Hommage d’Israël à Rona Ramon, saluée par Netanyahu comme « héroïne de l’esprit »
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Hommage d’Israël à Rona Ramon, saluée par Netanyahu comme « héroïne de l’esprit »

Des étudiants inspirés par les projets de la Fondation Ramon rendent hommage à une femme qui les a encouragés à "voir plus loin pour créer une société meilleure"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rend hommage à Rona Ramon, au Centre Peres pour la paix et l'innovation à Tel Aviv, 19 décembre 2018 (Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rend hommage à Rona Ramon, au Centre Peres pour la paix et l'innovation à Tel Aviv, 19 décembre 2018 (Miriam Alster/Flash90)

Des milliers de personnes ont défilé devant le cercueil de Rona Ramon, la veuve de l’astronaute israélien Ilan Ramon, au Centre Peres pour la Paix et l’Innovation de Tel Aviv, mercredi matin.

« Je décrirais la vie de Rona Ramon comme une tragédie aux dimensions bibliques, mais elle était aussi une héroïne de l’esprit, de dimension biblique », a dit le Premier ministre Benjamin Netanyahu. « La perte d’Ilan et d’Asaf, sa disparition à un jeune âge, ce sont des coups cruels pour une famille splendide. »

Ilan Ramon, premier et seul astronaute d’Israël, a été tué dans la catastrophe de la navette spatiale Columbia en 2003. Six ans après l’accident de Columbia, leur fils Asaf, qui avait suivi les traces de son père pour devenir pilote de chasse de l’armée de l’air israélienne, a été tué dans un accident lors d’un entraînement.

Dans les années qui ont suivi, Rona Ramon est devenue elle-même une héroïne nationale pour son travail avec la Fondation Ramon et son leadership dans le processus de résilience après une tragédie. Rona Ramon, 54 ans, est décédée lundi après un combat d’un an contre le cancer du pancréas. Elle laisse dans le deuil trois enfants, Tal, Yiftah et Noa, et ses parents.

Un soldat présente ses derniers respects devant le cercueil de Rona Ramon, au Centre Peres pour la Paix et l’Innovation à Tel Aviv, le 19 décembre 2018. (Miriam Alster/Flash90)

« Ce qui a conquis le cœur de Rona, c’est l’autre aspect de cette situation difficile, et c’est la façon dont elle s’est redressée et a continué à travailler, non seulement comme une épouse ayant perdu son mari et comme une mère ayant perdu son fils, mais comme un leader qui a incité elle et les autres à travailler, créer, diriger pour cultiver l’excellence et les capacités de notre peuple et peut-être même dans chacun de nous et la capacité à élever ce niveau encore davantage », a ajouté Netanyahu.

Mercredi, des amis, des personnalités politiques, des militaires et des étudiants sont passés devant le cercueil en bois de Ramon, sous une photo où elle sourit, les bras tendus dans un paysage de montagne. Selon la Dixième chaîne, le type de cercueil était le même que celui utilisé pour transporter les restes de son mari en Israël à la suite de la catastrophe de Columbia.

Un grand nombre d’étudiants portaient des t-shirts des différents programmes liés à la Fondation Ramon, une organisation caritative fondée en l’honneur d’Ilan et Asaf Ramon.

« Nous sommes ici pour rendre hommage à Rona et à ses activités, ainsi qu’à son mode de vie, qui était de choisir la vie », a déclaré Oren Elkabetz, instructeur au Ramon Foundation’s Aviators Club, un programme qui jumelle des pilotes de l’armée de l’air et des écoles situées dans des quartiers difficiles pour promouvoir le leadership et la responsabilité sociale.

Rita Gorbunov, (deuxième à partir de la droite), et d’autres élèves du lycée Amal Bet à Petah Tikvah se recueillent devant le cercueil de Rona Ramon, au Centre Peres pour la Paix et l’Innovation à Tel Aviv, le 19 décembre 2018. (Miriam Alster/Flash90)

« Chaque fois qu’elle a dû choisir, elle a choisi la vie », dit Elkabetz. « Nous transmettons ce message aux enfants, nous travaillons avec eux pour créer une génération meilleure, plus forte et plus connectée, et même quand ils se retrouvent dans les pires situations, ils ont la possibilité de choisir la vie ».

