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Huldaï remporte un 5e mandat, Sabag traite les habitants de Nahariya d’ingrats

Pas de deuxième tour entre Asaf Zamir et son patron à la barre de la ville depuis 1998 ; Miriam Feirberg-Ikar remporte aussi son 5e mandat, en dépit d'accusations pour pots-de-vin

Le maire de Tel Aviv  Ron Huldaï met son bulletin dans l'urne, le 30 octobre 2018 (Crédit :  Tomer Neuberg/Flash90)
Le maire de Tel Aviv Ron Huldaï met son bulletin dans l'urne, le 30 octobre 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le maire de Tel Aviv Ron Huldai a remporté un cinquième mandat à la tête du pôle économique du pays avec une confortable avance, parvenant à repousser l’assaut de son ancien adjoint devenu son adversaire, Asaf Zamir.

Alors que 58 % des votes avaient été dépouillés, Huldaï maintenait son avance en engrangeant 45 % des voix contre 35 % en faveur d’Amir, qui était toutefois parvenu à réduire l’écart avec le maire en exercice dans les sondages au cours de ces dernières semaines.

Zamir a reconnu sa défaite dans la matinée de mercredi dans un discours prononcé devant ses partisans, disant qu’il était « fier de sa campagne propre » et jurant de continuer à travailler pour influencer la politique dans la ville.

Huldaï, 74 ans, une personnalité populaire, est maire depuis 1998 et, jusqu’à présent, sa présence à la barre de Tel Aviv n’a jamais été sérieusement mise en danger. Selon la loi, il devra se retirer à la fin de son prochain mandat, en 2023.

Fondateur et président du parti HaIr, Zamir est sorti d’une obscurité presque totale ces derniers mois depuis l’annonce improbable de sa candidature aux élections municipales, et sa présence au scrutin avait pu faire croire à la possibilité d’un deuxième tour.

Une affiche de campagne du candidat à la mairie de Tel Aviv Asaf Zamir à Tel Aviv, le 28 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Selon la loi israélienne, un candidat à la mairie doit récolter au moins 40 % des voix. Un deuxième tour a lieu le cas échéant avec les deux candidats en tête des votes pour les départager.

Le comédien Assaf Harel (13 %) et l’adjoint au maire du parti Shas Natan Elnatan (7 %) restent tous les deux largement distancés.

Zamir, 38 ans, avait été accusé de « capitalisme clientéliste » en raison de son mariage avec l’actrice Maya Wertheimer et de ses liens avec le grand-père de cette dernière, Stef Wertheimer, un milliardaire qui a fondé des entreprises de fabrication d’outillage et un certain nombre de parcs industriels et qui a personnellement financé une partie de la campagne municipale.

Huldaï, 74 ans, avait largement remporté les quatre dernières élections municipales, bénéficiant de 51% à 62% des voix. Le plus grand défi à la domination de Huldaï, dans le passé, avait été la candidature du député Dov Khenin (Hadash) qui s’était présenté sur une plate-forme qui s’était concentrée sur les questions sociales et environnementales, drainant 34 % des voix. Huldaï, lui, s’était maintenu à la tête de la municipalité avec
51 %.

Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, pendant une conférence sur l’éducation dans sa ville, le 26 mai 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Huldaï est né en 1944 au kibboutz Hulda, dans le centre d’Israël, dont il tire son nom. Il a passé une longue carrière dans l’armée et il a été le principal du prestigieux lycée Herzliya Gymnasium de Tel Aviv pendant six ans avant de devenir le maire de la municipalité.

A son poste, il s’est attaqué à des projets majeurs d’infrastructure, comme la rénovation totale de la promenade qui jouxte la plage et il est parvenu à attirer des entreprises high-tech à Tel Aviv. De nombreux résidents sont toutefois désemparés face au coût de la vie qui a grimpé en flèche et aux prix de l’immobilier inabordables.

Huldai, un fidèle du parti travailliste, a obtenu un fort soutien de la part de la minorité des seniors de Tel Aviv tout en parvenant à conserver le vote d’un grand nombre de jeunes électeurs.

Sur un grand nombre de dossiers, Zamir et Huldaï partagent la même idéologie. Les deux veulent des prix de l’immobilier revus à la baisse, l’amélioration des transports publics et faire de la ville israélienne la plus chère un lieu plus accessible.

La maire de Netanya victorieuse malgré les soupçons

A Netanya, la maire de longue date, Miriam Feirberg-Ikar, a remporté un cinquième mandat en dépit d’accusations pour pots-de-vin à son encontre. Feirberg-Ikar, qui a drainé 50 % des votes, a battu facilement un certain nombre d’autres candidats avec une marge très confortable, notamment l’ancien député Yoni Chetboun (28 %).

Miriam Feirberg-Ikar, maire de Netanya, pose pour une photo dans une rue de Netanya, le 6 mars 2017. (Nati Shohat/Flash90)

Feirberg-Ikar — qui, en 2013, avait rassemblé le chiffre astronomique de 72 % des voix – est au coeur d’une enquête de corruption qui remonte en 2016. Les procureurs doivent encore prendre la décision de l’inculper ou d’abandonner les accusations.

Les médias en hébreu ont suggéré qu’il pouvait y avoir des disparités probantes dans le dossier, qui se concentre sur une fraude et des abus de confiance présumés à l’avantage de promoteurs immobiliers.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a soutenu Feirberg-Ikar, l’a félicitée mercredi matin, disant ne pas être surpris par les résultats.

Ingrats après toute ces années

Après trente années passées à la barre de Nahariya, le maire Jacky Sabag a été balayé par son challenger, Ronen Marley, ne remportant que 23 % des voix contre 62 % pour Marley.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri (G) avec le maire de Nahariya Jacky Sabag le 8 décembre 2016. (Yaacov Cohen/Flash90)

Furieux à l’annonce des résultats, Sabag a indiqué à ses partisans que « malheureusement, après 30 ans, j’en viens à la conclusion que les habitants de Nahariya sont ingrats ».

Sabag, 74 ans, a lui aussi connu des déboires judiciaires. En 2004, il a été condamné pour avoir rejeté les eaux usées de sa ville dans la mer Méditerranée et il a écopé d’une amende de
8 000 shekels.

Ce maire, qui sera resté le temps de trois mandats, a encore une fois retenu l’attention de la police au mois de juillet 2018. Il a été interrogé dans le cadre d’un dossier pour abus de confiance présumé, une enquête qui, selon les médias en hébreu, remonte à 2013 et reste ouverte.

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