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Hezbollah : Israël demande à l’Occident de conditionner son aide au Liban

Même avant les manifestations récentes, Jérusalem aurait demandé aux Etats-Unis et à l'Europe de ne pas aider Beyrouth tant que la milice chiite fait partie du gouvernement

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Les forces de sécurité libanaises à l'entrée du stade Al-Ahed, au sud de Beyrouth, durant une visite des sites de missiles présumés organisée par le ministre des Affaires étrangères libanais pour les ambassadeurs, le 1er octobre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ANWAR AMRO)
Les forces de sécurité libanaises à l'entrée du stade Al-Ahed, au sud de Beyrouth, durant une visite des sites de missiles présumés organisée par le ministre des Affaires étrangères libanais pour les ambassadeurs, le 1er octobre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ANWAR AMRO)

Alors que la crise politique ne montre aucun signe d’apaisement au Liban, des responsables israéliens ont fait savoir mercredi qu’ils avaient demandé à leurs partenaires au sein de la communauté internationale de conditionner toute aide apportée au pays à un passage à l’action, par Beyrouth, pour se débarrasser des armes avancées stationnées dans le pays.

« Lors de discussions discrètes avec des capitales variées, nous avons clairement établi que toute aide octroyée pour garantir la stabilité du Liban doit être conditionnée au traitement par le pays du problème des missiles de précision du Hezbollah », a expliqué un haut responsable qui s’exprimait sous couvert d’anonymat. « Tout ce qui ne prendra pas en compte cette exigence sera, à nos yeux, problématique », a-t-il ajouté.

Le ministère des Affaires étrangères a ordonné aux diplomates « des pays concernés », notamment européens et des Etats-Unis, « de souligner la nécessité de cesser de verser des aides au Liban tant que l’organisation terroriste du Hezbollah, soutenue par l’Iran, n’arrêtera pas de renforcer les capacités militaires qui pourraient prendre pour cible Israël », a ajouté le responsable.

Ces messages ont été transmis aux partenaires d’Israël même avant le début du mouvement de protestation qui agite actuellement le Liban, a-t-il relevé.

Jérusalem veille à ne pas s’impliquer dans la politique libanaise, a souligné le responsable, qui a noté que toute déclaration des officiels israéliens pouvait avoir des effets négatifs.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri s’adresse à la nation à Beyrouth, au Liban, le 29 octobre 2019. (AP/Hassan Ammar)

Cette semaine, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a mis en garde à plusieurs reprises contre l’installation de missiles par l’Iran dans toute la région, dans le but de pouvoir frapper Israël et d’autres régions.

« L’Iran veut utiliser l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen comme bases pour attaquer Israël avec des missiles statistiques et des missiles de précision », a-t-il déclaré, utilisant un terme qui se réfère aux munitions imprécises. « C’est un grand, grand danger ».

Mardi, le Premier ministre libanais Saad Hariri a démissionné quelques jours après le début d’une série de manifestations dans le pays contre le coût de la vie élevé. Les citoyens accusent également le gouvernement de corruption.

Les partisans du Hezbollah se sont livrés à des saccages à travers Beyrouth après la démission de Hariri.

Ce déchaînement du Hezbollah marque un tournant violent dans le mouvement de protestation libanais, qui a réclamé la démission du gouvernement et le renversement de la classe politique qui domine le pays depuis la guerre civile qui a eu lieu de 1975 à 1990.

Le gouvernement est dominé par des factions alliées au Hezbollah, le groupe terroriste puissant du pays.

L’AFP a contribué à cet article.

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