HaBayit HaYehudi et Otzma Yehudit s’allient à nouveau avant le 3e scrutin
Rechercher

HaBayit HaYehudi et Otzma Yehudit s’allient à nouveau avant le 3e scrutin

Les formations s'étaient présentées ensemble, aux côtés de l'Union nationale, aux élections du mois d'avril ; Yair Lapid de Kakhol lavan qualifie l'initiative de "scandale"

Le leader de HaBayit HaYehudi Rafi Peretz, (à gauche), avec Itamar Ben Gvir, de la formation extrémiste Otzma Yehudit, le 20 décembre 2019. (Autorisation)
Le leader de HaBayit HaYehudi Rafi Peretz, (à gauche), avec Itamar Ben Gvir, de la formation extrémiste Otzma Yehudit, le 20 décembre 2019. (Autorisation)

La formation HaBayit HaYehudi et le parti d’extrême-droite Otzma Yehudit se sont unis et ils se présenteront ensemble lors du troisième scrutin organisé en moins d’un an au sein de l’Etat juif, qui aura lieu le 2 mars, ont annoncé les formations politiques vendredi.

Dans une annonce conjointe, les partis ont indiqués être « attachés à l’unité et à un gouvernement de droite » et ils ont appelé l’Union nationale dirigée par Bezalel Smotrich, actuellement ministre israélien des Transports, à rejoindre l’alliance.

« Le prochain scrutin sera crucial pour l’avenir de l’Etat d’Israël et pour le camp de droite en particulier », ont indiqué les formations dans un communiqué publié à l’issue d’une rencontre, vendredi matin, entre le numéro un de HaBayit HaYehudi, Rafi Peretz, actuel ministre de l’Education, et le leader d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir.

« Le public est fatigué des combats et des divisions et il veut l’unité dans le sionisme religieux et dans le camp de droite – pas l’uniformité mais bien l’unité, » ont expliqué les partis. « Sauver le gouvernement de droite implique de lier entre elles toutes les formations à la droite du Likud », ont-ils continué, en référence au parti au pouvoir placé sous l’autorité du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Nous ne devons pas nous retrouver dans une situation où l’une des factions ne franchirait pas le seuil électoral et où, en résultat, des milliers de votes de droite seraient perdus », ont-ils dit dans le communiqué.

Les partis ont demandé à Smotrich de « resserrer les rangs » et de créer aujourd’hui l’union dans le camp du sionisme religieux.

« L’Union nationale fait partie intégrante de l’unité des partis de droite », ont-ils ajouté.

Cet accord est considéré comme un coup porté à Smotrich qui, selon les sondages, est le leader de liste nationaliste-religieuse le plus populaire. L’accord entre HaBayit HaYehudi et Otzma Yehudit laisse des places, sur la liste d’union, pour les candidats de l’Union nationale s’ils désirent les rejoindre, mais Smotrich occuperait alors la deuxième place tandis que Peretz, moins populaire et moins expérimenté en politique, resterait à la barre.

Bezalel Smotrich, membre du parti Yamina et ministre des Transports, s’exprime au quartier général de Yamina pendant la soirée électorale à Ramat Gan, le 17 septembre 2019. (Flash90)

Peretz a déclaré que « nous avons un engagement envers le camp de droite. Nous ne pouvons pas gaspiller des votes de droite. Ces élections sont cruciales pour un gouvernement de droite et pour le sionisme religieux. Et elles réclament l’unité. »

HaBayit HaYehudi et Otzma Yehudit se sont présentés ensemble lors des élections du mois d’avril – le second vote national de cette année – dans le cadre de l’Union des partis de droite, qui incluait également l’Union nationale. Netanyahu lui-même avait encouragé cette union pour tenter de garantir qu’elle franchirait le seuil électoral. L’alliance avait finalement gagné cinq sièges à la Knesset.

Néanmoins, après l’échec de Netanyahu à former une coalition majoritaire, le Premier ministre avait dissous le parlement et organisé un nouveau scrutin en date du 17 septembre. Ces élections ont également échoué à mettre en place un gouvernement et un nouveau vote aura donc lieu au mois de mars.

Otzma Yehudit avait rompu son alliance au mois de juin avec HaBayit HaYehudi, accusant le parti de ne pas avoir honoré les dispositions de sa convention pré-électorale.

