Grève de 25 minutes des enseignants de lycée mercredi contre les féminicides
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Grève de 25 minutes des enseignants de lycée mercredi contre les féminicides

Un syndicat a répondu à l'appel au renforcement des actions lancé par les initiatrices du mouvement contre les violences faites aux femmes

Illustration : Photo de lycéens (Crédit :   Maya Levin/Flash90)
Illustration : Photo de lycéens (Crédit : Maya Levin/Flash90)

Les enseignants de lycée, dans tout Israël, arrêteront le travail mercredi pendant 25 minutes pour protester contre les violences continues contre les femmes et l’échec gouvernemental à réduire le taux des féminicides, a fait savoir leur syndicat.

L’Association des enseignants du secondaire a ainsi répondu à un appel lancé par les organisatrices du mouvement de protestation contre les violences faites aux femmes en initiant ce débrayage de 25 minutes, qui sera le symbole des 25 victimes de violences conjugales mortes depuis le début de l’année.

« En tant qu’enseignants et éducateurs, en tant que représentants du combat contre les violences envers les personnels enseignants, nous ne pouvons pas rester à ne rien faire », a commenté Ran Erez, chef du syndicat.

Les professeurs arrêteront le travail entre 10 heures et 10 heures 25 du matin.

Mardi, Iman Awad, 29 ans, a été retrouvée dans une habitation d’Acre, la gorge tranchée. Même si la police mène encore l’enquête sur le dossier, les féministes affirment d’ores et déjà qu’elle serait la 25ème victime de violences conjugales de l’année 2018.

« Le nombre de victimes au cours de l’année passée vient d’atteindre le chiffre de 25 », ont dit les organisatrices des manifestations dans un communiqué. « Notre sang a un prix. Nous ne nous satisferons plus de commissions, d’enquêtes, de promesses et de mots vides de tout sens. Nous ne garderons pas le silence alors que les décisionnaires tentent d’apaiser nos protestations par des paroles. Nous exigeons maintenant un passage à l’action ».

« Nous prévoyons de continuer notre mouvement par des actions quotidiennes qu’il sera impossible d’ignorer. Dès demain et chaque jour à 10 heures du matin, nous, femmes, cesserons toute activité pendant 25 minutes ! Chaque jour, nous nous arrêterons sur les routes, nous arrêterons le travail, nous nous arrêterons dans les rues. Jusqu’à ce que le gouvernement réponse à nos demandes ».

La semaine dernière, des milliers de femmes ont fait grève et des dizaines de milliers d’entre elles se sont rassemblées dans tout le pays pour protester contre les femmes tuées par leur compagnon, un parent ou une connaissance, et contre les autorités qui, d’après elles, ne parviennent pas à enrayer une forte augmentation des violences envers les femmes.

Un jour après les manifestations, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il considérait les violences faites aux femmes comme une forme de terrorisme, promettant d’allouer des fonds pour lutter contre le phénomène.

Ces manifestations avaient été l’apogée d’une semaine de mouvements de protestation plus modestes après que deux adolescentes ont été retrouvées mortes, le 26 novembre.

Ce jour-là, le corps sans vie de Yara Ayoub, 16 ans, avait été retrouvé, six jours après avoir disparu du village arabe de Jish, en Galilée. Selon la police, le principal suspect du meurtre serait un homme de 28 ans. Plusieurs autres personnes ont été arrêtées, soupçonnées d’être impliquées.

Quelques heures après, une adolescente de 13 ans, Sylvana Tsegai, avait été violée et assassinée à Tel Aviv. Le suspect serait le conjoint de la mère de la jeune fille, Tesfebarhan Tesfasion, qui avait échappé à la police pendant plusieurs jours avant d’être écroué.

Selon des informations, Tsegai était connue des services sociaux, victime de violences conjugales. Elle avait appelé la police le samedi précédent pour se plaindre de ce que Tesfasion se trouvait chez elle.

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