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Iran : Le serveur de messagerie électronique de l’organisation atomique piraté

Un groupe se faisant appeler Black Reward a lancé vendredi un ultimatum de 24 heures aux autorités iraniennes, les exhortant à libérer tous "les prisonniers politiques"

Illustration : Un pirate informatique (Crédit : iStock via Getty Images)
Illustration : Un pirate informatique (Crédit : iStock via Getty Images)

L’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) a indiqué dimanche qu’un serveur de messagerie électronique d’une de ses filiales avait été piraté par « une source originaire d’un pays étranger », avec l’objectif d’attirer l’attention sur le pays, en proie à des manifestations.

L’Iran est secoué par un mouvement de contestation depuis la mort, le 16 septembre, de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans arrêtée trois jours plus tôt à Téhéran par la police des moeurs qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique.

Des dizaines de personnes, principalement des manifestants, et même des enfants, ont été tuées lors de ces manifestations. Des centaines d’autres, dont des femmes, ont été arrêtées.

Un groupe se faisant appeler Black Reward a lancé vendredi un ultimatum de 24 heures aux autorités iraniennes, les exhortant à libérer tous « les prisonniers politiques, les prisonniers d’opinion et les gens arrêtés lors des récentes manifestations » faute de quoi il diffuserait des documents liés au programme nucléaire iranien.

A l’expiration de l’ultimatum, des documents ont été diffusés samedi sur les réseaux sociaux, apparemment par le groupe, dont une courte vidéo présentée comme montrant un site nucléaire iranien, ainsi que des cartes et des fiches de paie.

L’OIEA a reconnu dans un communiqué qu’une de ses filiales, la Compagnie de développement et de production de l’énergie atomique, avait été visée, tout en minimisant l’importance des documents en question.

« Un accès non autorisé au système de messagerie électronique de cette compagnie par une source originaire d’un pays étranger spécifique a conduit à la publication du contenu de certains messages sur les réseaux sociaux », a-t-elle indiqué, sans nommer le pays.

Ces messages contiennent « des messages techniques et des échanges normaux », est-il ajouté.

« Le but de tels actes illégaux (…) est d’attirer l’attention des opinions publiques (…) en menant des opérations psychologiques qui n’ont aucune valeur », poursuit l’OIEA.

Ces déclarations surviennent alors que les Occidentaux et l’Iran tentent depuis plus d’un an de relancer le JCPOA, l’accord nucléaire conclu en 2015 entre les grandes puissances et Téhéran.

Cet accord visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique en échange d’une levée des sanctions internationales est en déliquescence depuis le retrait unilatéral en 2018 des États-Unis de Donald Trump, qui a mené à l’imposition de sanctions américaines et l’affranchissement progressif par Téhéran de ses obligations.

Les négociations avec l’Iran sont dans l’impasse depuis des semaines.

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