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HaBayit HaYehudi : « Donnez-nous le ministère de la Défense ou nous partons »

Les responsables de la formation affirment qu'ils quitteront le gouvernement - entraînant des élections anticipées - si Bennett n'est pas désigné comme successeur de Liberman

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'entretient avec le ministre de l'Education Naftali Bennett le 13 novembre 2017 (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'entretient avec le ministre de l'Education Naftali Bennett le 13 novembre 2017 (Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti HaBaayit HaYehudi a lancé un ultimatum au Premier ministre Benjamin Netanyahu mercredi, affirmant qu’il quittera la coalition, entraînant de nouvelles élections, si son leader Naftali Bennett n’est pas choisi pour succéder à Avigdor Liberman, qui vient de démissionner, au poste de ministre de la Défense.

« C’est le ministère de la Défense ou nous partons », ont déclaré des responsables de la formation au Times of Israel. « C’est l’ultimatum que nous lançons et qui conditionne notre maintien au gouvernement ».

Le parti HaBayit HaYehudi a indiqué mercredi que sa faction se réunirait à 18h30, heure israélienne, pour une réunion à huis-clos à la Knesset suite à la démission d’Avigdor Liberman de son poste de ministre de la Défense, a fait savoir le site d’information Ynet.

Cette demande est survenue quelques minutes après que le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a annoncé sa démission, appelant à la dissolution du gouvernement et à la tenue de nouvelles élections.

« Je suis ici pour annoncer ma démission du gouvernement », a-t-il dit lors d’une conférence de presse organisée à la hâte après une réunion de sa formation Yisrael Beytenu durant laquelle il a fait part aux députés de sa décision.

Avigdor Liberman annonce sa démission du portefeuille de la Défense au cours d’une conférence de presse à Jérusalem, le 14 novembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Liberman a expliqué que cette décision avait été prise suite au cessez-le-feu qu’auraient convenu mardi Israël et les groupes terroristes de Gaza, suite à des tirs de roquettes d’une ampleur sans précédent sur le sud d’Israël.

Un jour auparavant, Liberman, Bennett et d’autres ministres avaient critiqué âprement le Premier ministre Benjamin Netanyahu en raison de cette décision.

« Ce qui est arrivé, hier, ce cessez-le-feu ainsi que l’accord avec le Hamas est une capitulation devant le terrorisme. Il n’y a aucun autre moyen de l’expliquer », avait dit Liberman aux journalistes.

Il a conclu sa conférence de presse, ce matin, en demandant que des élections soient organisées « dans les meilleurs délais ». Au cours d’une session de questions-réponses qui a suivi, il a prédit que les électeurs de droite, s’apercevant de « l’hypocrisie des autres partis », récompenseraient sa formation Yisrael Beytenu par 20 sièges à la Knesset.

La cheffe de la faction HaBayit HaYehudi à la Knesset, Shuli Moalem-Rafaeli, a estimé qu’un scrutin immédiat n’était pas nécessaire mais que son parti « ne serait pas en mesure de continuer à être un partenaire de la coalition si le ministère de la Défense n’est pas octroyé à Bennett ».

Une source du Likud a dit en réponse qu’il « n’est pas nécessaire d’aller aux urnes en ce moment sécuritaire sensible » même si la coalition a perdu cinq sièges avec le départ attendu de Yisrael Beytenu. La source a ajouté que Netanyahu serait désigné ministre de la Défense en service, même s’il est également à la barre des ministères des Affaires étrangères et de la Santé en plus de ses fonctions de Premier ministre.

Sans Yisrael Beytenu, la coalition va rester avec une mince majorité au sein de la Knesset de 120 députés. De nouvelles élections doivent avoir lieu dans les 12 mois à venir.

Le cabinet de sécurité aurait souscrit, mardi après-midi, au cessez-le feu avec le Hamas, une décision à laquelle plusieurs ministres du cabinet ont indiqué plus tard être opposés. Cette décision a également été fustigée par certains leaders de l’opposition qui l’ont qualifiée de capitulation face au terrorisme après des affrontements de quarante-huit heures marqués par le lancement de centaines de roquettes et d’obus de mortier vers le sud d’Israël.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman rencontre le chef de l’armée israélienne Gadi Eizenkot, le chef des services de sécurité du Shin Bet et autres hauts responsables de la Défense au siège de l’armée à Tel Aviv, le 11 novembre 2018 (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Selon la Dixième chaîne, quatre ministres au moins présents lors de la réunion du cabinet se sont opposés à la décision qui a été prise par Netanyahu sans qu’il n’y ait de vote. Mais le ministre du Logement Yoav Gallant, qui se trouvait à la réunion, a déclaré que les ministres avaient tous accepté cette décision.

Le cessez-le-feu a été salué par le Hamas comme une victoire ostensiblement imposée à l’Etat juif selon les termes du groupe terroriste. Les tirs de roquette sur Israël ont cessé mardi après-midi après deux jours d’incessantes attaques.

Liberman, la ministre de la Justice Ayelet Shaked, le ministre de la Protection de l’Environnement Zeev Elkin, et le ministre de l’Education Naftali Bennett avaient proposé une réponse alternative qui a été rejetée par les autres personnes présentes lors de la réunion, a annoncé la Dixième chaîne.

Les missiles du système de défense aérienne Dôme de fer dans le sud d’Israël détruisent les missiles en approche au-dessus d’Ashkelon, tirés depuis la bande de Gaza le 13 novembre 2018. (GIL COHEN-MAGEN/AFP)

Plus de 460 roquettes et obus de mortier ont été envoyés vers le sud d’Israël, a fait savoir l’armée. Selon les militaires, plus de 100 des projectiles ont été interceptés par le système de défense aérienne Dôme de fer. La plupart des autres ont atterri dans des champs à l’extérieur des agglomérations israéliennes mais des dizaines se sont toutefois abattues dans les villes et les villages israéliens, faisant un mort, des douzaines de blessés et entraînant d’importants dégâts.

En guise de représailles, les militaires israéliens ont fait savoir qu’ils avaient frappé approximativement 160 sites dans la bande de Gaza, liés au Hamas et au Jihad islamique palestinien, et notamment quatre structures qualifiées par l’armée « d’atouts stratégiques déterminants ».

Liberman s’était fréquemment querellé avec Bennett, dont le parti national-religieux entrera en concurrence avec Yisrael Beytenu, la formation laïque de Liberman, dans la chasse aux votes de nombreux Israéliens va-t-en-guerre lors des prochaines élections de la Knesset.

Les deux hommes ont échangé des piques ces dernières semaines, Bennett accusant Liberman de se montrer trop faible à Gaza et Liberman répondant sur le même ton.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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