Hommage rendu à des familles juives tuées dans un crash au Costa Rica
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Hommage rendu à des familles juives tuées dans un crash au Costa Rica

Les deux familles étaient connues pour leur implication dans des causes juives et philanthropiques

Bruce Steinberg, à gauche, avec son fils   William au camp de Seeds of Peace à Otisfield, dans le Maine. (Autorisation : Seeds of Peace)
Bruce Steinberg, à gauche, avec son fils William au camp de Seeds of Peace à Otisfield, dans le Maine. (Autorisation : Seeds of Peace)

NEW YORK (JTA) — La famille Steinberg, originaire de Scarsdale, dans la banlieue de New York, et la famille Weiss de Belair, en Floride, sont morts dimanche lorsque le petit avion qui les transportait s’est écrasé au nord-ouest de ce pays d’Amérique centrale peu après le décollage.

Les neuf victimes de ces familles ont figuré parmi les 12 personnes décédées – 10 touristes américains et deux membres de l’équipage local – dans l’accident qui s’est produit à Guanacaste. Les enquêteurs costaricains ont indiqué lundi que le crash devait avoir été causé par des vents forts ou par des problèmes mécaniques, selon l’AP.

Les proches des membres des familles Steinberg et Weiss ont parlé mardi à JTA de l’engagement philanthropique des victimes.

Les Steinberg — Bruce, banquier d’investissement, son épouse Irène et leurs trois enfants, Matthew, 13 ans, William, 18 ans, qui était étudiant à l’université de Pennsylvanie et Zachary, 19 ans, étudiant à l’université Johns Hopkins – fréquentaient le temple réformé Westchester de Scarsdale.

Ils étaient impliqués dans des causes juives et de justice sociale, notamment à l’UJA – Fédération de New York, à l’AJC (American Jewish Committee) et dans le groupe Seeds of Peace.

William avait aidé à introduire sa famille au sein de Seeds of Peace, une organisation qui fait la promotion de la résolution des conflits, notamment entre Israéliens et Palestiniens. Il s’était rendu dans un camp du mouvement au cours de l’été 2015 dans le Maine où il s’était consacré au dialogue entre Indiens et Pakistanais, ainsi qu’à une session de leadership en 2016 et à un voyage organisé cet été à Jérusalem. La famille Steinberg soutenait l’organisation et se rendait à des événements caritatifs.

Un participant des mêmes programmes, Paul Guenther, 18 ans, s’est souvenu de William comme d’une personnalité solidaire et profondément attentionnée.

« Il était un vrai mentor et un vrai soutien au camp pour moi », a dit Guenther.

Guenther, qui n’est pas juif, a déclaré que William lui avait enseigné le judaïsme lors du voyage organisé à Jérusalem cet été. Lors d’un dîner du Shabbat, William avait aidé le groupe à mener les célébrations et au cours d’une visite du mur Occidental, il avait aidé à orienter Guenther sur la manière de se conduire.

« Il m’a dit ce qu’il fallait que je fasse pour ne pas me faire remarquer », a raconté Guenther.

William voulait faire une carrière dans les affaires internationales et pensait que des compétences acquises en résolution des conflits pourraient lui servir de tremplin.

« Il pensait beaucoup à travailler en faveur de la paix au Moyen-Orient, soit au département d’Etat, soit dans un think-tank ou dans une ONG », a indiqué Clarke Reeves, manager des programmes et du développement au sein de l’organisation Seeds of Peace.

« Il avait le sentiment que le programme à Jérusalem, les séminaires de médiation et de négociations, pourraient poser d’une certaine manière pour lui les bases de la politique publique et de la citoyenneté globale pour toute sa vie ».

Les efforts livrés par Irène Steinberg en faveur de l’UJA-Fédération of New York comprenaient son travail au bureau des femmes de Scarsdale. Elle était chargée de sensibiliser au travail mené par l’organisation, participait aux collectes de fonds et organisait des événements.

