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Gallant place 4 Israéliens en détention administrative suite au saccage en Cisjordanie

Les suspects étaient connus de la police et de la sécurité et seraient responsables des incendies de maisons et de voitures palestiniennes ; l'extrême droite dénonce cette décision

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant sur les lieux au lendemain d'un attentat terroriste à proximité d'Eli, une implantation de Cisjordanie, le 21 juin 2023. (Crédit : Ariel Hermoni/Defense Ministry)
Le ministre de la Défense Yoav Gallant sur les lieux au lendemain d'un attentat terroriste à proximité d'Eli, une implantation de Cisjordanie, le 21 juin 2023. (Crédit : Ariel Hermoni/Defense Ministry)

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a signé mercredi des ordres de détention administrative pour incarcérer sans charges quatre extrémistes juifs impliqués dans de récentes attaques contre des Palestiniens, conformément aux recommandations de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet.

Les quatre hommes sont actuellement en prison, a confirmé le ministère de la Défense. La détention administrative est une mesure qui permet de les maintenir en prison sans inculpation pour des périodes allant jusqu’à six mois, renouvelables presque indéfiniment.

Cette mesure, rarement utilisée pour les Israéliens juifs, fait suite aux pressions accrues exercées sur Israël pour qu’il mette fin à la récente série d’attaques contre des villages palestiniens par des groupes d’autodéfense formés par des habitants des implantations. Ces attaques font suite à une fusillade terroriste palestinienne qui a fait quatre morts israéliens la semaine dernière.

Un haut responsable de la Défense a indiqué que « les quatre détenus sont impliqués depuis plusieurs années dans des incidents violents, à la fois à la vue de tous et secrets ».

« Ils ont déjà été placés en détention par le passé et ont reçu des ordonnances restrictives, mais ils ont malgré cela poursuivi leurs actions », a ajouté le responsable, affirmant que les quatre personnes étaient à l’origine de l’incendie de plusieurs maisons et véhicules palestiniens la semaine dernière.

La détention administrative peut être utilisée lorsque l’armée ou le Shin Bet peuvent apporter la preuve que les suspects représentent un danger immédiat. Les détenus n’ont toutefois pas accès aux preuves, souvent classées, qui pèsent contre eux. Bien que rarement utilisée à l’encontre de suspects juifs, près de 1 000 Palestiniens sont actuellement détenus sur cette base.

Une délégation examine une maison incendiée lors d’une visite de la ville cisjordanienne de Turmus Ayya, quelques jours après son saccage par de violents résidents d’implantations, le vendredi 23 juin 2023. (AP Photo/Majdi Mohammed)

Cette pratique controversée est l’un des rares outils dont dispose le ministre de la Défense pour lutter contre l’extrémisme juif en Cisjordanie. Israël ayant étendu la plupart de ses lois aux Israéliens se trouvant sur le territoire palestinien, les affaires criminelles relèvent en grande partie de la compétence de la police et du système judiciaire civil.

Les Palestiniens, en revanche, sont eux, assujettis à la loi martiale.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, a dénoncé les détentions administratives comme étant une mesure disproportionnée, et a déclaré qu’alors que la police et le Shin Bet n’avaient pris aucune mesure pour sévir contre la criminalité dans la communauté arabe, « les garçons soupçonnés d’avoir mis le feu à une propriété – un crime qui mérite d’être condamné et traité rigoureusement par la police – sont aussitôt arrêtés par le Shin Bet et placés en détention administrative ».

Le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, sur les lieux d’une fusillade meurtrière près de l’implantation d’Eli, en Cisjordanie, le 20 juin 2023. (Crédit : Flash90)

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui dirige le parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit et qui est également ministre indépendant au sein du ministère de la Défense, a déclaré que « le recours à la détention administrative pour les résidents d’implantations est démocratiquement et moralement répréhensible. »

Smotrich a laissé entendre que Gallant avait signé les ordres pour se venger, et a tweeté : « Lorsque l’objectif n’est pas de prévenir les risques futurs mais de régler des comptes avec les détenus en raison d’actes passés qui leur sont attribués, c’est aussi complètement illégal. »

Il a insisté sur le fait que « les contrevenants doivent être traités par le droit pénal » et a semblé s’en prendre à la police, déclarant que « si seulement les systèmes étaient plus professionnels et moins paresseux, ils seraient plus que suffisants ».

Gallant a tenu plusieurs réunions à huis clos avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, Ben Gvir, et le chef d’état-major militaire depuis qu’ont repris la semaine dernière, les émeutes, le vandalisme et la violence des Israéliens juifs contre les Palestiniens de Cisjordanie, à la suite de la fusillade perpétrée par un Palestinien à l’extérieur de l’implantation d’Eli.

Lors de ces réunions, Gallant aurait exprimé son intention de prendre des mesures contre les violences commises par les habitants des implantations.

Ben Gvir, un défenseur des implantations d’extrême droite qui dirigeait un réseau d’activistes extrémistes avant de se lancer dans la politique, aurait empêché la coalition de condamner les actions des habitants des implantations après une réunion tenue mardi avec MM. Netanyahu et Gallant. Au lieu de cela, il a appelé à une répression plus sévère à l’égard des Palestiniens.

Ben Gvir aurait également accusé les autres participants d’exagérer le problème, qualifiant les résidents d’implantations de « mômes adorables » qui deviennent des adultes lorsqu’ils sont placés en détention administrative.

« J’ai reçu mon ordre de détention à 18 ans. Vous transformez des enfants morveux en héros », aurait-il déclaré selon la chaîne publique Kan.

Des soldats israéliens et des partisans du mouvement pro-implantation à l’entrée de Turmus Aya, en Cisjordanie, le 21 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

À la suite de l’attentat terroriste du 20 juin, des centaines d’habitants des implantations se sont déchaînés dans les villes et villages palestiniens pendant cinq jours, incendiant des maisons et des voitures, et ouvrant même le feu dans certains cas. Un Palestinien a été tué mercredi dans des circonstances indéterminées.

Au cours des récents actes de violence dans le village de Turmus Ayya, qui ont coûté la vie à un Palestinien et blessé 12 autres personnes, des habitants des implantations ont déclenché des incendies criminels, commis des actes de vandalisme et tiré à balles réelles.

Au début de l’année, le village palestinien de Huwara a été le théâtre d’un déchaînement de violence, également à la suite d’un attentat terroriste palestinien meurtrier.

Ces violences ont été condamnées par la communauté internationale et ont relancé un débat national sur l’extrémisme juif et le rôle de la police et des services de sécurité dans la lutte contre cet extrémisme.

Le général de réserve Eitan Dangot, qui a pris sa retraite en 2014 après avoir occupé le poste de coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), a qualifié la poursuite des violences d’échec politique entraînant des conséquences sur le plan de la sécurité.

« C’est une période d’urgence », a déclaré le général Dangot à la radio de l’armée lundi.

Honenu, une organisation qui défend les militants d’extrême droite, a allégué qu’aucun ordre de détention n’avait été reçu par les habitants, les détenus du Shin Bet ou leurs avocats, et a accusé Gallant de « jouer à des jeux médiatiques aux dépens des habitants des implantations » au lieu de « s’occuper de la sécurité des citoyens d’Israël. »

« La conduite du ministre ajoute l’insulte à l’injure. Le sang n’a pas encore séché des terribles attaques terroristes dont la communauté des implantations a été victime il y a seulement quelques jours, et au lieu d’assurer la sécurité, le ministre a choisi de porter atteinte de manière critique aux droits de l’homme. C’est une honte », poursuit la déclaration.

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