Hongrie : appel à l’arrêt des recherches des victimes de la Shoah dans le Danube
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Hongrie : appel à l’arrêt des recherches des victimes de la Shoah dans le Danube

Le groupe Mazsihisz exhorte les Israéliens, soutenus par des organisations locales orthodoxes et hassidiques, de ne pas perturber inutilement les morts, en violant la loi juive

Des bougies brûlent devant les chaussures en fonte du Mémorial de la Shoah sur le quai du Danube, pendant la Journée internationale de commémoration de la Shoah à Budapest, Hongrie, le mercredi 27 janvier 2016 (Balazs Mohai/MTI via AP)
Des bougies brûlent devant les chaussures en fonte du Mémorial de la Shoah sur le quai du Danube, pendant la Journée internationale de commémoration de la Shoah à Budapest, Hongrie, le mercredi 27 janvier 2016 (Balazs Mohai/MTI via AP)

La plus grande organisation juive hongroise a appelé à mettre un terme à une opération menée par Israël pour retrouver les restes des victimes de la Shoah qui ont été abattues et jetées dans le Danube à Budapest pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un examen par sonar du fond du Danube, mardi, n’a révélé aucun ossement humain, mais l’équipe chargée de l’utilisation du sonar aurait l’intention de revenir le mois prochain pour un autre examen.

Lundi, le ministre israélien de l’Intérieur Aryeh Deri a annoncé que son homologue hongrois avait accepté de permettre à Zaka, l’organisation des services d’urgence et d’identification des victimes, de parcourir la rivière pour y trouver ce genre de restes.

Zaka a déclaré que ses actions ont été entreprises à la demande de groupes locaux orthodoxes et hassidiques.

Mais la Fédération des communautés juives hongroises, Mazsihisz, a déclaré jeudi qu’il valait mieux laisser les morts en paix.

Un plongeur de ZAKA explique au ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, la procédure de recherche des restes des victimes de la Shoah dans le Danube en Hongrie, en janvier 2019. (Avec l’aimable autorisation de ZAKA)

Elle a fait valoir que les perspectives de localiser les ossements dispersés dans l’un des plus longs fleuves d’Europe après plus de 75 ans étaient minces et qu’il était alors « impossible » d’identifier ces os et de les relier à des individus spécifiques.

« Déranger les morts est une question complexe et délicate. Il est vain de chercher des ossements éventuels », a déclaré l’organisation, ajoutant que cela « violerait la paix et la dignité des morts Juifs ou des Gentils découverts pendant la recherche » et “violerait la halakha”, la loi religieuse juive.

Une jeune fille juive hongroise, couverte d’un drapeau israélien, devant le mémorial de chaussures commémorant les victimes de la Shoah sur la rive du Danube lors de la commémoration de la Journée de la Shoah en Hongrie, mercredi 16 avril 2008 à Budapest (AP Photo/Bela Szandelszky)

« Notre communauté a été déconcertée en apprenant la recherche, en particulier le transfert [prévu] en Israël de tous les restes trouvés », a déclaré Mazsihisz, car cela « ignore les considérations halakhiques qui se posent et déprécie la diaspora juive en Hongrie ».

Le responsable du projet de Zaka, Ilan Berkovich, a répondu à Reuters que les recherches se poursuivront sauf si les dirigeants orthodoxes et hassidiques le demandent.

« Je suppose que cela a plus à voir avec la politique interne de ces organisations ; nous essayons de rester à l’écart », a-t-il ajouté.

La Hassidic Unified Hungarian Israelite Congregation considère la recherche comme « juste », disant qu’il y a une obligation morale de ré-enterrer un corps trouvé dans une tombe inondée.

Des milliers de Juifs ont été assassinés sur les rives du Danube par des membres du Parti des Croix fléchées allié aux nazis hongrois en 1944. Les victimes faisaient partie des quelque 600 000 Juifs hongrois exterminés pendant la Shoah.

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