Herzog gèle les négociations de coalition alors que Netanyahu courtise Liberman
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Herzog gèle les négociations de coalition alors que Netanyahu courtise Liberman

Le leader de Yisrael Beitenu dit qu'il est prêt à rejoindre le gouvernement si ses exigences sont respectées ; les ministres du Likud demandent au Premier ministre qu'il conclue un accord avec lui

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Avigdor Liberman, ministre de la Défense (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite). (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Avigdor Liberman, ministre de la Défense (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite). (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devait rencontrer le chef Yisrael Beitenu Avigdor Liberman, mercredi après-midi, pour discuter de l’intégration du parti agressif qui possède six sièges dans la coalition aujourd’hui sur le fil, ce qui a poussé le chef de l’Union sioniste, Isaac Herzog, à dire qu’il gelait les négociations de coalition qu’il tenait avec le Premier ministre.

Le chef du parti Travailliste, actuellement dans l’opposition, a lancé un ultimatum à Benjamin Netanyahu en exigeant d’être le seul interlocuteur du Premier ministre au moment où celui-ci cherche à élargir son gouvernement.

Mercredi, Liberman a tenu une conférence de presse niant le fait que Netanyahu, qui est impliqué dans un marathon de négociations pour la coalition avec Herzog, avait directement fait des offres à son parti pour qu’il rejoigne le gouvernement. Il a dit qu’il considérerait une telle démarche si ses demandes étaient satisfaites.

« J’ai entendu dire à plusieurs reprises dans les médias que nous avions reçues telle ou telle offre », a déclaré Liberman, ajoutant que « nous n’avons pas entendu quoi que ce soit à travers les [canaux] officiels ».

« Nous n’excluons pas – et n’avons jamais exclu – d’entrer dans le gouvernement sous certaines conditions », a-t-il poursuivi. « Il n’y a pas de problème personnel, et toutes les questions personnelles ne sont pas pertinentes. Si nos principales demandes sont abordées, nous aurons de quoi discuter ».

Le parti de Liberman réclamait le portefeuille de la Défense, le soutien à la peine de mort pour les terroristes condamnés, et des efforts pour résoudre la crise des pensions pour les Israéliens de l’ex-Union soviétique.

Son parti ultra-nationaliste est la seule faction de droite dans l’opposition, qui est dirigée par l’Union sioniste et inclut la Liste arabe unie. Netanyahu est à la tête d’une coalition de 61 membres sur les 120 sièges de la Knesset, ce qui signifie que le départ de tout membre pourrait compromettre sa majorité très mince.

Liberman et Netanyahu ont concouru sur la même liste aux élections de 2013, mais ont eu une dispute publique en 2014 sur la façon dont le Premier ministre a géré la guerre à Gaza.

Le Premier ministre a ensuite demandé une réunion avec Liberman, mercredi après-midi, à 16 heures, mais des sources proches du Premier ministre ont maintenu que les réunions ne « ferment pas la porte au parti Travailliste ».

Cependant, Herzog, dans un discours prononcé mercredi, a dit qu’il ne continuerait pas les négociations tant que l’intégration de Yisrael Beitenu dans la coalition était d’actualité.

« Un choix historique […] celui de la guerre et des funérailles [ou] l’espérance pour tous les citoyens d’Israël »
Isaac Herzog

« Jusqu’à ce que Netanyahu décide où il va, nous ne pourrons pas mener des négociations parallèles », a annoncé Herzog.

M. Netanyahu a un « choix historique » à faire, a dit Herzog dans une déclaration devant la presse à Jérusalem : « Celui de la guerre et des funérailles » avec Lieberman et le parti HaBayit HaYehudi déjà au gouvernement, ou « l’espérance pour tous les citoyens d’Israël ».

« Si Netanyahu veut intégrer Liberman dans le gouvernement, laissez-le faire », a déclaré Herzog, insistant sur le fait que l’Union sioniste ne servirait pas au sein de la coalition avec Liberman, et laissant entendre que son parti était à la recherche du portefeuille de la Défense. « Nous allons les sortir de l’opposition ».

Isaac Herzog à une réunion de l'Union sioniste au parlement israélien, le 22 février 2016  (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)
Isaac Herzog à une réunion de l’Union sioniste au parlement israélien, le 22 février 2016 (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

Se référant aux déclarations de mardi par le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi concernant une nouvelle tentative de mettre fin au conflit israélo-palestinien, Herzog a déclaré : « Le président égyptien ne prend parti ni pour moi ni pour Netanyahu ». Il a ajouté : « La responsabilité de faire le maximum avec cette opportunité est maintenant entre les mains de Netanyahu ».

Une éventuelle entrée de Herzog dans le gouvernement serait observée avec attention par la communauté internationale à un moment où l’effort de paix avec les Palestiniens est moribond. Herzog défend la création d’un Etat palestinien indépendant qui coexisterait en paix avec Israël.

Liberman, quant à lui, était la bête noire des Européens quand il était chef de la diplomatie (2009-2012, puis 2013-2015). Il prône l’échange de territoires, populations comprises, entre Israéliens et Palestiniens. Il avait été mis à l’écart des négociations avec les Palestiniens.

Pendant ce temps, les ministres du Likud se sont alignés pour faire l’éloge des efforts de réconciliation avec Yisrael Beitenu.

« J’exhorte le Premier ministre à examiner sérieusement la possibilité d’élargir le gouvernement via des négociations accélérées avec Yisrael Beitenu », a déclaré le ministre de l’Immigration Zeev Elkin.

« L’objectif de l’élargissement du gouvernement est à portée de main », a ajouté le ministre du Tourisme Yariv Levin. « J’exhorte Liberman à venir et sceller les négociations dès aujourd’hui ».

« Nous avons l’intention de mener des négociations réelles et rapides pour régler la question sans délai », a ajouté Levin.

Le ministre des Transports, Yisrael Katz, a de la même manière appelé Yisrael Beitenu « le partenaire naturel pour le gouvernement national dirigé par le Likud », et a encouragé « des négociations rapides ».

Dimanche, Netanyahu a demandé à Liberman d’ajouter son parti dans la coalition.

« Quittez Zoabi et rejoignez le gouvernement », a-t-il dit lors de la réunion hebdomadaire du cabinet, faisant allusion à la députée de la Liste arabe unie, Hanine Zoabi, cible constante de la dérision de Liberman. Le Premier ministre a déclaré que Liberman avait montré une volonté de s’allier avec le gouvernement.

Mardi soir, la Dixième chaîne a rapporté que Liberman, la semaine dernière, avait rejeté une offre de rejoindre la coalition en échange du ministère de la Défense et du soutien pour l’établissement de la peine de mort. Mais les membres du Likud et de Yisrael Beitenu ont rejeté le rapport comme étant une « pirouette ». Liberman a écarté l’appel de Netanyahu dans un message Facebook, disant que Netanyahu courtisait l’Union sioniste, et que s’il obtenait une offre sérieuse, il la considérerait.

Un accord de coalition sera probablement finalisé au début de la semaine prochaine, lors de l’ouverture de la session d’été de la Knesset.

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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