Injures antisémites envers Alain Finkielkraut : un homme jugé mercredi
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Injures antisémites envers Alain Finkielkraut : un homme jugé mercredi

Sauf constitution de partie civile de dernière minute, l'académicien, qui n'a pas porté plainte, devrait être absent à l'audience

Poursuivi pour avoir proféré des injures à caractère antisémite envers le philosophe Alain Finkielkraut en marge d’une manifestation de « gilets jaunes » à Paris en février, une qualification qu’il conteste, un trentenaire sera jugé mercredi à Paris.

Cité à comparaître par le parquet de Paris, le prévenu âgé de 36 ans devra répondre d' »injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion » devant la 17e chambre du tribunal correctionnel.

Sauf constitution de partie civile de dernière minute, l’académicien, qui n’a pas porté plainte, devrait être absent à l’audience.

Le philosophe avait été violemment invectivé par des manifestants en marge de l' »acte 14″ du mouvement à Paris, le samedi 16 février. La scène avait suscité une vague de condamnations par l’ensemble de la classe politique.

Barbu, gilet jaune sur le dos et visiblement très énervé, le prévenu, un vendeur de téléphones du Haut-Rhin, est l’homme le plus reconnaissable sur les vidéos qui ont circulé.

Il lui est reproché d’avoir crié plusieurs insultes et invectives à l’adresse du philosophe : « Espèce de sioniste », « grosse merde », « elle est à nous, la France », ou encore « sale race » ou « t’es un haineux et tu vas mourir, tu vas aller en enfer ».

« Il a, c’est vrai, proféré quelques insultes, mais aucun caractère raciste ou antisémite ne peut être retenu », a réagi auprès de l’AFP son avocat, André Chamy. « ‘Sioniste’, c’est une idéologie politique, pas une religion, pas une communauté », a-t-il estimé.

Selon l’avocat, le prévenu a invectivé le philosophe, « une personnalité clivante », « à cause de ses idées portant atteinte à la fraternité et au vivre-ensemble ». Et s’il a été poursuivi alors que d’autres manifestants au « visage découvert » ne l’ont pas été, c’est que son client « avait la gueule de l’emploi avec sa petite barbiche », a-t-il affirmé.

En février, une source proche du dossier décrivait cet homme comme un « petit délinquant, proche de la mouvance salafiste mais pas fiché radicalisé ».

Le prévenu, qui a perdu son emploi dans la téléphonie en Suisse en raison de cette affaire et « vivote » aujourd’hui avec sa propre entreprise en Alsace, sera présent à l’audience, selon son défenseur.

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