Israël assouplit la loi sur le port d’armes et rend éligible une foule de civils
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Israël assouplit la loi sur le port d’armes et rend éligible une foule de civils

Les restrictions assouplies permettent aux vétérans de l'armée israélienne de porter des armes à feu afin d'améliorer la réponse aux attaques terroristes, a déclaré le Gilad Erdan

Illustration: Homme tenant une arme de poing. (Nati Shohat / Flash90)
Illustration: Homme tenant une arme de poing. (Nati Shohat / Flash90)

Israël a annoncé lundi l’assouplissement des conditions d’éligibilité au port d’armes, autorisant théoriquement jusqu’à 600 000 civils supplémentaires à demander un permis, dans le cadre d’une réforme majeure des règles du pays en matière d’armes à feu, avec l’objectif déclaré d’améliorer la réponse immédiate aux attaques terroristes.

Les autorités s’attendent toutefois à ce que seulement 35.000 personnes soumettent une demande, a indiqué une source au sein du ministère de la Sécurité intérieure sous le couvert de l’anonymat.

Les nouvelles conditions, entrées en vigueur lundi, permettent désormais à tout Israélien ayant bénéficié d’une solide formation au combat d’infanterie de demander une autorisation.

De plus, les officiers de l’armée gradés premier lieutenant ou plus, ainsi que les sous-officiers gradés premier sergent ou plus, qui ont porté une arme pendant leur service militaire ne seront plus tenus de rendre leurs armes et leurs permis lorsqu’ils seront libérés du service de réserve, et pourront demander une autorisation pour continuer à les porter.

Les volontaires de certaines unités de police et des organisations médicales Magen David Adom, ZAKA et Hatzalah seront également éligibles à l’obtention de ces permis.

La réforme a été rendue publique par le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, qui a fait pression pour permettre à un plus grand nombre d’Israéliens de s’armer en réponse aux attaques terroristes.

Le critère essentiel pour recevoir un permis était jusqu’alors, outre la profession, le lieu de résidence. Les Israéliens vivant ou travaillant en Cisjordanie recevaient souvent une licence. Ils devaient également suivre régulièrement des tests et des formations.

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, assiste à une réunion du comité à la Knesset, le 14 novembre 2017. (Flash90)

En vertu des directives assouplies, les personnes qui ont été en possession continue d’un permis d’armes à feu pendant 10 ans pourront dorénavant conserver le permis indéfiniment, sans avoir à passer des examens périodiques.

Parmi les 8.5 millions d’Israéliens, 140.000 en sont déjà détenteurs.

Si les autorités affirment que cette décision vise à accroître la sécurité, notamment vis-à-vis des attaques de Palestiniens, ses détracteurs affirment qu’elle ne fera qu’encourager la violence.

Le bureau du ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a déclaré que la nouvelle réglementation « améliore considérablement » le processus de formation suivi par les demandeurs et les détenteurs de permis.

« Beaucoup de civils ont déjà sauvé des vies lors d’attentats, perpétrés notamment par des loups solitaires. Plus ils seront entraînés à porter une arme, plus grandes seront les chances de contrecarrer les attaques et de réduire les pertes humaines », a expliqué lundi soir dans un communiqué le ministre de la Sécurité intérieure.

« Les citoyens qualifiés qui portent des armes à feu en public contribuent au sentiment de sécurité, constituent une ligne de défense importante contre les attaques de loups solitaires et renforcent ainsi la sécurité publique », a déclaré M. Erdan.

Il a par ailleurs assuré mardi lors d’une intervention à la radio publique que les candidatures au port d’armes seraient strictement étudiées, jugeant les critères d’obtention parmi « les plus stricts ».

« Nous examinons le passé des gens, leur état de santé, notamment leur santé mentale – il faut des autorisations du ministère de la Santé et de la police », a-t-il expliqué.

Ces dernières années, de nombreux Palestiniens ont adopté la tactique du « loup solitaire », qui consiste à poignarder, à utiliser des voitures-béliers ou à lancer des attaques contre des Israéliens sans le soutien opérationnel d’un groupe terroriste. Des milliers de ces attaques, tentatives d’attaques ou attaques planifiées ont été enregistrées par les autorités israéliennes depuis 2016.

Une Israélienne avec un pistolet a frappé sa ceinture en marchant au centre de Jérusalem le 14 février 2007. (Nati Shohat / Flash90)

La nouvelle politique a été critiquée par le chef du parti d’opposition de gauche Meretz.

Les armes à feu « sont une machine à tuer dont l’utilisation civile doit être réduite autant que possible », a déclaré Tamar Zandberg dans un communiqué. « Au lieu de s’occuper de l’énorme quantité d’armes illégales dans les rues qui mettent en danger des vies humaines, ils augmentent simplement le nombre de permis de port d’armes à feu. »

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