Hatami: Netanyahu déstabilise le Moyen-Orient pour nuire à l’économie de Téhéran
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Hatami: Netanyahu déstabilise le Moyen-Orient pour nuire à l’économie de Téhéran

Les menaces d'Israël contre les forces iraniennes en Syrie sont "irréalistes", a déclaré le ministre de la Défense lors d'un accord de reconstruction de l'armée syrienne

Le général Amir Hatami, ministre iranien de la Défense, en août 2017. (Crédit : Tasnim News Agency/CC BY 4.0/WikiCommons)
Le général Amir Hatami, ministre iranien de la Défense, en août 2017. (Crédit : Tasnim News Agency/CC BY 4.0/WikiCommons)

Le ministre iranien de la Défense Amir Hatami a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de maintenir le Moyen-Orient dans un état de conflit perpétuel dans le but affiché de nuire à l’économie iranienne.

Hatami a également déclaré que les menaces d’Israël de frapper des cibles iraniennes étaient vaines, lors d’un entretien avec la chaîne de télévision libanaise al-Mayadeen, dans lequel il a confirmé des rapports antérieurs selon lesquels l’Iran avait signé un accord pour reconstruire l’armée syrienne.

« Je pense que Netanyahu maintient une atmosphère tendue dans la région pour peser sur l’économie de la République islamique », a-t-il déclaré, selon une traduction de la Dixième chaîne d’information.

« Connaissant nos capacités, je pense que les menaces de Netanyahu d’attaquer les forces iraniennes en Syrie sont loin d’être réelles », a ajouté Hatami, faisant référence aux défenses aériennes de l’Iran.

Ajoutant une menace personnelle, Hatami a ajouté que « le gouvernement syrien a le droit de répondre à toute agression contre lui, comme cela s’est produit dans le passé. Les alliés de la Syrie sont prêts à répondre à toute agression ».

La Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse à Vilnius, en Lituanie, le 23 août 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Petras Malukas)

Au cours de ce long entretien, le ministre iranien a déclaré que son pays avait signé plus tôt dans la journée un accord avec Damas pour reconstruire les forces armées syriennes qui ont été dévastées par des années de guerre, semblant repousser les tentatives des États-Unis et de la Russie de forcer les troupes iraniennes à quitter le pays.

M. Hatami a déclaré que l’accord comprenait la restauration de l’industrie de défense syrienne et a assuré que l’Iran fournirait un « bon service ».

« Avec cet accord, nous avons ouvert la voie à la reconstruction des industries militaires syriennes », a-t-il ajouté.

« L’élément le plus important de l’accord est la reconstruction des forces armées et des industries de défense syriennes afin qu’elles puissent retrouver leur pleine capacité ».

L’Iran a été un appui essentiel du gouvernement syrien dans la guerre civile qui en est à sa septième année, en fournissant des conseillers, du matériel militaire, de la formation et des milliers de miliciens pour combattre aux côtés de l’armée syrienne.

M. Hatami a justifié la présence des forces iraniennes en Syrie en affirmant que c’était à l’invitation du gouvernement syrien.

L’agence de presse iranienne Tasnim a rapporté plus tôt que l’accord de défense a été signé après que M. Hatami a rencontré le président syrien Bashar el-Assad et le ministre de la Défense, le général Ali Abdullah Ayoub.

Lors de la réunion, le président syrien a déclaré au ministre iranien de la Défense que la coopération entre les deux pays était importante compte tenu du retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, de l’imposition de sanctions à la Russie et du « soutien aux organisations terroristes ».

« La Syrie est en train de sortir de la crise et d’entrer dans la phase de reconstruction », a déclaré M. Hatami lors de la réunion, notant également que l’accord fixera les paramètres de la coopération en matière de défense entre les deux pays.

Téhéran a apporté un soutien politique, financier et militaire constant à Assad au cours de sa lutte contre un soulèvement qui a duré sept ans. Israël s’est dit préoccupé par le fait que les forces loyales à Téhéran s’implantent de façon permanente en Syrie, ce qui leur permettrait  d’attaquer Israël, et a effectué des dizaines de frappes aériennes sur les installations de l’armée iranienne dans ce pays déchiré par la guerre au cours des derniers mois.

Alors que la guerre civile semble toucher à sa fin, les autorités américaines et, semble-t-il, russes ont cherché à empêcher l’armée iranienne de consolider sa présence en Syrie, en particulier sur le plateau du Golan, sur l’insistance d’Israël.

Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton donne une conférence de presse après une réunion avec son homologue turc à la mission américaine de Genève, le 23 août 2018 (Crédit : AFP Photo/Fabrice Coffrini)

La semaine dernière, le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, John Bolton, a déclaré à Jérusalem que le président russe Vladimir Poutine a fait savoir aux États-Unis que son pays aimerait que les forces iraniennes se retirent de Syrie, mais qu’ils ne peuvent pas les forcer à le faire.

La plupart des analystes pensent que même avec le soutien des États-Unis et de la Russie, il sera presque impossible de forcer l’Iran à quitter la Syrie.

Les deux pays entretiennent des liens étroits depuis des années. L’Iran a envoyé des forces militaires en Syrie, mais insiste sur le fait qu’il s’agit de conseillers et non de combattants. Les milices soutenues par l’Iran, y compris le puissant mouvement libanais Hezbollah, ont également soutenu les troupes d’Assad dans les combats sur le sol syrien.

Depuis son déclenchement en 2011, la guerre en Syrie lui a coûté environ 388 milliards de dollars, selon la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (CESAO).

Assad a déclaré le mois dernier que la reconstruction était sa « priorité absolue » en Syrie, où au moins 350 000 personnes ont été tuées, bien que certaines estimations soient beaucoup plus élevées, et où des millions de personnes ont été forcées de fuir leurs maisons.

Les puissances mondiales qui réclament depuis longtemps l’éviction d’Assad insistent sur le fait que l’aide à la reconstruction ne devrait se faire qu’avec la transition politique, mais la Russie, alliée au régime, fait pression pour qu’elle leur apporte son soutien.

Avec l’aide des milices iraniennes et des avions de guerre russes, Assad a repris environ les deux tiers du pays et se tourne maintenant vers la province d’Idlib au nord-ouest.

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