâts à Kiryat Shmona et déclenchant un incendie près de Kfar Szold.

En réponse, des avions de chasse ont frappé plusieurs sites appartenant au groupe terroriste à Odaisseh et Kfar Kila, a indiqué l’armée. Tsahal a également bombardé les sites de lancement avec de l’artillerie.

Le Hezbollah a revendiqué les tirs de Katyusha et de Falaq à Kiryat Shmona et Kfar Szold, affirmant que l’attaque était une réponse à une frappe meurtrière de l’armée à Jannata, dans le sud du Liban, la nuit précédente, au cours de laquelle au moins deux civils auraient été tués.

Lors d’une autre attaque vendredi matin, le Hezbollah a tiré des missiles antichars sur la ville frontalière de Metoula, provoquant l’incendie de deux maisons et d’un vieux bus utilisé comme unité résidentielle.

Aucune victime n’a été signalée.

Tsahal a également déclaré vendredi que le Hezbollah avait lancé 16 drones chargés d’explosifs depuis le Liban en direction d’Israël au cours des 72 dernières heures.

Selon l’armée, 11 de ces drones ont été abattus par les défenses aériennes.

Les frappes de vendredi ont mis fin à une semaine de combats intensifs entre Israël et le Hezbollah, qui attaque quotidiennement les communautés israéliennes et les postes militaires le long de la frontière avec des roquettes, des drones, des missiles antichars et d’autres moyens depuis le 8 octobre. Le groupe terroriste chiite libanais affirmant qu’il le fait pour soutenir Gaza dans le cadre de la guerre contre le Hamas qui s’y déroule.

Quelques jours après que le Hezbollah a lancé dimanche des missiles antiaériens sur des avions de combat israéliens pour la première fois depuis le début des affrontements, une frappe aérienne israélienne présumée a tué mardi Taleb Sami Abdullah, le plus haut commandant du Hezbollah tué jusqu’à présent dans les combats. En réponse, le groupe terroriste chiite libanais a lancé quelque 215 roquettes sur Israël, son plus grand barrage à ce jour, et a promis d’intensifier ses attaques le long de la frontière pour venger la mort d’Abdullah.

Jusqu’à présent, les affrontements à la frontière ont causé la mort de dix civils du côté israélien, ainsi que celle de quinze soldats et réservistes de Tsahal. Plusieurs attaques ont également été lancées depuis la Syrie, sans faire de blessés.

Le Hezbollah a signalé que 342 de ses terroristes ont été tués par Israël depuis le 8 octobre, principalement au Liban, mais aussi en Syrie. Au Liban, 71 membres d’autres groupes terroristes, un soldat libanais et au moins 60 civils, dont trois journalistes, ont été tués.

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