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Gaza récolte ses premiers ananas

Deux cent cinquante plants sont arrivés à maturité, et environ 4 000 fruits devraient être récoltés au cours de la saison

Une femme palestinienne cueille des ananas lors d'une récolte dans une ferme à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 novembre 2017.(Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)
Une femme palestinienne cueille des ananas lors d'une récolte dans une ferme à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 novembre 2017.(Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Les Palestiniens récoltent en ce moment les premiers ananas produits dans la bande de Gaza, territoire éprouvé par les guerres, l’enfermement et la pauvreté.

Les cultivateurs de la bande de Gaza, au climat semi-aride, ont recréé les conditions favorables à l’ananas, plante tropicale, dit à l’AFP Moussa al-Jadba, ingénieur agronome qui supervise le projet parrainé par le gouvernement néerlandais.

L’ananas est cultivé dans une serre de mille mètres carrés à Khan Younès, en plants de quelques dizaines de centimètres de haut dont on coupe le fruit.

Deux cent cinquante plants sont arrivés à maturité, et environ 4 000 fruits devraient être récoltés au cours de la saison.

L’objectif est de permettre aux cultivateurs de vivre de leur production en la diversifiant, explique Moussa al-Jadba. La production est pour l’instant destinée au marché gazaoui.

La bande de Gaza, étroite langue de terre sur laquelle s’entassent deux millions de personnes entre Israël, Egypte et Méditerranée, « souffre de la forte salinité de ses eaux, ce qui a conduit le syndicat (agricole) à cultiver des ananas, qui ne réclament pas beaucoup d’eau », souligne Moussa al-Jadba. L’ananas, vigoureux, demande une humidité régulière, un sol bien drainé et craint le gel.

La bande de Gaza a été durement mise à l’épreuve par trois guerres entre le Hamas, formation islamiste palestinienne qui contrôle l’enclave, et Israël.

En outre, Israël soumet l’enclave palestinienne à un vigoureux blocus, et la frontière avec l’Egypte est fermée quasiment en permanence.

Avec une économie à genoux, plus de 40 % de la population active est au chômage (56 % des jeunes selon la Banque mondiale). Le taux de pauvreté approche 40 % et deux tiers des habitants sont tributaires d’une aide étrangère.

Avec les pénuries d’eau et d’électricité, l’enclave risque de devenir « invivable » si elle ne l’est pas déjà, dit l’ONU.

Le manque d’eau, la pollution et la pression démographique pèsent sur la production agricole, traditionnellement faite de fruits (fraises, citrons, dattes…) et de légumes.

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