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Intense programme diplomatique pour Biden jeudi en Israël

Au menu : "Déclaration de Jérusalem", rencontre avec Yaïr Lapid et Benjamin Netanyahu, soutiens aux athlètes américains pour les Maccabiades...

Le Premier ministre Yair Lapid salue le président américain Joe Biden à l'aéroport Ben Gurion, le 13 juillet 2022. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Yair Lapid salue le président américain Joe Biden à l'aéroport Ben Gurion, le 13 juillet 2022. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Après l’accueil chaleureux, les dossiers chauds : le président américain Joe Biden va multiplier jeudi les échanges avec des dirigeants israéliens et endosser une « Déclaration de Jérusalem » qui scelle la coopération des Etats-Unis et de l’Etat hébreu.

La « Déclaration de Jérusalem sur le partenariat stratégique entre les Etats-Unis et Israël » sera « le vivant témoignage de la nature unique, de la santé, de l’ampleur, de la profondeur et de l’intimité » de cette relation bilatérale, a indiqué un haut responsable israélien, sous couvert d’anonymat.

En particulier, ce document va exprimer « une position très claire et unie contre l’Iran, son programme nucléaire et son agression à travers la région », poursuit cette source, les Américains n’utilisant toutefois pas jusqu’à présent l’expression « Déclaration de Jérusalem » pour évoquer ce texte.

L’attitude à adopter vis-à-vis de Téhéran est une source de flottement entre les Etats-Unis, qui voudraient tenter la voie diplomatique en ressuscitant le grand accord de 2015 sur le nucléaire (JCPOA), et Israël, adepte de la ligne dure.

Le négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Bagheri Kani, quitte le Palais Coburg, lieu de la réunion du Plan d’action global conjoint (JCPOA) visant à relancer l’accord sur le nucléaire iranien, à Vienne, le 3 décembre 2021. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

L’administration Trump s’était retirée en 2018 de cet accord encadrant le programme nucléaire iranien pour rétablir des sanctions contre Téhéran dans le cadre d’une campagne dite de « pression maximale » contre la République islamique.

« C’était une erreur gigantesque du dernier président de se retirer de l’accord car ils (les Iraniens) sont plus près de l’arme atomique aujourd’hui qu’ils ne l’étaient auparavant », a déclaré M. Biden dans un entretien à la chaîne israélienne 12 diffusé mercredi soir.

A la question de savoir s’il était prêt à utiliser la force afin de s’assurer que l’Iran n’obtienne pas l’arme atomique, M. Biden a répondu : « Oui, si c’est en dernier recours ».

Israël craint non seulement de voir son ennemi iranien se doter de l’arme nucléaire, mais aussi que la levée de sanctions regarnissent les caisses de la République islamique qui augmenterait alors son soutien à ses alliés dans la région comme les groupes terroristes du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien.

Le Premier ministre Yair Lapid arrive pour le Conseil des ministres à Jérusalem, le 10 juillet 2022. (Crédit : Maya Alleruzzo / POOL / AFP)

Dans le détail, Joe Biden doit s’entretenir à la mi-journée avec le nouveau Premier ministre Yaïr Lapid qui avait déclaré en 2021, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères, vouloir rétablir les ponts entre Israël et le parti démocrate américain après les années au pouvoir de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu.

M. Biden participera à une réunion d’un format appelé « I2U2 », rassemblant autour de lui les dirigeants israéliens, d’Inde, un des principaux alliés de l’Etat hébreu, et des Emirats arabes unis, pays qui a normalisé ses relations avec Israël.

Joe Biden verra aussi le président Isaac Herzog, qui doit le décorer d’une « médaille d’honneur » pour son soutien envers Israël, et il ira encourager les athlètes américains participant aux Maccabiades, des rencontres sportives juives organisées tous les quatre ans en Israël.

Enfin, comme c’est l’usage pour un président américain, d’autant qu’Israël est en campagne pour les élections législatives du 1er novembre, M. Biden rencontrera l’opposition politique, en l’occurrence l’ancien dirigeant Benjamin Netanyahu, avec lequel il est réputé entretenir une relation pas toujours très chaleureuse.

Le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu prend place à l’aéroport Ben Gurion près de Tel Aviv, le 13 juillet 2022, avant l’arrivée du président américain Joe Biden pour une visite officielle. (Crédit : Jack Guez / AFP)

Cette visite de Joe Biden – sa dixième au total, mais sa première comme président – vise pour Washington à rappeler son influence dans une région qui n’a jusqu’ici pas été la priorité de l’administration démocrate, surtout obnubilée par la Chine et la Russie.

Sur ce dernier point, la Maison Blanche s’est bien gardée jusqu’ici d’aborder trop frontalement le sujet de l’Ukraine et de l’attitude de l’Etat hébreu.

Israël, tout en condamnant publiquement l’invasion, se refuse à fournir des armes aux Ukrainiens car l’Etat hébreu veut pouvoir se reposer sur la présence de la Russie dans la région, en particulier en Syrie voisine, où l’armée israélienne mène de surcroît des frappes aériennes contre des éléments jugés pro-Iraniens.

Là où toutes les administrations américaines ou presque ont dirigé beaucoup d’efforts diplomatiques vers le Moyen-Orient, à grands coups notamment d’initiatives pour le processus de paix israélo-palestinien, celle de Joe Biden reste jusqu’ici en retrait.

Nombre d’analystes estiment que le président américain, tout en se félicitant d’avoir rétabli une discussion avec les Palestiniens, et relancé l’aide financière à leur profit, ne devrait pas s’engager plus avant.

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