Dans le cadre de cette nouvelle alliance, Otzma Yehudit occupera la troisième, sixième et neuvième places, rendant plus solide la perspective de l’entrée à la Knesset de Ben Gvir après deux précédents échecs.

Cette initiative renforce également la normalisation d’Otzma Yehudit, une faction autrefois exsangue et remise sur pied par Netanyahu au mois d’avril. Il avait accepté, à ce moment-là, de réserver une place sur la liste du Likud à un député de HaBayit HaYehudi et promis à la formation nationaliste-religieuse deux postes gouvernementaux si la formation acceptait la fusion avec Otzma Yehudit.

Le numéro deux de Kakhol lavan, Yair Lapid, a été le premier à réagir à l’annonce de cette réunion, écrivant sur Twitter que « la décision prise par HaBayit HaYehudi de se présenter aux côtés d’Otzma Yehudit, parti raciste et anti-juif, est un scandale pour le camp du sionisme religieux ».

« HaBayit HaYehudi a perdu le droit de parler des valeurs juives », a ajouté Lapid.

Kakhol lavan a émis un communiqué dans la journée de vendredi, disant que « l’héritage de Kahane est bien vivant et il se dirige vers la Knesset exclusivement en raison de la situation judiciaire de Netanyahu ».

Le parti faisait là référence à Ben Gvir, activiste d’extrême-droite et avocat, qui s’est fait un nom dans des manifestations en soutien des enseignements radicaux du politicien ultra-nationaliste Meir Kahane, un rabbin.

« Les prochaines élections seront décisives », a écrit Kakhol lavan dans un communiqué. Israël aura « soit un gouvernement d’immunité raciste et messianique, soit un gouvernement de réconciliation nationale ».

Pour sa part, HaYamin HaHadash, avec à sa tête Naftali Bennett, ministre de la Défense israélien et ancien dirigeant de HaBayit HaYehudi, a lancé sa campagne électorale au début de la semaine, lançant son parti dans une candidature indépendante et semblant laisser aux autres formations nationalistes-religieuses le soin de décider de la meilleure manière, pour eux, de se présenter au cours du scrutin du mois de mars.

Naftali Bennett et Ayelet Shaked lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, le 21 juillet 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le parti de Bennett a dit dans un communiqué qu’il se présenterait sous le slogan : « Il y en a qui feignent d’être à droite, il y en a qui sont parfois à droite, et il y a HaYamin HaHadash, la droite sûre ».

Lors du scrutin du mois de septembre, HaYamin HaHadash avait intégré la liste Yamina sous la direction de l’ex-ministre de la Justice Ayelet Shaked, liste qui comprenait HaBayit HaYehudi de Peretz et l’Union nationale de Smotrich.

(De gauche à droite) Ayelet Shaked, Naftali Bennett, Bezalel Smotrich et Rafi Peretz annonçant une fusion entre partis de droite religieuse, le 29 juillet 2019. (Autorisation)

Au cours du premier scrutin au mois d’avril, Bennett et Shaked n’étaient pas parvenus à franchir le seuil électoral. Les deux politiciens avaient donc pris la décision de fusionner, pour les élections suivantes, avec les factions nationalististes-religieuses qu’ils avaient déserté quelques mois auparavant.

Jeudi, Shaked a annoncé jeudi qu’elle resterait au sein de son parti actuel à la seconde place de la liste pour les élections générales du mois de mars, mettant un terme à des semaines de rumeurs concernant son avenir politique.

Le site en hébreu du Times of IsraëlZman Yisrael, a fait savoir mardi que le chef de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman avait offert à Ayelet Shaked la deuxième place sur la liste de son parti et déclaré que si elle rejoignait son mouvement, il s’engagerait à rejoindre le bloc de droite à l’issue des élections du mois de mars si les résultats devaient le placer, une fois encore, dans un rôle d’arbitre.

Dans le cadre de cette offre, Shaked aurait été autorisée à demander le portefeuille de son choix au gouvernement dans le cadre du quota offert à Yisrael Beytenu si la formation avait dû intégrer une coalition au pouvoir.

Expliquant jeudi sa décision, Shaked a écrit qu’après une longue réflexion, elle avait réalisé que HaYamin HaHadash était le seul mouvement « susceptible de mettre un terme aux divisions au sein de la société israélienne ». Elle a appelé ses « amis, dans le camp sioniste religieux et dans la droite idéologique » à la rejoindre.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...