Irène Steinberg, complètement à droite, à l’UJA-Fédération de New York lors d’un événement inaugural à Scarsdale avec le docteur Ruth Westheimer, le 26 octobre 2017 (Autorisation : UJA-Federation)

Irène, qui avait précédemment travaillé dans le secteur du social, nourrissait une passion pour Israël et pour la justice sociale, a expliqué Tali Strom, haut-responsable du développement à l’UJA-Fédération.

« Elle était vraiment quelqu’un qui voulait faire la différence dans ce monde et se réveillait chaque jour pour y parvenir, et elle le faisait pour l’UJA », a ajouté Strom. « Elle a élevé trois garçons qui marchaient dans ses pas. Ils formaient une famille incroyable ».

La famille Weiss — Mitchell et Leslie, tous deux médecins, leur fille Hannah, 19 ans, et leur fils Ari, 16 ans – appartenaient à la Congrégation Bnai Israel de St. Petersburg, en Floride.

Hannah Weiss — étudiante en deuxième année inscrite à un programme conjoint à l’université de Columbia et au List College, l’école de premier cycle du Séminaire théologique juif (JTS) – était profondément soucieuse de l’environnement.

Sur le campus, elle s’impliquait dans quelques organisations faisant la promotion du développement durable et elle espérait être diplômée dans cette spécialité et dans la pensée juive, a expliqué Shuly Rubin Schwartz, doyenne des études de premier et deuxième cycles au JTS. Hannah avait également été bénévole pendant un été dans un élevage de chèvre produisant des fromages biologiques en Israël.

« Elle tentait d’aller à l’essentiel pour rendre le monde meilleur », a ajouté Schwartz. « Elle le faisait vraiment de toutes les manières possibles pour elle. Elle n’était qu’une élève de premier cycle, elle n’en était qu’à son troisième semestre, mais elle était véritablement une étoile décidée à monter vers le ciel ».

Hannah avait mené un travail de groupe pour présenter le compostage à sa résidence universitaire, s’est rappelé Jessica Jobanek, directrice de la vie juive au List College, qui a ajouté que Hannah ne craignait pas de se battre pour ce en quoi elle croyait. Durant Soukkot, cette année, elle s’était approchée du chancelier du JTS, Arnold Eisen, pour l’entretenir de son travail pour améliorer le développement durable au sein de l’établissement.

« Je me souviens en fait d’avoir été frappée par l’audace et le courage qu’elle avait montrés en tant qu’étudiante de premier cycle d’aller présenter sa vision au chancelier du JTS — de manière totalement respectueuse et appropriée », a dit Jobanek, qui avait rencontré Hannah avant son travail au List College, lorsque toutes deux étaient enseignantes à l’école hébraïque de Bnai Jeshurun à Manhattan.

Avant de partir à New York, Hannah avait passé des étés au Camp Ramah Darom, un camp conservateur à Clayton, en Georgie. Ari Weiss était également présent.

Ari Weiss en concert au camp Ramah Darom à Clayton, Georgie. (Autorisation : Camp Ramah Darom)

« Ils étaient des étoiles tous les deux, des personnalités scintillantes », a commenté le directeur du camp Geoff Menkowitz en évoquant le frère et la soeur. « C’est une perte énorme qui, aujourd’hui, nous met en état de choc et nous brise le coeur ».

Alors qu’elle campait, Hannah s’était impliquée dans le jardinage biologique et les programmes de développement durable.

« Cela a été l’une des choses qui lui ont donné l’envie de devenir une telle avocate en faveur des questions environnementales et de justice sociale », a ajouté Menkowitz.

Ari, pour sa part, avait illuminé le camp par sa musique. Il jouait de la guitare, de la basse et du piano lors de concerts.

« Ce n’est pas exagéré de dire qu’il était une rock star, » s’est exclamé Menkowitz.

Ces talents avaient rendu Ari populaire dans le camp, même parmi ceux qui ne figuraient pas dans son cercle immédiat d’amis.

« C’est une force rare d’avoir un élève de troisième ou de seconde qui peut ainsi enthousiasmer le personnel ou les conseillers », a continué Menkowitz. « Les gens ne se contentaient pas d’applaudir poliment. Il avait des fans qui étaient de vrais fans ».

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