Implantations : Un nombre de logements record approuvé depuis l’arrivée de Trump
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Implantations : Un nombre de logements record approuvé depuis l’arrivée de Trump

Alors que Netanyahu promet d'appliquer la souveraineté aux implantations s'il est réélu, une instance du ministère de la Défense a approuvé plusieurs milliers de projets

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Vue de l'implantation juive d'Efrat en Cisjordanie (Hadas Parush/Flash 90)
Vue de l'implantation juive d'Efrat en Cisjordanie (Hadas Parush/Flash 90)

L’instance du ministère de la Défense responsable de la construction dans les implantations a fait avancer les plans de plus de 3 600 habitations en Cisjordanie, a confié dimanche une porte-parole de l’agence au Times of Israel.

Le sous-comité de haute-planification de l’Administration civile a fait passer à un stade supérieur la majorité des projets qui se trouvaient à un stade du « dépôt » au cours de sa rencontre, jeudi dernier.

Par ailleurs, 1 226 unités de logement ont reçu le feu vert pour leur construction à travers toute la Cisjordanie, lors d’une session qui a eu lieu peu avant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’indique qu’il était prêt à étendre la souveraineté israélienne à toutes les implantations s’il doit remporter le prochain scrutin.

Sous des directives officieuses régissant les implantations et coordonnées avec la Maison Blanche au moment où le président américain Donald Trump était arrivé au pouvoir, l’Etat juif avait accepté que le comité de l’Administration se réunisse une fois par trimestre alors qu’il se réunissait une fois par mois dans le passé. Si les sessions de travail antérieures ont été l’occasion de faire progresser les projets de 1 000 à 2000 habitations, les 3 659 dossiers traités jeudi dernier représentent le plus grand nombre de plans d’unités de logement jamais avancé depuis l’arrivée de Trump au pouvoir – une période marquée par la croissance d’Israël au-delà de la Ligne verte en comparaison avec les huit années des mandats de Barack Obama.

Près de 1 200 constructions seront réalisées bien au-delà de la Ligne verte, dans des implantations isolées, comme à Shilo, Elon Moreh, Rehelim, Mitzpe Jericho et Nokdim.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu plante un olivier dans la zone de Netiv Haavot, dans l’implantation d’Elazar en Cisjordanie, le 28 janvier 2019. (Marc Israel Sellem/POOL)

Parmi les plans qui ont également franchi le stade dit de « dépôt », 720 unités de logement dans la ville de Haresha, en Cisjordanie, une initiative qui permettra de légaliser de façon rétroactive l’avant-poste constitué de 50 familles approximativement qui avait été fondé en 1998. Le gouvernement avait échoué à transformer cette communauté en implantation pleinement reconnue au cours des deux dernières décennies, la route menant à Haresha ayant été construite sur des terres palestiniennes privées. Toutefois, le procureur-général Avichai Mandelblit avait soumis un avis juridique, au mois de novembre 2017, autorisant l’expropriation – et le ministère de la Justice avait annoncé au mois de décembre son projet de construire un tunnel souterrain qui mènerait à l’implantation.

Des permis de construire ont par ailleurs été finalisés pour des projets prévus dans des implantations plus « consensuelles » comme Etz Efrayim, Givat Zeev, Karnei Shomron, Beitar Illit et Maale Adumim – toutes situées à l’ouest de la barrière de sécurité de Cisjordanie (ou à l’ouest de l’endroit où le mur devrait être construit).

Un plan concernant 289 unités de logement a reçu le feu vert dans le quartier Alon de l’implantation de Kfar Adumim. La communauté juive devrait s’élargir encore davantage, incluant au final des parcelles qui accueillent actuellement le village bédouin de Khan al-Ahmar. Au mois de mai dernier, la Haute cour de justice avait autorisé le projet de démolition du hameau – construit sans les autorisations nécessaires – qui était soumis par l’Etat. Les habitants affirment, pour leur part, que les permis de construire ne sont presque jamais accordés aux Palestiniens de Cisjordanie. Netanyahu a promis samedi que le village serait rasé, même s’il avait fait déjà cette promesse auparavant et à plusieurs occasions au cours des 18 derniers mois.

En réponse aux approbations de construction de jeudi, l’organisation La Paix maintenant a expliqué que « Netanyahu a décidé, officiellement ou officieusement, d’annexer la Cisjordanie à Israël. Il est le cas échéant impossible de justifier la promotion de milliers d’unités de logement pour les Israéliens dans les territoires occupés ».

L’avant-poste de Haresha (Autorisation)

« Les constructions dans les implantations compliquent la sortie de l’occupation et l’obtention d’un accord de paix à deux Etats et elles sont nuisibles à l’intérêt d’Israël en tant qu’Etat démocratique et sûr », a conclu l’ONG de gauche.

Tandis que l’organisation-cadre pro-implantation de Yesha n’a pas répondu à une demande de réaction concernant ces approbations, le secrétariat de Haresha a émis un communiqué remerciant les autorités concernées pour le lancement du processus de légalisation de la communauté, demandant au gouvernement de rapidement mettre en oeuvre son plan.

Faisant campagne, la semaine dernière, sur fond de prédictions d’une éventuelle victoire du mouvement rival Kakhol lavan, Netanyahu a cherché à courtiser les électeurs de droite prévoyant d’accorder leurs suffrages à HaYamin HaHadash ou à l’Union des partis de droite. Il a ainsi affirmé que si le Likud n’avait pas l’avantage mardi, il ne formerait pas le gouvernement et que les besoins des habitants d’implantations seraient oubliés – indépendamment de l’importance, lors du scrutin, des autres partis du même bord de l’échiquier politique.

Il a paru accentuer son message samedi, jurant d’annexer certaines parties de la Cisjordanie s’il obtenait un nouveau mandat.

S’il doit être réélu mardi, a dit Netanyahu à la Douzième chaîne, « je vais faire appliquer la souveraineté israélienne dans les implantations en Cisjordanie mais je ne ferai pas la distinction entre les blocs et les implantations isolées : De mon point de vue, chacune de ces implantations est israélienne ».

Dimanche également, le Premier ministre a invité les responsables d’implantations pour une réunion « d’urgence ». Le chef du conseil local d’Efrat, Oded Revivi, a noté que Netanyahu avait relayé le message qu’il ne pensait pas disposer d’un bloc suffisamment important pour former une coalition dans la mesure où le président de Zehout, Moshe Feiglin, a refusé de se placer dans le camp de droite ou dans le camp de gauche.

Revivi a expliqué que les responsables locaux israéliens se mobiliseraient au cours des prochaines 48 heures « afin de garantir l’avenir du mouvement pro-implantation ».

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