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HyperCacher : l’avocat de Hermant a déposé plainte contre des gendarmes

Claude Hermant, ancien indic' des gendarmes, aurait fourni indirectement des armes à Amédy Coulibaly

Un soldat français déployé devant la plaque commémorative du supermarché HyperCacher de Paris, le 4 janvier 2016. (Crédit : Thomas Samson/AFP)
Un soldat français déployé devant la plaque commémorative du supermarché HyperCacher de Paris, le 4 janvier 2016. (Crédit : Thomas Samson/AFP)

L’avocat de Claude Hermant, en détention provisoire pour trafic d’armes et « indic » des gendarmes, a annoncé mardi avoir déposé plainte à Lille contre trois gendarmes pour « mise en danger d’autrui » dans le cadre de l’enquête sur le circuit des armes fournies au tueur de l’Hyper Cacher Amédy Coulibaly.

Claude Hermant, proche des milieux d’extrême droite, était un indicateur des douanes « pendant plusieurs années » avant de le devenir pour la gendarmerie en 2014, a expliqué Me Maxime Moulin lors d’une conférence de presse à Roubaix.

« Sa tâche était de servir son pays et il devait donner des informations aux gendarmes concernant des délinquants de tout poil », a-t-il dit. Dans le cadre d’une mission d’infiltration, il a récupéré des armes « neutralisées » de Slovaquie, c’est-à-dire ne pouvant tirer qu’à blanc.

Or une partie de ces armes, qui auraient échappé à un contrôle sur l’autoroute fin 2014 entre le Nord et Paris, auraient en bout de chaîne fini entre les mains du terroriste : « on a des PV d’instruction qui font le lien entre les armes commandées par mon client et les armes utilisées par Coulibaly », a affirmé Me Moulin.

Amedy Coulibaly prête allégeance à l'Etat islamique. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Amedy Coulibaly prête allégeance à l’Etat islamique. (Crédit : capture d’écran YouTube)

L’avocat voudrait savoir « comment des armes qui partent de Lille arrivent à Paris, échappent une première fois à la gendarmerie, avec un loupé semble-t-il à un péage, qui les réactive et quel est leur cheminement final jusqu’à Coulibaly ».

L’avocat regrette que les rapports de contacts entre les gendarmes de Villeneuve-d’Ascq et Hermant n’aient pas été déclassifiés. « Si on ne peut pas avoir ces rapports on va demander directement aux gendarmes de s’expliquer », a dit Me Moulin. Il dit avoir déposé plainte le 28 avril auprès du parquet de Lille contre trois gendarmes et deux agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED).

« On a demandé à mon client d’entrer en contact avec des personnes peu fréquentables. […] On a abandonné un soldat en rase campagne », a-t-il justifié.

Lors d’une audition en janvier 2015 à Lille, Claude Hermant assurait qu’il agissait en lien avec un service de gendarmerie mais que n’ayant plus de nouvelles de ses agents traitants, il avait « continué à travailler » avec un trafiquant présumé, soupçonné d’avoir joué un rôle dans la vente des armes détenues par Coulibaly.

Hermant, 54 ans, pourrait sortir fin mai après deux ans et demi de détention provisoire selon son avocat. Placé en garde à vue la semaine dernière dans l’enquête sur les attentats de janvier 2015 à Paris, il n’a pas été mis en examen dans ce dossier.

Dans la nuit de vendredi à samedi, trois personnes ont été mises en examen dans le circuit des armes fournies aux frères Kouachi et à Coulibaly.

Au lendemain de l’assassinat d’une policière municipale, Coulibaly avait exécuté quatre personnes, Yohan Cohen, Philippe Braham, François-Michel Saada, Yoav Hattab, dans un supermarché casher à Paris, avant d’être tué.

Les quatre victimes de l'Hyper Cacher, de gauche à droite : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham. (Crédit : autorisation)
Les quatre victimes de l’Hyper Cacher, de gauche à droite : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham. (Crédit : autorisation)

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