Heurts à l’enterrement de l’ado palestinien qui aurait été tué par des soldats
Rechercher

Heurts à l’enterrement de l’ado palestinien qui aurait été tué par des soldats

Selon sa famille, l'ado de 13 ans a été tué vendredi lors d'une manifestation en Cisjordanie - un incident "inacceptable", selon l'envoyé de l'ONU ; l'armée dit qu'elle enquêtera

Des Palestiniens lors des funérailles d'Ali Abu Aliya, 13 ans, qui aurait été tué par les soldats israéliens pendant des affrontements survenus à al-Mughair, un village situé près de Ramallah, en Cisjordanie, le 5 décembre 2020. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)
Des Palestiniens lors des funérailles d'Ali Abu Aliya, 13 ans, qui aurait été tué par les soldats israéliens pendant des affrontements survenus à al-Mughair, un village situé près de Ramallah, en Cisjordanie, le 5 décembre 2020. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Les funérailles, qui ont eu lieu samedi, d’un adolescent de 13 ans qui aurait été tué par des tirs israéliens, en Cisjordanie, ont été le théâtre d’affrontements entre les forces israéliennes de sécurité et les Palestiniens.

Des centaines de Palestiniens s’étaient réunis pour l’inhumation d’Ali Abu Aliya, dans le village d’al-Mughayyir – le même village où le jeune garçon avait été blessé à l’estomac lors d’une manifestation. Evacué à l’hôpital, il était décédé vendredi.

Des dizaines de personnes ont jeté des pierres en direction des soldats israéliens et ont brûlé des pneus pendant le rassemblement. Les militaires ont répondu en utilisant par intermittence des gaz lacrymogènes.

Dans la soirée de vendredi, l’envoyé politique des Nations unies dans la région avait indiqué avoir été « consterné » par la mort de l’adolescent. L’Etat juif doit « rapidement enquêter », de manière indépendante, sur « cet incident choquant et inacceptable, » avait écrit Nikolay Mladenov sur Twitter.

Commentant cette mort, l’armée israélienne a indiqué que « des dizaines d’émeutiers » avaient jeté des pierres sur les soldats israéliens et sur les membres de la police des frontières qui avaient répondu en utilisant des « moyens de dispersion des foules », et notamment des balles en caoutchouc. Elle a nié l’utilisation de balles réelles par ses troupes.

La famille de l’adolescent, de son côté, affirme que les médecins auraient expliqué que le jeune garçon avait été touché par des balles réelles.

La manifestation de vendredi voulait dénoncer l’établissement d’un nouvel avant-poste d’implantation au nord de Ramallah.

Des proches portent le corps d’Ali Abu Aliya, 13 ans, qui aurait été tué par des militaires israéliens pendant des affrontements avec des Palestiniens qui jetaient des pierres, au cours de ses funérailles dans le village d’al-Mughayyir, au près de Ramallah, en Cisjordanie, le 5 décembre 2020. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Les résidents locaux organisent depuis trois semaines des mouvements de protestation hebdomadaires contre l’avant-poste, près du village voisin de Kafr Malik, a déclaré au Times of Israel un proche de l’adolescent décédé, Mohammad Abu Aliya.

Les heurts entre jeunes Palestiniens et forces israéliennes entrant dans les secteurs contrôlés par les Palestiniens, en Cisjordanie, sont communs. Les militaires mènent souvent des opérations dans les villes palestiniennes pour y arrêter des individus soupçonnés de prévoir ou d’avoir mené des attaques.

Le Croissant rouge palestinien a fait savoir qu’Ali Aby Aliya avait été évacué à l’hôpital après avoir été grièvement blessé à l’estomac. Il était arrivé à l’hôpital dans un état critique et il avait succombé ultérieurement à ses blessures.

Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré que l’incident « sera examiné ». Le porte-parole a refusé de dire si Tsahal était directement responsable de la fusillade, notant seulement « avoir connaissance de cette accusation ».

Mohammad Abu Aliya a, pour sa part, affirmé lors de son entretien téléphonique avec le Times of Israel qu’il se trouvait lui-même dans l’hôpital de Ramallah quand le docteur était venu pour informer la famille d’Ali avait reçu une balle réelle à l’estomac.

Alors qu’il lui était demandé pourquoi un enfant pouvait avoir assisté à un tel événement, Abu Aliya a répondu que « quand il y a des échauffourées avec l’armée, la plus grande partie du village vient – même si ce n’est que pour regarder ».

« Des dizaines d’émeutiers ont jeté des pierres sur les militaires et sur les forces de la police des frontières et ils ont même tenté de faire tomber de grosses pierres et des pneus en feu depuis les crêtes qui surplombent la route d’Alon, mettant en péril la vie des personnes qui circulaient sur la route », a expliqué le porte-parole de l’armée.

Un autre Palestinien témoin des événements, et qui a refusé d’être identifié dans cet article, a reconnu que certains manifestants avaient jeté des pierres. Il a nié toutefois que les Palestiniens aient tenté de faire tomber des roches ou des pneus enflammés sur la route, qualifiant cette affirmation « d’insensée ».

Il a affirmé que les manifestants étaient éloignés de l’avant-poste et qu’ils se tenaient aussi loin des soldats, qui avaient commencé à disperser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogène dès le début de la manifestation.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a condamné la fusillade, la qualifiant de « crime atroce ».

« Ce crime montre la laideur de l’occupation contre des Palestiniens sans défense. C’est le dernier d’une série quotidienne de meurtres qui ne sauraient être tolérés », a dit Abbas dans un communiqué.

Quatre autres personnes ont, elles aussi, été blessées par des balles en caoutchouc, ont indiqué les responsables palestiniens.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...