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Idaho : un républicain tente de faire élire un antisémite à la tête des Démocrates

Le président de la commission des jeunes républicains du comté de Kootenai avait convaincu ses collègues de changer de parti afin de faire élire un antisémite à la présidence démocrate

Une photo de campagne de David Reilly, qui s'était présenté aux élections d'un conseil scolaire dans l’ouest de l’Idaho, en 2021. (YouTube via la JTA)
Une photo de campagne de David Reilly, qui s'était présenté aux élections d'un conseil scolaire dans l’ouest de l’Idaho, en 2021. (YouTube via la JTA)

Dave Reilly est un militant d’extrême droite de longue date avec des antécédents de déclarations antisémites, racistes et misogynes.

Il serait donc difficile de l’imaginer à la tête du Parti démocrate.

C’est pourtant exactement ce qu’un chef du Parti républicain, dans l’ouest de l’Idaho, a tenté de faire dans ce qui se révèle être un stratagème révélé pour la première fois, jeudi, par le journal Coeur d’Alene/Post Falls Press.

Dan Bell, président de la commission des jeunes républicain du comté de Kootenai, a tenté de fédérer ses collègues républicains afin qu’ils changent de parti et deviennent présidents démocrates dans une majorité de 73 circonscriptions locales. Selon le plan, les faux présidents démocrates étaient ensuite supposés élire Reilly président de parti. Il était prévu que la controverse qui s’ensuivrait de cette élection détourne l’attention de cette prise de contrôle malhonnête des Démocrates par les Républicains.

Reilly, qui avait pris part à la marche meurtrière des suprémacistes blancs à Charlottesville, en Virginie, en 2017, avait déclaré que « tous les Juifs sont dangereux » et que « les Juifs prétendent être blancs quand cela leur convient ». Il avait attiré les projecteurs sur lui en octobre dernier pour s’être présenté, sans succès, au scrutin pour une commission scolaire dans l’Idaho.

En substance, Bell aurait confié à un autre républicain, lors d’une conversation téléphonique d’une durée de 30 minutes que le journal local a rapporté, que les antécédents provocateurs de Reilly faisaient de lui le bouc émissaire idéal.

« Ce type qu’ils trouvent raciste, antisémite, négationniste, Dave, ce type deviendrait président du parti démocrate de Kootenai [sic] », aurait déclaré Bell lors de la conversation téléphonique.

« Ils attaqueront », aurait-t-il déclaré, évoquant les Démocrates et médias qui ne manqueraient pas de s’indigner de la manœuvre. « Ils n’auront ni le temps ni les ressources pour s’en prendre à 30 ou 40 personnes », soit les Républicains qui seraient élus aux présidences démocrates. « Ils s’en prendront aux cibles à leur portée. Ils s’en prendront à Dave. »

En 2014 déjà, les Républicains du comté de Kootenai avaient tenté de détourner le Parti démocrate local, d’autant plus vulnérable qu’il est épars au sein d’une région fortement républicaine. Ils n’étaient pas parvenu à leurs fins.

Bell aurait déclaré, au cours de la conversation téléphonique, agir indépendamment de ses fonctions au sein de la commission républicaine, mais avec le soutien de son président, Brent Regan. Il aurait précisé travailler à ce projet en compagnie de cinq autres personnes. Bell n’a pas répondu à la demande de commentaire formulée par Jewish Telegraphic Agency.

Dans un courriel, Regan a déclaré, s’agissant de cette affaire, que Bell n’avait agi ni à titre officiel, ni sous les auspices de la commission républicaine.

Rob Barrans, vice-président de la commission républicaine, a déclaré dans un courriel séparé que ni la commission ni Regan n’avaient joué de rôle dans cette affaire.

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