Horowitz : l’annexion de la Cisjordanie créerait « une sorte d’apartheid »
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Horowitz : l’annexion de la Cisjordanie créerait « une sorte d’apartheid »

Le dirigeant de gauche estime qu'Israël devrait s'associer à l'AP d'Abbas en vue d'un État : "Nous travaillons quotidiennement avec eux sur la coordination sécuritaire"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Nitzan Horowitz, le chef du Meretz. (Crédit : Flash90)
Nitzan Horowitz, le chef du Meretz. (Crédit : Flash90)

Le chef du Camp démocratique, Nitzan Horowitz, a mis en garde dimanche contre le projet du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer certaines parties de la Cisjordanie, arguant qu’une telle démarche risquait de transformer Israël « en une sorte d’État d’apartheid ».

S’exprimant au cours d’une interview en public organisée notamment par le Times of Israel et le salon international de Tel Aviv, Horowitz a expliqué que son union de gauche – formée du Meretz, du Parti démocrate de l’ex-Premier ministre Ehud Barak et de l’ancienne travailliste Stav Shaffir – apportait son soutien à la « réalisation d’un plein accord de paix visant à créer un État palestinien viable aux côtés d’Israël ».

Adressant une pique à l’alliance constituée du Parti travailliste et de Gesher, il a expliqué que le Camp démocratique était la seule liste à se définir comme étant de gauche, offrant tout son soutien à un État palestinien ainsi qu’aux droits des minorités et au pluralisme religieux en Israël.

« La signification de l’annexion de millions de Palestiniens privés de droits sous contrôle israélien, c’est qu’Israël ne serait plus juif parce que le pays n’aurait plus de majorité juive et qu’Israël ne serait plus une démocratie. Il s’agirait d’une sorte d’État d’apartheid. Il y aurait des citoyens de catégorie C. Et c’est inacceptable », a déclaré Horowitz au sujet des projets d’annexion d’une partie ou de toute la Cisjordanie.

Interviewé par le rédacteur en chef du Times of Israel, David Horovitz, il faisait référence à la fois aux propos tenus par Netanyahu, ces derniers jours, qui a fait part de sa volonté d’annexer la vallée du Jourdain et toutes les implantations, et au projet du député de Yamina, Naftali Bennett, qui a fait savoir qu’il prévoyait d’annexer les 60 % de la Cisjordanie désignés comme la zone C. Bennett avait présenté son point de vue lors d’un entretien similaire avec le rédacteur en chef du Times of Israel peu avant.

Le chef du Camp démocratique Nitzan Horovitz, à gauche, interviewé par le rédacteur en chef du Times of Israel David Horovitz à Tel Aviv, le 15 septembre 2019 (Crédit : Tel Aviv International Salon)

Insistant sur le fait que l’Autorité palestinienne était un partenaire de paix, le chef du Camp démocratique a affirmé que « l’accord doit être conclu avec l’Autorité palestinienne de Ramallah. Ses responsables sont nos partenaires depuis 25 ans. Nous travaillons avec eux au quotidien, sur la coordination sécuritaire. Ils ont clamé ouvertement qu’ils reconnaissaient Israël et qu’ils voulaient une solution à deux États ».

Interrogé sur la confiance à donner à un tel accord – dans la mesure où un nouveau chef palestinien, potentiellement plus radical, pourrait prendre la suite du président de l’AP, Mahmoud Abbas, aujourd’hui âgé de 84 ans – Horowitz a répondu qu’une telle éventualité renforçait au contraire la nécessité de faire la paix maintenant.

« Alors qu’attendons-nous, qu’Abbas meurt ? Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre. Abbas est un dirigeant modéré, quelqu’un le remplacera. Ce n’est pas avec une personne qu’un accord va se conclure, c’est avec le pays », a-t-il dit, soulignant l’existence de l’accord de paix signé avec l’Égypte, il y a 40 ans, et qui a survécu à l’assassinat du président égyptien Anwar Sadat.

Au sujet des méthodes de campagne de Netanyahu, Horowitz a vivement critiqué le Premier ministre pour ce qu’il a qualifié de « campagne acharnée visant à porter atteinte à la gauche et aux médias », comparant cette tactique à celles utilisées par le président américain Donald Trump.

Ancien journaliste ayant couvert les élections américaines en 2016 pour la Douzième chaîne pendant une brève coupure de la vie politique, Nitzan Horowitz a estimé « j’ai assisté quotidiennement à la campagne de Trump. Il s’adonnait aux mêmes rituels que Netanyahu tous les soirs sans exception – calomnier les médias et y apparaître ».

Il a ajouté sans équivoque que le chef du Likud « doit retourner chez lui. Il a servi plus longtemps que Ben Gurion. Il est temps que ça change – ce n’est pas sain, dans une démocratie, qu’un dirigeant reste aussi longtemps au pouvoir. Ça corrompt ».

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