Herzog : Netanyahu devrait démissionner après le rapport sur Gaza
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Herzog : Netanyahu devrait démissionner après le rapport sur Gaza

Lapid affirme que le Premier ministre “n’a pas dit la vérité à la population” ; Rivlin appelle le gouvernement à apprendre du rapport et à ne pas l’enterrer

Isaac Herzog et Tzipi Livni pendant la réunion du groupe parlementaire de l'Union sioniste à la Knesset, le 27 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Isaac Herzog et Tzipi Livni pendant la réunion du groupe parlementaire de l'Union sioniste à la Knesset, le 27 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les politiciens de l’opposition ont critiqué mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu après la publication du cinglant rapport du contrôleur de l’Etat sur la gestion de la guerre de 2014 dans la bande de Gaza par le gouvernement. Le rapport accuse le Premier ministre, l’ancien ministre de la Défense et l’armée israélienne d’avoir été mal préparés à s’attaquer à la menace des tunnels du Hamas.

Les critiques des députés ont afflué mardi après-midi. La plupart d’entre elles étaient concentrées sur Netanyahu. Le bureau du contrôleur de l’Etat indique également que le cabinet de sécurité était mal informé de la menace posée par l’infrastructure d’attaque souterraine de Gaza.

Netanyahu a défendu ses actions, affirmant que l’opération avait été un « grand succès » qui avait ramené un « calme sans précédent » dans le sud d’Israël. L’armée israélienne a également répliqué à certaines des critiques.

Isaac Herzog, le chef de l’opposition et de l’Union sioniste, a appelé mardi Netanyahu à démissionner, tout en rendant hommage à l’armée pour s’être battu « héroïquement et courageusement ».

« Netanyahu doit tirer les conclusions et rendre les clefs », a-t-il déclaré, tout en soulignant que les « morts ne sont pas morts en vain et les habitants du sud ont gagné une longue période de calme. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le chef d'Etat-major d'alors, Benny Gantz (au centre) et le ministre de la Défense de l'époque Moshe Yaalon (à droite) dans le sud d'Israël, pendant la guerre contre le Hamas, le 21 juillet 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le chef d’Etat-major d’alors, Benny Gantz (au centre) et le ministre de la Défense de l’époque Moshe Yaalon (à droite) dans le sud d’Israël, pendant la guerre contre le Hamas, le 21 juillet 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Herzog a déclaré que le rapport mettait en évidence que les dirigeants israéliens « ont échoué à comprendre les menaces, à déterminer une stratégie, à saisir la réalité et à préparer correctement les soldats et les citoyens, en particulier les habitants du sud. »

Le contrôleur de l’Etat a décrit un « type de comportement et d’échec qui a duré des années », a accusé Herzog. Les dirigeants du pays ont été occupés par des « bagarres politiques pour des gains personnels » sur le dos des citoyens du pays, a-t-il ajouté.

« Le tableau qui émerge du rapport du contrôleur de l’Etat doit soulever des préoccupations dans le cœur de chaque citoyen israélien », a déclaré Herzog.

Yair Lapid, député et président du parti Yesh Atid, pendant une réunion de faction à la Knesset, le 21 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yair Lapid, député et président du parti Yesh Atid, pendant une réunion de faction à la Knesset, le 21 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yair Lapid, le président du parti Yesh Atid, a déclaré que le rapport du contrôleur de l’Etat montrait clairement les échecs de Netanyahu, mais il n’a pas demandé sa démission.

« Le rapport conclut clairement que l’Etat d’Israël, sous la direction de Benjamin Netanyahu, n’était pas correctement préparé pour l’opération Bordure protectrice », a déclaré Lapid.

« Le rapport prouve avec certitude que le Premier ministre connaissait la menace stratégique des tunnels, n’a pas ordonné à l’armée israélienne de préparer un plan opérationnel, n’a pas informé le cabinet de sécurité et n’a pas dit la vérité à la population », a-t-il ajouté.

« Le pire, c’est que rien n’a été fait pour assurer que cela ne se produise plus », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Tzipi Livni, ancienne ministre de la Justice qui était membre du cabinet de sécurité pendant le conflit, a déclaré qu’Israël devait formuler une stratégie générale vis-à-vis de la bande de Gaza.

« Nous devons changer de pensée, fixer des cibles avant une opération et établir des efforts diplomatiques pour y mettre fin, a déclaré la députée de l’Union sioniste. Seule une combinaison du militaire et du diplomatique apportera la victoire. »

Amir Peretz, lui aussi député de l’Union sioniste et candidat à la présidence du Parti travailliste, a accusé Netanyahu d’avoir transformé le cabinet de sécurité en « navire vide à qui les informations essentielles sont cachées. »

Le président Reuven Rivlin a pour sa part appelé le gouvernement à étudier soigneusement le rapport et à mettre en œuvre ses recommandations.

Le président Reuven Rivlin à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Mark Neyman/GPO)
Le président Reuven Rivlin à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

« Les failles qui ont été révélées doivent être réparées. Ce n’est pas le moment d’échanger des coups. C’est le moment d’apprendre des conclusions du rapport, de les mettre en œuvre si nécessaire, et de renforcer Tsahal pour qu’elle puisse continuer à servir de barrière de défense pour nous », a déclaré Rivlin.

Dans la coalition, le ministre de l’Education Naftali Bennett, président du parti de droite HaBayit HaYehudi, qui a lourdement fait pression sur Netanyahu en faveur d’une opération terrestre pour détruire les tunnels pendant les premiers jours du conflit, s’est retenu d’applaudir le rapport, qui soutient sa position.

« Ce n’est pas un jour facile, il appelle à la responsabilité et à la sensibilité. J’étudierai la situation en profondeur et répondrai le moment voulu », a-t-il écrit sur Twitter.

Yoav Galant, ministre du Logement et ancien général, a déclaré que la guerre « est un signe d’avertissement. »

« Dans le futur, nous serons probablement confrontés à des défis opérationnels qui sont bien plus sérieux, dans le nord et dans le sud, en conséquence des progrès de nos ennemis et de leur refus à accepter notre existence sur ce territoire, a déclaré Galant. Nous apprendrons les leçons dans l’armée et dans l’appareil de défense, dans la manière dont opère le cabinet et dans la manière les deux [institutions] travaillent ensemble. »

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