Herzog rejette l’appel de Netanyahu à un gouvernement d’unité
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Herzog rejette l’appel de Netanyahu à un gouvernement d’unité

Sous pression au sein de son propre parti après l’échec des discussions avec le Premier ministre, le chef de l’opposition affirme qu’il est à présent trop tard pour un partenariat

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le chef de l'opposition et de l'Union sioniste Isaac Herzog (au centre), et le dirigeant de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, à la Knesset, le 2 septembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le chef de l'opposition et de l'Union sioniste Isaac Herzog (au centre), et le dirigeant de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, à la Knesset, le 2 septembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un jour après avoir combattu les menaces envers sa position de président du Parti travailliste, le chef de l’opposition Isaac Herzog a rejeté lundi le dernier appel du Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejoindre la coalition gouvernementale de droite, affirmant qu’un gouvernement d’unité n’était plus possible.

Netanyahu, qui affronte une crise de la coalition avec des critiques sévères de sa politique par le parti de droite HaBayit HaYehudi, a déclaré dimanche qu’il cherchait toujours à élargir le gouvernement. Mais Herzog, qui a été fustigé au sein de son parti ces derniers mois pour avoir négocié avec Netanyahu pour rejoindre la coalition, a catégoriquement rejeté cette idée lundi.

« Cette option a été épuisée, a déclaré Herzog à la radio militaire. Netanyahu a choisi de mettre en place un gouvernement de droite, un gouvernement qui promeut la peur et l’hystérie, ce qui est pourquoi il parle sans cesse. »

Herzog lutte pour maintenir sa carrière politique à flot, après des négociations pour un gouvernement d’unité que Netanyahu a rompues cette année. Plutôt que de faire entrer les 24 mandats de l’Union sioniste (composée du Parti travailliste et du parti Hatnuah de Tzipi Livni) d’Herzog dans le gouvernement, Netanyahu a humilié Herzog en invitant à sa place le parti de droite Yisrael Beytenu à la rejoindre.

Isaac Herzog, dirigeant du Parti travailliste, pendant une conférence du parti à Tel Aviv, le 31 juillet 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Isaac Herzog, dirigeant du Parti travailliste, pendant une conférence du parti à Tel Aviv, le 31 juillet 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

L’ancienne présidente du Parti travailliste, Shelly Yachimovich, a à nouveau critiqué lundi la direction d’Herzog, et déclaré qu’il avait échoué à positionner le parti comme opposition efficace. Elle a affirmé qu’il avait été prêt à rejoindre la coalition de Netanyahu sans engagement explicite du Premier ministre pour travailler à une solution à deux états au conflit palestinien.

Elle a également déclaré qu’elle espérait que l’on pourrait réellement compter sur Herzog pour rejeter les dernières ouvertures de Netanyahu, et a démenti qu’elle avait elle-même envisagé de rejoindre le gouvernement en échange d’un ministère économique important.

L'ex-dirigeante du Parti travailliste, la députée Shelly Yachimovich. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
L’ex-dirigeante du Parti travailliste, la députée Shelly Yachimovich. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Herzog a défendu lundi ses efforts précédents pour rejoindre le gouvernement dirigé par le Likud.

« J’ai fait ce geste en raison d’une opportunité qui s’était à l’époque présentée. Il [Netanyahu] a fermé la porte et est passé à autre chose. Je n’entrerai pas dans ce gouvernement », a-t-il déclaré sur la radio militaire.

La controverse avait déclenché des appels incessants à son éviction ces derniers mois, que Herzog a repoussés dimanche.

Des membres du Parti travailliste, pendant une conférence du parti à Tel Aviv, le 31 juillet 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des membres du Parti travailliste, pendant une conférence du parti à Tel Aviv, le 31 juillet 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Pendant un rassemblement houleux de quelque 1 500 membres du comité central du Parti travailliste à Tel Aviv, l’institution cruciale de prise de décisions a voté avec Herzog par 750 vois contre 402 pour le report d’une nouvelle élection pour la présidence du parti de décembre à juillet prochain.

La convention de Tel Aviv a connu un début chaotique avec des huées et des cris de « Bouji rentre à la maison » (Bouji est le surnom de Herzog), de la part de 200 manifestants dans le public.

Sa principale concurrente, Shelly Yachimovich, qui a déclaré il y a quelques mois que Herzog était un « caniche » en raison de ses efforts pour rejoindre la coalition de Netanyahu, a déclaré à la Deuxième chaîne dimanche que les cris pendant la conférence travailliste reflétait la réelle colère dans les rangs du parti.

Herzog a répliqué en accusant Yachimovich de nuire au parti en « créant une image de parti dysfonctionnel. »

Lundi, le parti HaBayit HaYehudi, partenaire crucial de la coalition, a sévèrement critiqué Netanyahu et a fustigé beaucoup de ses décisions politiques, dont la gestion de la réforme de l’Autorité de radiodiffusion d’Israël, la libération, dans le passé, de terroristes palestiniens, son retrait de la plupart de la ville de Hébron, en Cisjordanie, son ancien empressement à geler l’extension des implantations, et son soutien de principe à un état palestinien.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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