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Israël a voté en faveur de la suspension de Moscou du Conseil des droits de l’homme

La Russie est le 2e pays à perdre son statut de membre ; Lapid : cette décision ne change pas la position de Jérusalem à l'égard du Conseil, accusé de biais à l'égard d'Israël

Des militaires ukrainiens autour de la dépouille d'un civil dans une rue de Boutcha, dans la banlieue de Kyiv, le 2 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Vadim Ghirda)
Des militaires ukrainiens autour de la dépouille d'un civil dans une rue de Boutcha, dans la banlieue de Kyiv, le 2 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Vadim Ghirda)

L’Ukraine a déclaré jeudi qu’elle était « reconnaissante » de la décision de suspendre la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, affirmant que les « criminels de guerre » ne devaient pas y être représentés.

« La suspension de la participation de la Russie au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU est (…) une nouvelle punition pour l’agression contre l’Ukraine », a écrit le président Volodymyr Zelensky sur Twitter, se disant « reconnaissant pour la solidarité des partenaires » de l’Ukraine.

« Nous devons maintenir une pression coordonnée sur la Russie dans tous les forums internationaux. Forçons la Russie à chercher la paix avec nous », a-t-il ajouté.

« Les criminels de guerre n’ont pas leur place dans les organes de l’ONU visant à protéger les droits de l’homme », avait auparavant réagi sur Twitter le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba.

« (Je suis) reconnaissant à tous les Etats membres qui ont soutenu la résolution pertinente de l’Assemblée générale des Nations unies et qui ont choisi le bon côté de l’Histoire », a-t-il ajouté.

L’Assemblée a suspendu jeudi la Russie de son siège au Conseil des droits de l’homme en raison de l’invasion de l’Ukraine, au cours d’un vote qui a recueilli 93 voix favorables et traduit un effritement de l’unité internationale face à Moscou.

Le décompte des votes de la résolution visant à confirmer la suspension de la Fédération de Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies est affiché pendant une réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies, le jeudi 7 avril 2022, au siège des Nations Unies. (Crédit : AP Photo/John Minchillo)

Sur les 193 pays membres de l’Assemblée générale, 24 ont voté contre cette suspension – la deuxième dans l’histoire des Nations unies après l’éviction de la Libye en 2011 – et 58 se sont abstenus.

Mais les abstentions n’étaient pas prises en compte dans la majorité des deux-tiers requise parmi les seuls votes pour et contre.

Israël a évité de s’aligner trop étroitement sur l’un ou l’autre camp depuis que les troupes russes ont envahi l’Ukraine le 24 février. C’est l’un des rares pays à entretenir des relations relativement chaleureuses tant avec l’Ukraine, une démocratie occidentale, qu’avec la Russie, qui contrôle l’espace aérien au-dessus de la Syrie, dans lequel Israël opère pour cibler les mandataires iraniens.

Mais jeudi, elle a de nouveau rejoint le bloc des pays qui ont voté contre la Russie – une position qu’elle a maintenue depuis qu’elle s’est attirée les foudres de l’administration Biden pour avoir refusé de coparrainer la première résolution du Conseil de sécurité des Nations unies contre l’invasion de l’Ukraine par Moscou en février. Depuis, Israël s’aligne sur l’Occident pour condamner la Russie dans plusieurs résolutions de l’ONU.

« Israël a soutenu aujourd’hui la décision de l’Assemblée générale des Nations unies de suspendre la Russie de son statut de membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à la suite de la guerre en Ukraine, de son invasion injustifiée et du meurtre de civils innocents », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué faisant suite au vote.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid à Chypre le 5 avril 2022. (Crédit : Asi Efrati/GPO)

Jérusalem s’est également rapprochée lentement de la position occidentale contre la Russie de manière plus générale, bien qu’il y ait eu une délégation de responsabilité entre le Premier ministre Naftali Bennett, qui jusqu’à récemment cherchait à servir de médiateur entre les parties et évitait largement de critiquer la Russie, et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, qui a été beaucoup plus virulent dans ses critiques. Les deux hommes ont condamné le massacre qui a eu lieu à Boutcha, mais seul Lapid a désigné la Russie comme responsable.

Israël – soutenu parfois par les États-Unis – accuse depuis longtemps le Conseil des droits de l’homme de partialité anti-israélienne et a généralement refusé de coopérer avec ses enquêteurs.

Lapid a déclaré que le vote de jeudi « ne change pas notre position sur le Conseil de l’ONU, qui est un organe extrémiste, moralement imparfait, partial et essentiellement anti-israélien qui a été exploité depuis sa création par des pays violant les droits de l’homme dans le monde comme un outil politique, y compris pour attaquer Israël ».

Après la guerre de Gaza en mai dernier, les membres du CDH ont voté à une écrasante majorité en faveur du lancement d’une enquête ouverte sur le traitement des Palestiniens par Israël, ce qui a ulcéré Jérusalem.

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