Rita Gorbunov, 16 ans, de Petah Tikva, faisait partie du programme SpaceLab de la Fondation Ramon, un groupe qui a gagné un concours national pour la réalisation d’une expérience dans la Station spatiale internationale, avec la collaboration de la NASA. Sa classe du lycée Amal Bet a travaillé sur un projet de recherche visant à déterminer si les astronautes peuvent prendre des suppléments de calcium pour contrer le problème de l’ostéoporose, ou les problèmes de densité osseuse, qui découlent du temps passé en apesanteur. Après avoir remporté un concours national, leur projet de recherche a décollé dans l’espace en juin 2017. Malheureusement, les résultats n’ont pas été concluants, mais c’était aussi une expérience d’apprentissage, a dit Rita Gorbunov.

« Nous avons appris à travailler ensemble, à apprendre à demander l’aide d’experts, lorsque nous avions besoin de données de recherche provenant de médecins ou d’autres experts dans tout le pays », a-t-elle dit.

« Ce programme incite vraiment les enfants à voir plus loin », a déclaré Ofer Zitman, un professeur de physique qui dirige le programme SpaceLab à l’école de Gorbunov. « Il combine des aspects de biologie, de physique, de chimie. Et ce n’est pas seulement une question de connaissances personnelles et de curiosité – le programme valorise vraiment le fait de chercher des moyens d’aller au-delà du moment présent pour bâtir une société meilleure pour tous ».

Rona Ramon (G), veuve de l’astronaute israélien Ilan Ramon, est reçue à la Knesset, à Jérusalem, le 28 janvier 2008. (Flash90)

« Nos expériences sont vraiment là pour essayer de faire une différence, pour améliorer les voyages dans l’espace », a déclaré Noam Kuperman, 15 ans, qui fait partie de la classe SpaceLab actuelle à Amal Bet. Cette année, il travaille à une expérience visant à utiliser la bactérie E. coli, combinée au glucose et à d’autres produits chimiques, pour rendre l’utilisation du gaz à bord de la station spatiale beaucoup plus efficace. « Nous savons que nous allons remporter la compétition, et imaginez, la station spatiale va réaliser notre expérience ! », a-t-il déclaré. « Vous comprenez, on n’est qu’en seconde ! »

L’utilisation du gaz est l’un des plus grands défis qui limitent les voyages dans l’espace, a expliqué Kuperman à une amie de Rona Ramon à l’extérieur du Centre Peres, qui essuyait ses larmes.

« C’est exactement ce que Rona aurait voulu, emmener cette jeune génération dans l’espace, et aussi développer une façon de penser à l’ensemble de la société », a ajouté Didi Leibovitz Azararar, une amie personnelle de Ramon.

Rona Ramon a fait le nécessaire pour être incinérée après sa mort, afin d’épargner à ses enfants la douleur d’un autre enterrement, explique-t-elle. Rona a planifié de nombreux détails des cérémonies de mercredi, dont le choix d’exposer son cercueil au Centre Peres pour la Paix et l’Innovation.

« Sa relation avec mon père était très forte », a déclaré Chemi Peres, le fils de feu le président Shimon Peres. Chemi Peres a fait remarquer que son père avait signé l’accord spatial avec le président américain Bill Clinton dans les années 1990, qui a ouvert la voie à Ilan Ramon pour devenir le premier astronaute israélien.

Ilan Ramon a envoyé un courriel à Shimon Peres depuis l’espace, et en 2009, Shimon Peres a décoré Asaf Ramon de ses ailes de pilote, quelques mois seulement avant que ce dernier meure dans un accident lors d’un entraînement.

Asaf Ramon, (à droite), avec le président Shimon Peres lors de sa remise de diplômes à la base aérienne de Hatzerim en juin 2009, quelques mois avant sa mort. (Dudu Greenspan/Flash90)

« Nous avons vécu ces tragédies avec Rona, a ajouté Chemi Peres. Quelques mois avant sa mort, Rona Ramon a fait don d’un petit vestige d’un drapeau israélien qui a survécu à l’explosion de Challenger. « Il est étonnant que la partie exacte du drapeau qui a survécu soit l’Étoile de David », a fait remarquer Peres. « Elle nous l’a donné pour que lorsque le Centre Peres pour la Paix et l’Innovation sera inauguré en février, tout le monde puisse voir cette partie de l’histoire de l’innovation en Israël ».

Le drapeau se trouve dans une boîte d’exposition avec en arrière-plan une vidéo d’Ilan Ramon dans l’espace, flottant en apesanteur, les bras tendus dans une étreinte.

La famille Ramon a déclaré qu’elle observera la période traditionnelle de deuil de shiva au Centre Peres les jeudi, dimanche et lundi de 10h à 13h et de 17h à 19h.

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