Harow “incrimine” Netanyahu dans les affaires de corruption (média)
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Shaked : la coalition devra décider ce qui doit être fait si Netanyahu est inculpé

Harow “incrimine” Netanyahu dans les affaires de corruption (média)

L’ancien directeur de cabinet aurait dit à la police qu’il lui avait été demandé de faire avancer l’accord passé entre le Premier ministre et Arnon Moses

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, à la Knesset, suivi de son conseiller Ari Harow, à gauche au téléphone, le 8 décembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, à la Knesset, suivi de son conseiller Ari Harow, à gauche au téléphone, le 8 décembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Ari Harow, ancien directeur de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu devenu témoin de l’accusation dans le cadre d’une enquête sur ce dernier, a témoigné ces dernières semaines, et donné à la police des informations sur des actes potentiellement incriminant menés pour son ancien patron, a annoncé samedi la Deuxième chaîne.

Selon la chaîne, Harow a « incriminé » Netanyahu dans l’Affaire dite 2000, qui porte sur un accord de contrepartie présumé entre Netanyahu et le propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, Arnon Moses, dans lequel le Premier ministre aurait entravé un quotidien rival, Israël Hayom, qui appartient à Sheldon Adelson, en faisant adopter une loi par la Knesset, en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth.

La Deuxième chaîne a indiqué que Harow avait dit à la police que Netanyahu lui avait demandé de « faire avancer le sujet » abordé dans les conversations entre Netanyahu et Moses.

Alors que Netanyahu avait affirmé aux enquêteurs que ses conversations avec Moses n’avaient jamais été mises en pratique, Harow a dit à la police qu’il lui avait été ordonné de prendre des mesures en conséquence de ces discussions, a indiqué la Deuxième chaîne. La majorité du témoignage de Harow est soumis à embargo.

Sheldon Adelson (Crédit : Ethan Miller/Getty Images/AFP)
Sheldon Adelson (Crédit : Ethan Miller/Getty Images/AFP)

Compliquant encore la position de Netanyahu, Adelson aurait récemment dit à la police que Netanyahu lui avait parlé de la possibilité d’annuler certains des suppléments du week-end d’Israël Hayom, ce qui aurait réduit son attrait et ses revenus, a indiqué la Deuxième chaîne.

Netanyahu a toujours démenti tout acte répréhensible.

La police a annoncé vendredi que Harow n’irait pas en prison et avait signé un accord pour devenir témoin de l’accusation.

Cependant, selon la Deuxième chaîne, l’accord n’a été signé qu’une fois qu’il avait dit tout ce qu’il savait à la police, alors que la procédure standard pour ce genre d’accord est que la signature précède le témoignage.

Même si Harow a terminé les interrogatoires et a été autorisé à quitter le pays pour partir en vacances ce mardi, il pourrait être rappelé pour répondre à des questions supplémentaires, ou même pour une confrontation face à Netanyahu, selon la chaîne.

Vendredi, les médias ont annoncé que la police devrait recommander la mise en examen de Netanyahu dans l’Affaire 2000 et dans l’Affaire 1000, dans laquelle Netanyahu et son épouse sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illégaux de la part de milliardaires.

Une recommandation de la police n’a pas de poids judiciaire officiel. Elle est destinée au procureur, qui décidera de poursuivre ou non les suspects.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec sa ministre de la Justice, Ayelet Shaked, à la Knesset, le 21 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec sa ministre de la Justice, Ayelet Shaked, à la Knesset, le 21 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre ne sera pas obligé de démissionner, même s’il est inculpé, avait dit la semaine dernière Ayelet Shaked, ministre de la Justice, qui a répété cette affirmation sur la Deuxième chaîne samedi. Les ministres doivent démissionner s’ils sont mis en examen, mais pas les Premiers ministres, a-t-elle indiqué, une interprétation qui n’est pas partagée par tous les experts.

Shaked, dont le parti HaBayit HaYehudi appartient à la coalition, a dit à la Deuxième chaîne qu’elle ne voulait pas que le gouvernement tombe, mais qu’il y aurait des conséquences éthiques si Netanyahu était inculpé.

« Si nous arrivons à une situation de mise en examen, les partis de la coalition devront se réunir et envisager ce qui peut être fait », a-t-elle dit.

Shaked a souligné qu’elle espérait que les enquêtes se termineraient sans que Netanyahu ne soit inculpé.

Selon un communiqué publié vendredi par la police israélienne, Harow devrait être condamné à six mois de travaux d’intérêts généraux et à 700 000 shekels d’amende pour des faits d’abus de confiance, en échange de son témoignage contre Netanyahu.

Harow devrait fournir des informations pour les enquêtes sur les affaires 1000 et 2000, ayant été le directeur de cabinet de Netanyahu pendant le moment de l’accord présumé avec Moses, et quand le Premier ministre aurait reçu les cadeaux valant des milliers de shekels.

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