Hébron: l’arrivée d’un groupe d’observateurs palestiniens agace des Israéliens
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Hébron: l’arrivée d’un groupe d’observateurs palestiniens agace des Israéliens

Des bénévoles accompagnant des écoliers palestiniens ont été bousculés et giflés par des résidents d'implantation dans la ville divisée

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Un local israélien Ofer Ohana s'emporte contre les membres d'un nouveau groupe d'observateurs palestiniens dans la ville cisjordanienne de Hébron, le 10 février 2019.(Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)
Un local israélien Ofer Ohana s'emporte contre les membres d'un nouveau groupe d'observateurs palestiniens dans la ville cisjordanienne de Hébron, le 10 février 2019.(Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

Un nouveau groupe d’observateurs civils créé par des Palestiniens à Hébron a été harcelé verbalement et physiquement par des résidents d’implantation dimanche alors qu’ils accompagnaient un groupe d’enfants à l’école.

Des images des accrochages montrent une Israélienne gifler Issa Amro, un militant local qui fait partie des leaders du groupe mis en place moins de deux semaines après le départ d’observateurs internationaux de la ville . On peut également y voir un autre Israélien pousser l’un des bénévoles palestiniens près du complexe de logements de Beit Hadassah.

Issa Amro a indiqué au Times of Israel que le but de son organisation était d’accompagner des enfants palestiniens à l’école dans la ville. D’après lui, en plus d’être agressés par des Israéliens, les jeunes élèves ont peur de franchir les check-points de l’armée israélienne. Notre présence « donnera un sentiment de sécurité aux enfants, » a-t-il ajouté, précisant que les bénévoles « seront équipés de caméras afin de documenter toute violation des droits de l’Homme. »

Ce service d’accompagnement faisait auparavant partie des missions des observateurs de la Présence internationale temporaire à Hébron (TIPH) et le Conseil œcuménique des Églises. Le premier a vu son mandat prendre fin sur décision du Premier ministre Benjamin Netanyahu le mois dernier, après plusieurs incidents avec les résidents d’implantation. Le Conseil œcuménique avait suivi le lendemain, citant des « raisons de sécurité. »

Le TIPH était un groupe d’observateurs civils internationaux chargés, d’après son mandat, de « surveiller et signaler les efforts de maintien d’une vie normale à Hébron, assurant ainsi un sentiment de sécurité aux Palestiniens de la ville. » Il rapportait également les violations présumées des droits humains et d’accords signés entre Palestiniens et Israéliens. L’équipe comprenait une soixantaine d’observateurs de nationalité norvégienne, suédoise, italienne, suisse et turque.

Sa mission avait commencé en 1994. Elle veillait au respect de l’Accord de Hébron signé en 1997.

Son successeur officieux a escorté les enfants, vêtu de chapeaux bleus et de vestes ornées d’un blason « observateur » écrit en hébreu, arabe et anglais.

Issa Amro s’est dit « écœuré » par l’incident de dimanche. « Je ne suis pas un sous-homme que l’on peut gifler devant des soldats sans qu’aucun d’eux ne réagisse. »

Bien qu’il ait qualifié l’incident « d’altercation mineure », un porte-parole de la communauté juive a déclaré que la violence employée contre le groupe n’était pas justifiée. Il a néanmoins ajouté que cette nouvelle mission bénévole était une « provocation. »

« Personne ne harcèle les enfants arabes, » a déclaré Yishai Schwartz, réfutant les propos d’Issa Amro. Il a jugé « comique que le type qui dirige une organisation appelant à l’épuration ethnique des Juifs s’apprête à veiller au respect de la paix à Hébron. » Issa Amro est à la tête de La jeunesse contre les implantations, une ONG palestinienne opposée à la présence juive à Hébron.

Yishai Schwartz estime qu’Issa Amro tente d' »influencer l’opinion publique » quelques jours après le meurtre brutal d’Ori Ansbacher par un résident palestinien de Hébron.

Lundi, le groupe d’observateurs a accompagné des écoliers palestiniens sans heurts.

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