Gantz : « Ça peut être différent »
Rechercher

Gantz : « Ça peut être différent »

"Que va-t-on leur dire ? Que nous n’avons rien fait, que nous n’avons pas essayé ?", affirme l'ancien chef de l'armée dans une série de nouvelles vidéos de campagne électorale

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

L'ancien chef d'état-major de Tsahal Benny Gantz prend la parole lors de la Conférence sioniste mondiale annuelle, à Jérusalem, le 2 novembre 2017. (Miriam Alster/FLASH90)
L'ancien chef d'état-major de Tsahal Benny Gantz prend la parole lors de la Conférence sioniste mondiale annuelle, à Jérusalem, le 2 novembre 2017. (Miriam Alster/FLASH90)

Le chef du parti Hossen LeYisrael Benny Gantz a dévoilé dimanche une série de vidéos de campagne titrée « Seuls les forts survivent », qui met principalement en avant les opérations militaires dans la bande de Gaza pendant son mandat de chef d’état-major.

Ces vidéos surviennent alors qu’une bonne partie du pays se demande où se situe le laconique Benny Gantz sur l’échiquier politique. Celles-ci laissent entendre qu’il se place au centre et veut faire preuve de fermeté face au terrorisme, tout en aspirant à la paix.

Une des vidéos assume fièrement la destruction par l’armée de 6 231 cibles du Hamas lors de la guerre de Gaza en 2014 sous le commandement de Gantz, se vantant d’avoir « renvoyé des zones de Gaza à l’Âge de pierre ».

Une autre est composée d’images de funérailles de membres du Hamas, ainsi que d’un compteur du nombre de terroristes tués par Tsahal lors de l’opération Bordure protectrice. Elle affirme que c’est à Benny Gantz que revient le mérite des « trois ans et demi » de calme qui ont suivi dans l’enclave palestinienne.

Dans une troisième vidéo, on retrouve les images d’une frappe aérienne israélienne ciblant Ahmed Jabari, le commandant de l’aile militaire du Hamas et cerveau de l’enlèvement de Gilad Shalit en 2012.

Malgré la nature militaire de ses vidéos, Gantz en publie une quatrième qui souligne la nécessité absolue pour Israël de chercher la paix avec les Palestiniens.

« Il n’y a pas de honte à aspirer à la paix, » dit-il dans la vidéo, qui compte également des images de l’ancien Premier ministre Menachem Begin en pourparlers de paix avec le président égyptien Anwar Sadat dans les années 1970 ainsi que du Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrant le leader de l’OLP Yasser Arafat dans les années 1990.

« Est-ce que nous voulons envoyer nos enfants au combat pour les 25 prochaines années ? Non, » affirme Gantz. « Que va-t-on leur dire ? Que nous n’avons rien fait, que nous n’avons pas essayé ? »

« Je ne peux pas accepter qu’une génération entière ici ne connaisse pas l’espoir, » fait-il savoir. « Ça peut être différent. »

Benny Gantz a officiellement créé son parti politique le mois dernier, mais a depuis été très discret au sujet de ses positions politiques. La semaine dernière, il dévoilait le slogan de son parti : « Israël avant tout » sans en dire beaucoup plus.

Après un long silence, Gantz a donné la semaine dernière un premier aperçu de ses convictions politiques en promettant de « corriger » la loi controversée sur l’Etat-nation au profit de la communauté druze.
S’exprimant devant des militants druzes réunis aux abords de son domicile de Rosh Haayin, Gantz a déclaré qu’amender la loi « exprimerait le lien [entre la communauté druze et l’Etat d’Israël, un lien profond et indéfectible dans la lutte, mais également dans la vie. Un pacte de sang nous unit, mais plus que ça nous sommes alliés à vie. »

La loi sur l’Etat-nation consacre Israël comme « foyer national du peuple juif » et affirme que « le droit à l’auto-détermination au sein de l’Etat d’Israël revient au peuple Juif ». Mais pour ses détracteurs, au sein de l’Etat juif comme à l’étranger, elle sape l’attachement israélien à l’égalité entre tous les citoyens. Elle a suscité la colère chez la minorité druze dont les membres – qui sont nombreux à servir au sein de l’armée israélienne – estiment que les dispositions de la loi font d’eux des citoyens de second-zone.

L’ancien chef d’état-major de Tsahal Benny Gantz avec des membres de la communauté druze et des militants devant son domicile à Rosh Haayin, lors d’une manifestation contre la loi sur l’État-nation, le 14 janvier 2019. (Flash90)

Gantz est considéré comme le seul adversaire sérieux de Netanyahu pour les élections du 9 avril. D’après un sondage publié samedi sur la Douzième chaîne, Yossen Leyisarel serait le troisième parti représenté à la Knesset si les élections avaient lieu cette semaine, remportant 12 sièges, après une alliance avec les partis Yesh Atid et Hatnua qui lui octroieraient 17 sièges.

Les sondés devaient également dire ce qu’ils pensaient du silence de Gantz sur son programme politique. 44 % estiment qu’ils devraient s’exprimer à ce sujet, 22 % jugent qu’il a raison de rester muet et 34 % ne se prononcent pas.

Le sondage révèle également que le parti HaBayit HaYehudi, désormais privé de Naftali Bennett et d’Ayelet Shaked, pourrait ne pas obtenir le nombre de votes suffisants pour rester à la Knesset.

A LIRE : Élections israéliennes de 2019 : La bataille des deux Benjamin

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...