Intel va aider des start-ups avec un programme de développement à Tel Aviv
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Intel va aider des start-ups avec un programme de développement à Tel Aviv

Des start-ups dans des secteurs comme l'intelligence artificielle et systèmes autonomes seront accompagnées dans leur croissance, déclare Bob Swan, PDG d'Intel, en visite en Israël

Le PDG d'Intel Corp, Bob Swan, (au centre), visite les installations du géant américain de la technologie à Haïfa le 16 juin 2019. (Ezra Levy)
Le PDG d'Intel Corp, Bob Swan, (au centre), visite les installations du géant américain de la technologie à Haïfa le 16 juin 2019. (Ezra Levy)

Intel Corp. a annoncé dimanche la mise en place d’un programme d’accélérateur de start-ups d’innovation ouverte qui aidera à développer les jeunes start-ups en Israël dans des industries clés, notamment l’intelligence artificielle, les systèmes autonomes et autres technologies axées sur les données.

Basé à Tel Aviv, le programme, appelé « Ignite », s’appuiera sur le savoir-faire d’Intel en matière d’accès au marché mondial, de commerce et de technologie pour fournir aux start-ups sélectionnées des conseils et des parrainages afin de leur permettre de se développer.

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, Bob Swan, PDG d’Intel, a déclaré que ce nouveau programme serait « très important » afin de faire progresser l’innovation ouverte en Israël et accélérer les jeunes start-ups israéliennes en phase initiale et qui explorent des technologies dans divers secteurs clés dans lesquels Intel intervient.

A l’origine fabricant de puces pour PC, le géant américain de la technologie se transforme en entreprise centrée sur les données, offrant une gamme beaucoup plus large de produits et de services à ses clients, notamment des semi-conducteurs, des capteurs pour voitures sans conducteur, des drones et des technologies basées sur le cloud.

Les nouveaux processeurs Intel Core 10e génération d’Intel Corp. sur une carte mère. (Autorisation)

« Intel a toujours travaillé de concert avec les écosystèmes ouverts pour développer ce que nous appelons souvent des technologies perturbatrices afin qu’elles puissent, en fait, être transformatrices pour les entreprises et la société », a déclaré M. Swan, dans le cadre de sa première visite à la Start-up Nation après sa nomination plus tôt cette année comme chef du bureau américain de la société. « Ce processus n’est pas alimenté principalement par de grandes entreprises comme Intel, mais par l’innovation, la vitesse et la passion de la communauté des start-ups. »

Après un processus de sélection, le programme accueillera de 10 à 15 start-ups en pre-seed ou en seed, à travers un programme de 20 semaines où elles bénéficieront du parrainage pratique des experts Intel dans une variété de domaines, du commerce, de la gestion et d’autres domaines techniques.

« Ignite renforcera la collaboration commerciale et technique entre Intel et les start-ups locales dans le but d’accélérer leur croissance et d’en accroître l’impact », a déclaré M. Swan.

Le programme Ignite démarrera ses activités en Israël plus tard dans l’année et devrait être étendu à d’autres pays au fil du temps. La diversité des entreprises en démarrage – avec une mixité sociale variée – représentera un facteur clé dans la sélection des entreprises du programme, a déclaré la société.

Intel n’a pas l’intention de chercher à obtenir des participations ou des droits de propriété intellectuelle dans ces entreprises, a ajouté la société. Yaniv Garty, directeur général d’Intel Israël, a toutefois déclaré lors de la conférence de presse qu’Intel pourrait éventuellement investir dans certaines de ces start-ups via sa branche de capital-risque.

Intel, qui a lancé ses activités en Israël en 1974, est le plus grand employeur non gouvernemental du pays, avec quelque 12 000 employés, dont ceux de Mobileye, un fabricant de technologies automobiles autonomes acquise par Intel en 2017 pour 15,3 milliards de dollars. La société possède une usine de fabrication à Kiryat Gat et des centres de R&D à Jérusalem, Petah Tikva et Haïfa.

