« Il n’y aura pas de gouvernement d’unité », dit Netanyahu, en réponse à Liberman
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« Il n’y aura pas de gouvernement d’unité », dit Netanyahu, en réponse à Liberman

Le Premier ministre rejette l'idée d'une coalition avec son rival Kakhol lavan, bien que cela puisse être la seule option après les élections de septembre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le dirigeant du parti politique Yisrael Beytenu Avigdor Liberman à la Knesset, le 25 mai 2016. (Yonatan Sindel/FLASH90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le dirigeant du parti politique Yisrael Beytenu Avigdor Liberman à la Knesset, le 25 mai 2016. (Yonatan Sindel/FLASH90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exprimé mercredi son opposition à un gouvernement d’unité avec le parti centriste Kakhol lavan, rejetant une pression pour une telle coalition de la part d’Avigdor Liberman, dirigeant d’Yisraël Beytenu.

Liberman s’est engagé à mettre en place un gouvernement d’unité composé de son parti, le Likud et Kakhol lavan, excluant les factions ultra-orthodoxes si personne ne peut former une coalition après les élections sans Yisrael Beytenu.

Un mois et demi avant les élections du 17 septembre, les spéculations circulent sur le fait qu’un gouvernement d’unité pourrait être le seul résultat viable de cette course. Dans la plupart des grands sondages, le Likud de Netanyahu ne semble pas avoir une majorité à la Knesset avec les seuls partis religieux de droite et ultra-orthodoxes après la querelle acharnée entre le Premier ministre et Liberman en mai.

De même, Kakhol lavan, dirigé par Benny Gantz et Yair Lapid, semble incapable de former une coalition avec des partis à sa gauche et, sans le Likud, devrait créer un gouvernement s’appuyant sur des laïcs et des factions Haredi mutuellement antagonistes – une perspective aussi improbable.

Mercredi, le Premier ministre a réagi à la pression de M. Liberman par une déclaration – publiée par le journal résolument pro-Netanyahu Israel Hayom en tant que tribune et dont le titre a fait la manchette principale – disant « mon engagement est clair : il n’y aura pas de gouvernement d’unité ».

Yair Lapid (à droite) et Benny Gantz, dirigeants du parti Kakhol lavan, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 21 mars 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le reste de la déclaration ne faisait pas référence à la question d’un gouvernement d’unité et ne donnait pas d’explication ou de détails sur sa position. Elle contenait les messages de campagne de Netanyahu promettant de former un gouvernement de droite, appelant les électeurs à voter pour son parti et attaquant Gantz, Lapid et Liberman en les qualifiant de gauchistes. Le Premier ministre fait campagne pour attirer des partisans du chef d’Yisrael Beytenu, dont la base est composée d’immigrants originaires de l’ex-Union soviétique.

Autrefois allié politique, Liberman a refusé de rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu après les élections d’avril, à moins qu’un projet de loi formalisant les exemptions au service militaire obligatoire pour les étudiants de yeshiva ne soit adopté sans modification, une demande rejetée par les partenaires ultra-orthodoxes du Premier ministre.

Cette impasse a contribué à déclencher de nouvelles élections car, sans Yisrael Beytenu, Netanyahu était à un siège de la majorité gouvernementale.

Le Likud a précédemment rejeté l’idée d’un gouvernement d’unité, déclarant qu’il chercherait une coalition avec les partis de droite et les partis religieux – moins Yisrael Beytenu – tandis que Kakhol lavan a exprimé son soutien à une coalition avec le Likud, mais uniquement si celle-ci n’inclue pas Netanyahu qui est accusé actuellement de corruption.

Liberman a récemment déclaré que si Netanyahu rejetait ses efforts pour former un gouvernement d’unité, il se tournerait vers un autre député du Likud après les élections, décrivant un scénario dans lequel Netanyahu pourrait être destitué comme dirigeant du parti au pouvoir. Lapid, le numéro 2 de Kakhol lavan, a ensuite déclaré que son parti était en pourparlers avec des membres du Likud au sujet d’un successeur possible à Netanyahu.

Lapid a répété ce message mercredi en réaction à la déclaration de Netanyahu, en écrivant sur Twitter : « Netanyahu est peut-être contre l’unité, mais ses meilleurs députés sont tout à fait pour. Ils nous parlent tous les jours. S’il perd contre nous, ne serait-ce que d’un seul siège, la mutinerie au Likud commencera. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, aux côtés de candidats du Likud et de députés, assiste à un événement alors que les résultats des élections législatives israéliennes sont annoncés au siège du parti à Tel Aviv, le 10 avril 2019. (Crédit : Gili Yaari / FLASH90)

Le Likud a déclaré dimanche que ses 40 meilleurs candidats pour les prochaines élections avaient signé un engagement offrant leur soutien sans équivoque à Netanyahu et déclarant qu’ils n’avaient pas l’intention de le remplacer après les élections.

« Nous, soussignés, les candidats sur la liste du Likud pour la 22ème Knesset, affirmons que nous ne nous laisserons pas imposer de règles par aucun autre parti. Quels que soient les résultats des élections, le Premier ministre et président du Likud Benjamin Netanyahu est le seul candidat du Likud au poste de Premier ministre, et il n’y aura pas d’autre candidat », déclarait l’engagement, qui a été prôné par le député Likud David Bitan.

Cependant, un reportage télévisé diffusé dimanche soir suggérait que, malgré cette promesse, des membres importants du parti disaient en privé que si Netanyahu ne parvenait pas à former une coalition après les élections de septembre, ils pourraient reconsidérer leur position.

Une source haut placée du Likud a été citée par la Douzième chaîne comme minimisant l’importance de la promesse de loyauté, affirmant que si les pourparlers de la coalition se retrouvaient dans une impasse, comme ils l’ont été après les élections d’avril, les membres du Likud seraient obligés de « prendre des décisions difficiles ».

Alexander Fulbright et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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