Iran : les gardiens de la révolution veulent étendre leur pouvoir après les élections américaines
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Iran : les gardiens de la révolution veulent étendre leur pouvoir après les élections américaines

Les tenants d'une ligne dure veulent utiliser la victoire de Trump pour consolider leur puissance politique, économique et militaire en Iran et à l'étranger

Le guide suprême iranien Ali Khamenei, à droite, avec le général de brigade Ali Fadavi et d'autres commandants du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, après l'arrestation de soldats américains dans le Golfe persique en janvier 2016. (Crédit : Wikimedia Commons)
Le guide suprême iranien Ali Khamenei, à droite, avec le général de brigade Ali Fadavi et d'autres commandants du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, après l'arrestation de soldats américains dans le Golfe persique en janvier 2016. (Crédit : Wikimedia Commons)

Les jusqu’au-boutistes iraniens voient la victoire de Donald Trump à la présidence américaine comme une opportunité pour renforcer leur pouvoir politique et militaire, et leur influence en République islamique et à l’étranger, a déclaré un fonctionnaire iranien.

L’élection de Donald Trump « est un cadeau de Dieu aux gardiens de la révolution islamique», a déclaré lundi le fonctionnaire, sous condition d’anonymat, à l’agence de presse Reuters.

Un autre responsable iranien a affirmé à Reuters que « si Trump adopte une politique hostile à l’encontre de l’Iran ou renonce à l’accord sur le nucléaire, les jusqu’au-boutistes et notamment les gardiens de la révolution islamique en bénéficieront. »

Les gardiens de la révolution iranienne sont une organisation paramilitaire chargée de garantir le caractère islamique « révolutionnaire » et de l’exporter. Ils dominent aussi de larges secteurs de l’économie iranienne, en raison de leur proximité avec les dirigeants religieux de l’Iran.

Le président américain Barack Obama rencontre le président élu Donald Trump pour mettre en place la transition, au Bureau ovale à la Maison Blanche, le 10 novembre 2016. (Crédit : AFP/Jim Watson)
Le président américain Barack Obama rencontre le président élu Donald Trump pour mettre en place la transition, au Bureau ovale à la Maison Blanche, le 10 novembre 2016. (Crédit : AFP/Jim Watson)

Trump a, à plusieurs reprises, promis de « démanteler » et d’appliquer rigoureusement l’accord sur le nucléaire signé l’an dernier.

Les responsables iraniens ont dit à Reuters qui si Trump prenait des mesures sévères contre l’Iran, et imposait à nouveau des sanctions, les gardiens de la révolution seraient les premiers à en bénéficier, parce que des accords récents leur seront accordés, comme par exemple l’accord conclu avec le géant français de l’énergie Total.

Une position agressive de Trump envers l’Iran renforcerait aussi le corps militaire politiquement, puisque l’approche de négociation avec l’Occident défendue par la faction dite réformiste, dirigée par Hassan Rouhani, serait perçue comme un échec. Ceci validerait la pensée des gardiens de la révolution, selon laquelle il n’y a pas de place pour les arrangements et les compromis avec les puissances occidentales menées par les Etats-Unis.

Cela permettra alors aux gardiens de la révolution d’utiliser la faiblesse de Rouhani et des ses alliés pour réprimer leurs opposants politiques, comme ils l’ont fait en 1999 pendant la présidence de Mohammad Khatami, proche de Rouhani, et en 2009 suite à la réélection truquée de Mahmoud Ahmadinejad, qui a cherché à renforcer les gardiens de la révolution pendant sa présidence.

Des femmes agitent des drapeaux libanais ou du groupe terroriste chiite du Hezbollah devant des portraits du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei (à droite) et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, pendant un discours de ce dernier commémorant les dix ans de la deuxième guerre du Liban, à Bint Jbeil, le 13 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmoud Zayyat)
Des femmes agitent des drapeaux libanais ou du groupe terroriste chiite du Hezbollah devant des portraits du guide suprême iranien, l’ayatollah
Ali Khamenei (à droite) et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, pendant un discours de ce dernier commémorant les dix ans de la deuxième guerre du Liban, à Bint Jbeil, le 13 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmoud Zayyat)

Un responsable iranien a également déclaré à Reuters que « les gardiens de la révolution adopteront une approche agressive et plus dure dans les prochains mois » pour leurs opérations militaires, en cherchant à renforcer leurs intermédiaires comme le régime de Bashar el-Assad en Syrie, le Hezbollah au Liban, les milices chiites en Irak et les Houthis au Yémen, pour mener leur guerre d’influence sur le Moyen Orient contre le grand rival sunnite de l’Iran, l’Arabie saoudite.

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