Greenblatt : le rejet du plan de paix par l’AP fait du tort au Palestinien moyen
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Greenblatt : le rejet du plan de paix par l’AP fait du tort au Palestinien moyen

Alors que le plan doit être dévoilé sous peu, l'envoyé spécial de Donald Trump appelle Ramallah "à ne pas continuer sur la voie du rejet"

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Jason Greenblatt, l’envoyé spécial de l’administration Trump pour la paix, a fustigé les dirigeants palestiniens pour avoir leur rejet de la proposition de paix de Washington sans même savoir ce qu’elle contenait.

« C’est terriblement frustrant pour le Palestiniens moyen », a déclaré Greenblatt à Fox New dans un entretien diffusé samedi.

« Je les rencontre fréquemment, et c’est le message qu’ils me disent », a-t-il déclaré. « Ils comprennent qu’ils ne vont peut-être pas aimer certains aspects du plan, mais ils sont énervés que leurs dirigeants disent qu’ils ne vont même pas y jeter un coup d’œil. Je trouve cela vraiment dommage pour le peuple palestinien »

Greenblatt a déclaré qu’il « espérait, dans l’intérêt du peuple palestinien, qu’ils accepteraient d’examiner la proposition ».

Les dirigeants de l’Autorité palestinienne ont coupé les liens avec l’Administration Trump et ont déclaré que les Etats-Unis ne pouvaient plus servir comme un médiateur de la paix entre les Palestiniens et les Israéliens après que le président Donald Trump a reconnu une partie non précisée de Jerusalem comme la capitale d’Israël en décembre 2017, et a officiellement transféré l’ambassade américaine vers la ville en mai 2018.

Une vue de l’ambassade américaine dans le quartier d’Arnona, à Jérusalem, le 13 mai 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le plan de paix a fait l’objet de nombreuses spéculations et de critiques au cours de l’année passée. Certains ont affirmé qu’il s’agissait d’un rejet des revendications palestiniennes favorisant Israël et se focalisant sur des avantages économiques pour les Palestiniens.

Dans son entretien de Fox News, Greenblatt a souligné que le plan ne mettrait pas Israël en danger.

« Il y a une chose que l’administration Trump ne fera pas, c’est un compromis sur la sécurité en Israël », a-t-il déclaré.

Mais il a ajouté que le plan traitait aussi les demandes politiques palestiniennes.

Il était « inexact de dire qu’il s’agissait seulement d’un plan économique. C’est à la fois politique et économique. Une fois que tout le monde l’aura lu et aura donné son avis dessus, il y aura encore un long chemin à parcourir avant d’obtenir un accord final, et il faudra encore que les différentes parties négocient entre elles », a déclaré Greenblatt.

Le plan serait présenté d’ici « quelques semaines », a-t-il dit, probablement après la fête de Shavonegocuot à la mi-juin.

L’entretien avec Fox News s’est déroulé après les commentaires de jeudi de Greenblatt au Conseil de sécurité des Nations unies, dans lesquels il a critiqué les anciens efforts de paix comme « reprenant les mêmes points de discussions datés ».

« La triste vérité, c’est que dire les mêmes choses, répéter les mêmes points de discussion datés, sans identifier une voie réaliste pour faire avancer le choses, n’a pas et ne conduira pas à la paix – jamais! », a-t-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2e à partir de la droite) reçoit à son bureau de Jérusalem l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Ron Dermer (à droite), le conseiller de la Maison Blanche Jared Kushner (au centre), l’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman (à gauche) et l’envoyé spécial Jason Greenblatt (deuxième à gauche), le 22 juin 2018. (Haim Zach/GPO)

Le plan de l’Administration Trump « traite toutes les questions fondamentales. Nous avons développé des solutions pour chaque point. Alors que vous soyez un adolescent ou que vous ayez 100 ans, vous verrez les conséquences pour chaque point, les bonnes et les mauvaises, et vous aurez un réel aperçu de ce à quoi pourrait ressembler la paix », a-t-il dit au Conseil de sécurité.

Interrogé par Fox News sur le rejet du plan par les dirigeants palestiniens, il a dit que « c’est leur choix de poursuivre la voie du rejet aux dépens des Palestiniens de base. S’ils échouent à engager un dialogue constructif et professionnel pour voir si un accord peut-être obtenu, c’est de leur faute ».

En préparation depuis deux ans, le plan, mené par Greenblatt, le haut conseiller et gendre de Trump Jared Kushner et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman, a été surnommé par le président « l’accord du siècle ».

Il a été envisagé avec scepticisme par les Palestiniens qui considèrent que Trump favorise le camp israélien, et des partis israéliens de droite ont prévenu qu’ils ne laisseraient pas le Premier ministre Benjamin Netanyahu mener des retraits territoriaux que le plan pourrait demander.

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