Intel vend 8 % de ses parts dans Mobileye, alors que les licenciements commencent
Dans le cadre d'un plan de restructuration mondiale, le fabricant de puces électroniques a commencé à convoquer ses employés en Israël pour des entretiens préalables à leur renvois
Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.
Intel cède une partie de sa participation dans Mobileye, sa filiale spécialisée dans la conduite autonome basée à Jérusalem, alors que le fabricant américain de puces électroniques en difficulté réduit ses coûts et met en œuvre une nouvelle vague de licenciements, notamment dans son usine de fabrication israélienne de Kiryat Gat, dans le sud du pays.
Mardi soir, Mobileye a annoncé qu’Intel allait vendre 45 millions d’actions, d’une valeur actuelle d’environ 900 millions de dollars, dans cette entreprise qui développe des technologies pour les systèmes de conduite autonome.
Les souscripteurs de l’offre publique, Goldman Sachs et Bank of America, disposent d’une option de 30 jours pour vendre 6,5 millions d’actions supplémentaires de Mobileye. À l’issue de cette vente, la participation d’Intel dans Mobileye devrait passer de 88 % à environ 80 %. En outre, Mobileye a accepté de racheter 100 millions de dollars d’actions à Intel.
Cette vente intervient moins de dix ans après qu’Intel a été salué pour le rachat de la société israélienne pour 15 milliards de dollars, alors que le fabricant de puces électroniques lutte pour rester à flot face à des concurrents qui le devancent dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA).
Le cours de l’action Mobileye sur le Nasdaq a plongé de plus de 5 % à l’ouverture de la bourse mercredi matin, faisant perdre 350 millions de dollars à sa valorisation de 14,35 milliards de dollars. Intel a quant à lui reculé de près de 2 %.
À l’époque, l’acquisition de Mobileye par Intel en 2017 avait marqué la plus importante sortie d’une entreprise technologique israélienne.
Le géant des semi-conducteurs est présent en Israël depuis 1974, date à laquelle il a commencé ses activités avec une poignée d’employés. Depuis, il est devenu le plus grand employeur privé du secteur des hautes technologies en Israël.
En avril, Intel avait annoncé une vague de licenciements qui devrait entraîner une réduction de 20 % de ses effectifs mondiaux ; le fabricant de puces cherche en effet à devenir « une entreprise plus légère, plus rapide et plus efficace ».
Dans le cadre de cette restructuration à l’échelle mondiale, Intel a lancé une vague de licenciements cette semaine, convoquant jusqu’à 200 employés à des entretiens préalables à leur renvoi dans son usine de fabrication de Kiryat Gat, selon le quotidien israélien Calcalist. Au total, plusieurs centaines de postes dans ses centres de recherche et développement (R&D) à travers le pays devraient être concernés.
En juin 2024, le fabricant de puces électroniques avait suspendu l’expansion d’un important projet d’usine en Israël, qui prévoyait d’investir 15 milliards de dollars supplémentaires dans l’agrandissement de son usine de fabrication de puces électroniques à Kiryat Gat.
Le géant technologique a déjà supprimé environ 15 000 emplois en 2024, soit environ 15 % de ses effectifs mondiaux, y compris en Israël, pour terminer l’année 2024 avec 108 900 employés, contre 124 800 l’année précédente. Intel a déclaré ne pas divulguer de détails sur les divisions ou les sites concernés par les licenciements mondiaux.
Avant cette récente vague de licenciements, Intel employait près de 12 000 personnes dans ses trois centres de recherche et développement situés à Haïfa, Petah Tikva et Jérusalem, ainsi que dans son usine de fabrication de Kiryat Gat.
Suite à une rationalisation globale et à une réduction des effectifs au cours des deux dernières années, notamment par des suppressions d’emplois et la fermeture de sites, Intel compte désormais 9 350 employés en Israël.
Au cours des trois premiers mois de cette année, Intel a annoncé une perte de 800 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 12,7 milliards de dollars.
L’une des entreprises les plus emblématiques de la Silicon Valley a vu sa fortune éclipsée par les géants asiatiques TSMC et Samsung, qui dominent le marché des semi-conducteurs sur mesure.
La société a également été prise au dépourvu par l’émergence de Nvidia en tant que premier fournisseur mondial de puces destinées à l’IA. Mercredi, Nvidia a frôlé le statut de première entreprise à atteindre une valorisation de 4 000 milliards de dollars.
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Intel s’est spécialisé dans les puces utilisées dans les processus informatiques traditionnels, mais a été éclipsé par la révolution de l’IA.








