HaBayit HaYehudi menace de renverser la coalition
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HaBayit HaYehudi menace de renverser la coalition

Bennett exige que Netanyahu améliore le partage des renseignements au sein du cabinet de sécurité ; Gal-on et un élu de Yesh Atid fustigent la nouvelle coalition

Le président du parti HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, et le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, à la Knesset, le 22 juillet 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le président du parti HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, et le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, à la Knesset, le 22 juillet 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le parti de droite, HaBayit HaYehudi, a déclaré mercredi qu’il resterait ferme sur sa demande de remanier le cabinet de sécurité, menaçant de torpiller l’accord de coalition qui a été signé ce matin entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Avigdor Liberman.

Netanyahu et Liberman, ont, mercredi, formalisé l’accord de coalition qui fera entrer le parti Yisrael Beytenu de Liberman dans la coalition et qui fera de lui le ministre de la Défense.

Bennett exige que Netanyahu nomme au cabinet un attaché militaire qui mettra les ministres à jour sur la situation sécuritaire en temps réel, permettra d’augmenter les visites dans les bases de Tsahal et d’autres zones militaires, et faciliter l’accès à des informations classifiées.

Si son exigence n’est pas satisfaite, Bennett a menacé de donner l’instruction à son parti HaBayit HaYehudi de voter contre la nomination de Liberman lors du vote de la Knesset prévue la semaine prochaine, qui par conséquence ferait couler l’accord de coalition. Pour obtenir la majorité, la coalition a besoin des huit voix de HaBayit HaYehudi.

« L’insistance du Premier ministre [à imposer des] restrictions aux membres du cabinet de sécurité est déroutante », a dénoncé HaBayit HaYehudi dans une déclaration mercredi.

« Nous n’avons pas exiger d’emplois, nous n’avons pas exigé le contrôle des budgets. Nous avons demandé à sauver des vies », a soutenu le parti, en se référant aux diverses demandes ministérielles et d’autres négociations qui accompagnent le remaniement de la coalition. « Cette exigence est écrite dans le sang, et nous ne reculerons pas ».

Plus tôt ce mois-ci, après qu’un rapport du contrôleur d’Etat ait révélé que des renseignements clés n’avaient pas été révélés aux membres du cabinet de sécurité pendant la guerre de 2014 avec le Hamas à Gaza, Bennett a demandé à Netanyahu de corriger ces « insuffisances » sur l’échange de renseignements avec son cabinet.

Bennett, lui-même un membre du cabinet de sécurité, a déclaré à la radio militaire lundi que pendant la guerre, les ministres n’ont pas assez d’informations « pour savoir ce qui se passait » et étaient donc incapables de prendre correctement des décisions.

« On ne peut pas attendre des membres du cabinet de porter la responsabilité de la sécurité d’Israël sans leur donner les outils nécessaires. Par conséquent, ceci est une condition de l’ensemble de la faction de HaBayit HaYehudi : approuver les derniers changements dans la composition du gouvernement et du cabinet », a-t-il affirmé.

les responsables du Likud, cependant, ont rejeté la demande de Bennett, en disant qu’ils ne rouvriraient pas les accords de coalition existants à de nouvelle discussion. Les représentants des deux parties ont annoncé qu’il n’y avait actuellement pas de négociations pour tenter d’éviter une impasse.

Le ministre de l’Intégration et de l’Immigration, Zeev Elkin (Likud), a qualifié la demande de Bennett de « saga très étrange ».

« Les membres de HaBayit HaYehudi m’ont approché, en disant : ‘nous allons porter cette question à Liberman, cela est très, très important’ », a-t-il révélé mercredi. « Je ne me souviens pas d’un seul moment où le fonctionnement interne du cabinet consistait en des considérations dans les négociations de la coalition et dans les médias ».

Bennett a soutenu que des plaintes similaires concernant le cabinet de sécurité ont été soulevées par la Commission Winograd nommé par le gouvernement pendant la seconde guerre du Liban en 2006 et a ajouté que « 10 ans plus tard, rien n’a été changé ». Plus précisément, il a demandé qu’un attaché militaire soit nommé pour coordonner l’échange des informations nécessaires.

La décision de placer Liberman au ministère de la Défense a secoué l’arène politique israélienne quand cela a été annoncé la semaine dernière. L’ancien ministre de la Défense, Moshe Yaalon du parti Likud, a effectivement été évincé de son poste.

Yaalon a rapidement démissionné de ses postes politiques, citant un « manque de confiance » dans le Premier ministre.

Le député de Yesh Atid, Meir Cohen, a dit que l’entrée de Yisrael Beytenu dans la coalition signale sa « capitulation honteuse ».

« J’appellerai cela une trahison et un abandon de la confiance du public », a déclaré Cohen à la radio militaire.

Meir Cohen (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Meir Cohen (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Cela représente en réalité l’accord de Liberman aux concessions. Il a laissé tomber les pensions [pour les Israéliens de l’ex-Union soviétique], il a laissé tomber les principes pour lesquels il avait lutté. Malheureusement, il a oublié ses partisans. Il ne fait aucun doute que sa parole est vaine ».

La leader du Meretz, la députée Zehava Gal-on, a exprimé sa forte opposition à la nomination de Liberman en tant que ministre de la Défense.

« Vous souvenez-vous que cet homme ne s’est sorti d’affaires pour lesquelles il a été interrogé que lorsque les témoins sont morts mystérieusement ? Vous souvenez-vous que chaque fonction publique que cet homme a occupée a mystérieusement conduit sa famille à devenir riche ? », a-t-elle dit, selon la Dixième chaîne.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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