L’équipe d’Intel Corp, de Haifa, a développé les nouveaux processeurs Intel Core de 10e génération qui introduisent pour la première fois l’IA sur PC. (Autorisation)

« Le site israélien fait partie intégrante du succès d’Intel depuis 45 ans et c’était un choix naturel pour notre programme Ignite étant donné sa position unique en tant que catalyseur mondial de l’innovation », a déclaré M. Swan. Certains des « produits les plus importants » d’Intel, comme ses processeurs core de 10e génération annoncés récemment, ont été développés en Israël, a-t-il dit.

Le travail de l’équipe de la société basée à Haïfa a fait partie de « certains des projets les plus complexes et les plus stimulants » qui ont « donné les meilleurs processeurs au monde », a-t-il déclaré. Intel Israël a apporté une « contribution extrêmement significative » aux travaux d’Intel à travers le monde, a dit M. Swan, ajoutant qu’Intel continuera à investir dans le pays. L’entreprise a investi quelque 40 milliards de dollars en Israël au cours des 45 dernières années, dans l’acquisition d’entreprises, en investissant dans des start-ups et dans la R&D.

Tzahi (Zack) Weisfeld, ancien responsable mondial de Microsoft pour les start-ups, sera le directeur général et directeur exécutif d’Ignite, sous la responsabilité de Garty. Lors de la conférence de presse, Weisfeld a déclaré qu’Intel prévoyait de créer le « Harvard » des accélérateurs, « le premier accélérateur du pays… le premier programme dans le pays. »

Weisfeld sera assisté par Avner Goren, vice-président de Intel Architecture, Graphics and Software Group, qui reliera le programme Ignite à la communauté technique d’Intel.

« En tant que plus grande entreprise de haute technologie d’Israël, nous voulons soutenir les changements technologiques majeurs qui émergent au sein de notre communauté de start-ups », a déclaré Garty. « Ignite est un pas important dans cette direction, centré sur nos efforts pour transformer le monde en travaillant sur les innovations en matière d’intelligence artificielle, d’autonomie, de cyber-informatique et d’informatique de nouvelle génération. »

Une voiture autonome Intel Corp/Mobileye avec un conducteur humain derrière le volant. (Capture d’écran YouTube)

Plus tôt dans la journée, M. Swan s’était rendu sur le site de Mobileye à Jérusalem et a testé l’un des véhicules autonomes de l’entreprise à l’essai dans la ville.

Répondant à la question de savoir si Intel a peut-être surpayé Mobileye, M. Swan a déclaré qu’il n’avait « aucun regret » et qu’au cours des deux années qui ont suivi l’acquisition, la société a doublé de taille et est devenue un acteur majeur dans son domaine.

Ce lundi, il a visité l’usine d’Intel à Kiryat Gat.

En mai, Intel a confirmé son intention d’investir quelque 5 milliards de dollars dans l’extension de son usine de production de Kiryat Gat en Israël, où elle produit et développe certaines de ses puces informatiques les plus avancées, d’ici 2020. Dans le cadre du plan d’investissement, Intel devrait obtenir un remboursement d’impôt de 5 % jusqu’à la fin 2027, ainsi qu’une subvention gouvernementale de 700 millions de shekels (175 millions d’euros).

Le dernier investissement d’Intel en Israël fait suite à une mise à niveau de 6 milliards de dollars de la même usine dans le sud d’Israël annoncée par la société en 2014, pour permettre la production des puces informatiques de nouvelle génération les plus avancées d’Intel, les puces 10 nanomètres.

M. Swan s’attend à ce que les puces de 10 nanomètres soient sur les linéaires d’ici « les fêtes de fin d’année 2019 ».

En ce qui concerne les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine et l’interdiction imposée par les États-Unis à la société chinoise Huawei Technologies Co., M. Swan a déclaré : « La Chine est un marché très important pour nous, et Huawei est un gros client pour nous. Cela dit, nous respectons les règles et les règlements qui existent dans les marchés où nous exerçons nos activités. »

Les actions du fabricant de puces Broadcom ont plongé la semaine dernière après que l’entreprise ait raté ses prévisions de ventes pour le deuxième trimestre et a réduit ses prévisions de chiffre d’affaires pour l’exercice financier complet, en raison de l’actualité autour de Huawei et des incertitudes commerciales.

Broadcom a imputé à l’interdiction américaine de travailler avec le géant chinois Huawei la baisse de ses prévisions de chiffre d’affaires. Cette nouvelle a également provoqué une crainte chez d’autres fabricants de puces.

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