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Gantz à Netanyahu : « Vous devez limoger Ben Gvir »

"Aucun prix, au niveau politique, ne vaudra le prix du sang que nous devons payer en tant que société," a expliqué le chef du parti HaMahane HaMamlahti

Benny Gantz, député et chef du parti HaMahane HaMamlahti, en visite à Tira, le 23 août 2023. (Crédit : Elad Malka)
Benny Gantz, député et chef du parti HaMahane HaMamlahti, en visite à Tira, le 23 août 2023. (Crédit : Elad Malka)

Le député Benny Gantz et leader du parti HaMahane HaMamlahti a vivement recommandé mercredi à Benjamin Netanyahu de renvoyer Itamar Ben Gvir et de nommer un autre ministre à son poste.

« J’en appelle au Premier ministre – cela ne dépend que de vous. Aucun prix, au niveau politique, ne vaudra le prix du sang que nous devons payer en tant que société. Vous devez limoger Ben Gvir et nommer un ministre qui a la volonté et qui a les capacités de s’attaquer à cette crise », a déclaré Gantz lors d’un rassemblement organisé à Tira aux côtés de Mansour Abbas, le chef du parti islamiste Raam.

« Le ministre qui est censé s’occuper de la sécurité des personnes est incapable de gérer quoi que ce soit et il ne désire pas venir en aide à la communauté arabe« , a-t-il ajouté. « C’est une réalité où les citoyens israéliens ignorent s’ils se réveilleront encore en vie, le lendemain matin ».

« Le droit le plus fondamental, le droit de vote, le droit d’être élu, est menacé », a-t-il continué, faisait référence aux personnalités politiques prises pour cible avant le scrutin municipal. « Sans garantir une vie en sécurité, sans garantir le droit fondamental de pouvoir voter, le droit d’être élu, alors la démocratie perd son droit à exister ».

Le chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, s’exprime dans une déclaration vidéo publiée par l’armée le 25 juillet 2025. (Capture d’écran)

Gantz a aussi critiqué le gouvernement pour les attaques lancées par certains ministres et certains députés de la coalition à l’encontre de hauts-responsables militaires, comme le chef d’état-major Herzi Halevi, à un moment où l’État juif doit aussi affronter une série d’attentats terroristes meurtriers.

« Quand des ministres du cabinet transforment des discussions en conférence de presse, et que des membres de la coalition attaquent les commandants militaires, nous transmettons de la faiblesse, nous ne transmettons plus de la résilience ou de la force. Nous donnons à nos ennemis de la motivation et nous sapons la dissuasion », a-t-il expliqué, faisant référence à des fuites émanant d’une rencontre du cabinet, la veille, qui ont révélé des disputes entre les ministres.

Peu après la réunion, des propos partiels avaient fuité auprès des médias, impliquant Ben Gvir et le ministre de la Défense Yoav Gallant. Ce dernier avait été blâmé, vingt-quatre heures auparavant, par Ben Gvir et d’autres ministres ultra-nationalistes qui avaient déclaré qu’il était responsable de la vague de terrorisme actuelle.

Une source non identifiée – le site Ynet a indiqué qu’il s’agissait d’un ministre issu du Likud – a, lui aussi, critiqué Ben Gvir dans la journée de mercredi, confiant au site d’information que le ministre « est obsédé par les médias, c’est tout ce qui le préoccupe. Tout le bruit qu’il fait ne nous aide pas ».

« Il donne l’impression que tout le reste ne l’intéresse pas. Il parle toute la journée et cela fait des dégâts aux niveaux national et international », avait-il poursuivi. « Et tout ce bruit nuit à Netanyahu et au Likud ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, s’entretenant avec le ministre de la Défense Yoav Gallant lors d’un vote sur le projet de loi du « caractère raisonnable » à la Knesset, le 24 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Abbas, le leader du parti Raam, a également demandé le renvoi de Ben Gvir, disant à Ynet : « il faut remplacer le ministre de la Sécurité nationale. La confiance n’est pas là et il faut le remplacer. C’est une initiative nécessaire ».

Zeev Elkin, député du parti HaMahane HaMamlahti, a déclaré que « voilà le résultat lorsqu’un ministre de la Sécurité nationale ne s’intéresse qu’aux élections et qu’aux coups médiatiques. Les chiffres disent tout ici. Itamar Ben Gvir est devenu le fou du roi et son échec est évident et énorme ».

De son côté, le leader de l’opposition, Yair Lapid, a estimé que « le gouvernement pleinement de droite a échoué », faisant référence aux partis de droite, d’extrême-droite et religieux qui constituent la coalition.

« Il y a plus de terrorisme, il y a plus de meurtres, il y a moins de sécurité individuelle pour les citoyens d’Israël », a dit Lapid. « Sous l’autorité de Netanyahu, le pays se déchire et des Israéliens sont assassinés tous les jours ; c’est l’état d’urgence, nous ne pouvons pas continuer ainsi ».

La députée du Likud, Tally Gotliv, lors d’une conférence à Airport City, le 20 mars 2023. (Crédit : Flash90)

Pour sa part, la députée provocatrice du Likud, Tally Gotliv, a attribué la responsabilité des violences dans la communauté arabe à la procureure-générale Gali Baharav-Miara qui avait interdit à la police d’utiliser la mise en détention administrative, qui permet d’emprisonner des suspects sans autre forme de procès et sans mise en examen.

« Elle a sur les mains le sang des Israéliens qui ont été assassinés », a déclaré la législatrice. « Il y a quelques mois, la police avait demandé à Miara des mandats de mise en détention administrative pour six individus qui étaient super-dangereux. Miara a refusé ! Depuis, cinq d’entre eux ont été impliqués dans des meurtres et dans des tentatives de meurtre. Le plus important, c’est qu’elle a pu trouver le temps pour ce qui est réellement déterminant – intervenir dans la gouvernance ».

Par ses propos, elle faisait référence à un post écrit par Ben Gvir sur Facebook – le ministre avait affirmé que quelques mois auparavant, la police placée sous son contrôle avait demandé le droit d’arrêter six chefs de gangs et de les placer en détention sans mise en examen. Cet outil est fréquemment utilisé par les autorités militaires en Cisjordanie, mais pas sur le sol israélien et la demande avait été rejetée par Baharav-Miara. Ben Gvir avait alors dit que cinq des six individus avaient ensuite pris part à des homicides, ou à des tentatives d’homicides – ce qui n’avait jamais été confirmé par les autorités.

Dans la même publication, Ben Gvir avait déclaré que les gangs armés arabes étaient « des organisations terroristes » dotées « de budgets énormes et de centaines de milliers d’armes qui sont à leur disposition, avec notamment des millions de balles, des charges explosives et des lanceurs de grenade ».

La police sur les lieux d’une fusillade à Abu Snan, le 22 août 2023. (Crédit : Shir Torem/Flash90)

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