Ire des Juifs après l’accueil du Brésil à la petite-fille d’un ministre d’Hitler
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Ire des Juifs après l’accueil du Brésil à la petite-fille d’un ministre d’Hitler

Des groupes juifs fustigent le président Jair Bolsonaro pour avoir chaleureusement embrassé Beatrix von Storch, chef adjointe du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne

Beatrix von Storch, responsable adjointe du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), brandit une pancarte indiquant : "Liberté d'expression" lors d'une manifestation contre les mesures de confinement dans le cadre de la pandémie de coronavirus, à Berlin, le 23 mai 2020. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)
Beatrix von Storch, responsable adjointe du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), brandit une pancarte indiquant : "Liberté d'expression" lors d'une manifestation contre les mesures de confinement dans le cadre de la pandémie de coronavirus, à Berlin, le 23 mai 2020. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)

RIO DE JANEIRO (JTA) — Le président brésilien a accueilli avec effusion une législatrice allemande d’extrême-droite dont le grand-père était un haut responsable nazi, provoquant un scandale parmi la communauté juive.

Jair Bolsonaro, qui a fortement divisé les électeurs juifs brésiliens malgré son discours ouvertement pro-israélien, a rencontré Beatrix von Storch, chef adjointe du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et membre du Parlement allemand depuis 2017.

Bolsonaro était (vraiment) tout sourire en rencontrant lundi Ursula von Storch, petite-fille de Lutz Graf Schwerin von Krosigk, ancien ministre des Finances sous le régime nazi d’Adolf Hitler.

« L’AfD est un parti extrémiste et xénophobe dont les dirigeants minimisent les atrocités nazies et l’Holocauste. Le Brésil est un pays diversifié et pluraliste qui a une tradition d’accueil des immigrants. Nous défendons et cherchons à représenter la tolérance, la diversité et la pluralité qui définissent notre communauté », a déclaré Claudio Lottenberg, président de la Confédération israélite brésilienne, dans un communiqué.

L’AfD est liée à plusieurs positions extrémistes. Le parti a notamment soutenu l’assaut du Capitole américain le 6 janvier et a radicalement dénigré les immigrants musulmans en Allemagne. Fin 2017, Twitter avait temporairement suspendu Ursula von Storch après qu’elle eut qualifié un groupe d’immigrants de « barbares, musulmans et violeurs ».

L’Anti-Defamation League et le bureau brésilien de l’organisation à but non lucratif pro-israélienne StandWithUs ont également critiqué la réunion à Brasilia. « Ni Bolsonaro, ni aucun élu ne devrait accueillir un représentant de l’AfD. Le parti d’extrême-droite allemand AfD accepte la banalisation et le déni de l’Holocauste et utilise une rhétorique xénophobe », a tweeté mardi l’ADL.

La semaine dernière, von Storch a également été accueilli par Eduardo Bolsonaro, le fils du président qui est un législateur fédéral populaire. Elle a également rencontré la membre du Congrès Bia Kicis, présidente de la Commission de la Constitution, de la justice et de la citoyenneté à la Chambre des députés. Le grand-père de Kicis était un héros de guerre juif médaillé.

« J’ai l’honneur d’être la petite-fille du général Samuel Kicis, reconnu comme un héros juif brésilien qui a rejoint les forces brésiliennes dans la lutte contre le fascisme et le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale », a déclaré Kicis. « En tant que membre conservatrice du Congrès, j’ai accueilli une membre du Congrès allemand qui, comme moi, défend les valeurs judéo-chrétiennes, la famille et la souveraineté de sa patrie. »

Bolsonaro, qui était proche de l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et certains de ses collaborateurs ont été mêlés à de précédentes polémiques sur l’histoire nazie.

En 2019, Bolsonaro avait qualifié les nazis de gauchistes, avant de s’excuser. L’année dernière, son ministre de la Culture avait été congédié pour avoir utilisé des extraits d’un discours du propagandiste nazi Joseph Goebbels, et cette année, un conseiller principal a été critiqué pour avoir fait un geste suprémaciste blanc lors d’une réunion législative.

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