« Il m’a regardée dans les yeux », explique la policière blessée dans une attaque
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« Il m’a regardée dans les yeux », explique la policière blessée dans une attaque

Shani Orr Hama Kadosh a insisté sur le fait que l'attaque à la voiture-bélier survenue mardi en Cisjordanie était délibérée, après que des questions ont été soulevées

Shani Orr Hama Kadosh, une officière de la police aux frontières qui a été blessée dans une attaque présumée au bélier le 23 juin 2020, parle le l'incident dans un interview le lendemain .(Capture d'écran : Treizième chaîne)
Shani Orr Hama Kadosh, une officière de la police aux frontières qui a été blessée dans une attaque présumée au bélier le 23 juin 2020, parle le l'incident dans un interview le lendemain .(Capture d'écran : Treizième chaîne)

Mercredi, une policière des frontières s’est exprimée sur une attaque présumée à la voiture-bélier qui s’est déroulée la veille en Cisjordanie et au cours de laquelle elle a été blessée. Elle a insisté sur le fait que l’acte était délibéré après que des questions ont été soulevées sur la réaction de la police.

Shani Orr Hama Kadosh a été légèrement blessée. L’acte s’est produit à un barrage à Abu Dis, à proximité de Jérusalem.

« Je lui ai fait signe de s’arrêter, la voiture a commencé à ralentir, et je suis allée dans sa direction », a déclaré Kadosh à la Treizième chaîne. « Il m’a vue faire un pas, il m’a regardée dans les yeux, il a braqué les roues et m’a foncé dessus, et j’ai été projetée de l’autre côté » du terre plein central.

« Les soldats ont compris ce qui se passait, ils m’ont entendue crier et se sont aussitôt tournés dans sa direction. Ils l’ont vu se diriger vers eux, ils ont armé leurs fusils et lui ont tiré dessus », a déclaré Kadosh.

« Au départ, je n’ai pas compris quand il me regardait, et ce n’est que quand j’ai été projetée que j’ai compris qu’il s’agissait d’une attaque », a-t-elle déclaré.

L’assaillant présumé, Ahmad Moustafa Erekat, âgé de 28 ans, a été abattu sur place.

Mercredi, la Police aux frontières a publié les images de vidéo surveillance de l’incident, alors que des officiels ont démenti les accusations selon lesquelles les soldats avaient tué Erekat sans motif.

Dans la vidéo, on peut voir la voiture s’approcher du barrage avant d’accélérer brusquement et se diriger vers un groupe de policiers. La voiture percute Kadosh, qui est projetée en arrière, fonce dans une cabine et se retrouve bloquée.

Alors que le conducteur sort du véhicule, il semble commencer à prendre la fuite, mais tombe rapidement au sol après avoir été touché.

« Il a attendu un bon moment, il s’est écarté de la voie afin de prendre un meilleur angle pour blesser l’officière et a ensuite accéléré. Il a tourné sa voiture de 90 degrés et s’est lancé sur les officiers », a rapporté un communiqué de la Police aux frontières.

Dans une deuxième vidéo publiée mercredi, on peut voir Erekat dans sa voiture, discutant de rumeurs selon lesquelles il aurait collaboré avec les forces de sécurité israéliennes. Dans la vidéo, il jure qu’il ne « pas être une balance ». Certains médias israéliens ont affirmé que la vidéo avait été tournée peu avant l’incident. Mais selon la chaîne Kan, la famille d’Erekat a déclaré que la vidéo remonterait à plusieurs mois.

Dans ses commentaires aux médias israéliens, la Police aux frontières a démenti les accusations selon lesquelles Erekat avait été tué de sang-froid.

« Malheureusement, ces dernières heures, plusieurs parties ont choisi de présenter l’événement d’une manière totalement déformée et non pas comme une attaque à la voiture-bélier. [Ces parties] ont sali l’image des officiers et [cherché à] couvrir les actes graves du terroriste », a déclaré la Police aux frontières.

Ahmed Erekat. (Autorisation)

Dans la deuxième vidéo qui a circulé mercredi sur les réseaux sociaux, on peut voir Erekat dans sa voiture en train de dire : « Votre frère n’est pas une balance. Je n’ai jamais trahi la patrie. »

Il semble faire référence à des officiels ou des agents israéliens qui feraient pression sur lui, « [en tentant de] lui créer des problèmes » après avoir publié sa photo sur la page Facebook du COGAT, l’organisme qui coordonne les actions entre les Israéliens et les Palestiniens en Cisjordanie.

La famille d’Erekat a déclaré que la vidéo avait été tournée il y a plusieurs mois, en réfutant l’idée qu’il s’agissait d’une vidéo testament avant une attaque-terroriste.

Mardi, un haut responsable palestinien, Saeb Erekat, avait déclaré avant la diffusion de la vidéo qu’Ahmad Moustafa Erekat, son neveu, se « précipitait » seulement pour passer le barrage. Il a contredit le récit israélien de l’événement selon lequel il aurait lancé intentionnellement sa voiture contre la police dans le cadre d’une attaque.

« Des soldats israéliens ont abattu Ahmad Erekat à Abu Dis, à l’est de Jérusalem, le jour du mariage de sa sœur, a déclaré le bureau du secrétaire général du comité exécutif de l’OLP dans un communiqué. Ahmad cherchait à passer rapidement un barrage pour conduire sa mère et sa sœur dans un salon de beauté à Bethléem. »

« Mon cousin, le neveu de ma femme, a été exécuté, assassiné de sang-froid et [le Premier ministre Benjamin] Netanyahu en porte la responsabilité », a déclaré Erekat séparément à la chaîne publique Kan.

Ahmad devait lui-même se marier la semaine prochaine, a déclaré Erekat.

Un autre cousin, Noura Erekat, professeur assistant à l’université Rutgers, a accusé les autorités israéliennes d’avoir laissé son cousin Ahmad se vider de son sang, après que des images ont été publiées le montrant allongé au sol, blessé. Un officier de la Police aux frontières passe à côté de lui, mais refuse de lui venir en aide.

Le bureau des négociations de l’OLP a ensuite affirmé que l’armée israélienne avait empêché le service d’urgence du Croissant rouge palestinien de venir sur place et de le soigner.

Réagissant aux accusations, un porte-parole de la Police aux frontières a déclaré au Times of Israël que des agents ont porté une assistance médicale au terroriste en l’espace de quelques minutes. Les agents ont été contraints de constater le décès du suspect peu après.

Les images de la scène, après qu’Erekat s’est fait tirer dessus, le montrent en train de saigner, mais il est encore en vie. Le porte-parole de la Police aux frontières a déclaré que la vidéo en question avait été filmée avant que les urgentistes n’arrivent sur place.

La nouvelle sur l’attaque présumée et la mort d’Erekat se sont vite propagées dans sa ville natale d’Abu Dis. Des affrontements ont alors éclaté entre les forces de sécurité israéliennes et les résidents d’Abu Dis. Des résidents ont mis le feu à des pneus et des poubelles afin de bloquer l’une des artères principales de la ville, selon des images qui ont circulé sur des réseaux sociaux palestiniens.

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