Israël continuera de frapper l’Iran en Syrie, avertit Benjamin Netanyahu
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Israël continuera de frapper l’Iran en Syrie, avertit Benjamin Netanyahu

Lors d'une cérémonie de remise de diplômes de l'armée de l'Air, le Premier ministre a également prévenu qu'une guerre éclaterait si le pays ne contrôlait pas la vallée du Jourdain

Benjamin Netanyahu a promis jeudi de continuer d’agir contre l’implantation de l’Iran en Syrie, quelques jours après une réunion tripartite de haut rang avec les États-Unis et la Russie.

S’exprimant lors d’une cérémonie de remise de diplômes aux élèves du 178e programme de formation au pilotage de l’armée de l’Air israélienne, le Premier ministre a également prévenu qu’un retrait israélien de la vallée du Jourdain en Cisjordanie entraînerait une guerre

« Nous continuerons à agir contre la tentative de l’Iran de s’établir en Syrie, l’armée de l’Air y joue un rôle crucial », a-t-il déclaré aux nouveaux pilotes.

« Nous n’oublions jamais que nous devons être prêts à nous protéger à l’aide notre puissance contre toute menace, c’est le principe de base garantissant notre avenir ».

Les nouveaux pilotes de l’armée de l’air israélienne lancent leurs bérets en l’air lors de la cérémonie de remise des diplômes à la base aérienne de Hatzerim, dans le désert du Néguev, le 29 décembre 2016. (Photo par Miriam Alster/Flash90)

Ces propos surviennent deux jours après une rencontre entre le conseiller à la sécurité américain, John Bolton, et ses homologues russe et israélien, Nikolai Patrushev et Meir Ben Shabbat, à Jérusalem, pour des discussions autour de la Syrie et de l’Iran.

Dans des déclarations à la presse, Nokolai Patrushev a rejeté la vision américaine et israélienne selon laquelle l’Iran représente « la principale menace à la sécurité régionale » et indiqué que les frappes ariennes d’Israël contre des forces iraniennes et leurs alliés en Syrie étaient « non désirables ».

Israël a en effet reconnu avoir réalisé des centaines de frappes de ce type ces dernières années chez leur voisin syrien, ciblant des infrastructures militaires iraniennes qu’elles considèrent comme une menace pour l’État juif. Les milices soutenues par l’Iran y aident le régime à mettre fin à la guerre civile sanglante qui dure depuis plus de huit ans.

Le responsable russe a fait savoir que Moscou était conscient des inquiétudes d’Israël à cet égard et qu’elle en discutait avec Téhéran. Il a néanmoins souligné que l’Iran « était et reste notre allié et partenaire ».

L’État hébreu exige que les forces iraniennes quittent le pays une fois le conflit fini et recherche depuis longtemps le soutien de la Russie à ce sujet.

Mercredi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a fait savoir que Moscou avait utilisé la réunion tripartite pour dire clairement qu’elle ne laisserait pas l’opposition israélienne et américaine aux activités de Téhéran pour détourner l’attention du besoin plus vaste de réhabiliter la Syrie, la guerre civile arrivant à son terme.

« Les discussions entre les secrétaires des conseils de sécurité russe et américain, leur collègue israélien ainsi que le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu, était utiles dans la mesure où, je l’espère, nos collègues ont assuré clairement à nos partenaires que nous ne soutiendrons aucune tentative de transformer tout le débat autour de la Syrie en une attaque de l’Iran, tout simplement parce qu’il s’agit d’une approche malsaine et mauvaise du problème », a averti le chef de la diplomatie russe lors d’une conférence de presse à Moscou.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem à Moscou, Russie, le 30 août 2018. (AP Photo/Alexander Zemlianichenko)

D’après Jérusalem, le sommet trilatéral de mardi avait pour but spécifique de contrer l’Iran, dont ses aspirations nucléaires et son influence au Moyen-Orient.

Benjamin Netanyahu a également réitéré qu’Israël ne pouvait pas renoncer à son contrôle sécuritaire sur la vallée du Jourdain, avertissant que cela donnerait lieu à une guerre.

« Il n’y a pas beaucoup d’espace qui sépare les frontières du pays des zones habitées, a rappelé le chef du gouvernement. « C’est pourquoi nous pensons que l’ouest du Jourdain sera toujours sous notre contrôle. Si nous abandonnons la vallée du Jourdain, nous pouvons être certains qu’il y aura une guerre ».

Netanyahu a récemment souligné l’importance stratégique de cette région après la publication du volet économique du futur plan de Washington censé résoudre le conflit israélo-palestinien. Celui-ci ambitionne de lever plus de 50 milliards de dollars pour les Palestiniens et à créer un million d’emplois en une décennie.

Intitulé « De la paix à la prospérité », cette partie du plan américain semble appeler au contrôle palestinien des points de passage, y compris ceux de la vallée du Jourdain. Le reste du plan de paix de l’administration Trump, doit être révélé à la fin de l’année après les élections israéliennes du 17 septembre.

Le président Reuven Rivlin et le chef d’état-major de l’armée, Aviv Kohavi, étaient également présents à la cérémonie de jeudi organisée à la base aérienne de Hatzerim, dans le sud du pays.

Aviv Kohavi a indiqué qu’Israël n’autoriserait pas les organisations terroristes telles que le Hezbollah au Liban et le Hamas dans la bande de Gaza de trouver refuge en se cachant parmi les populations civiles.

« Alors que nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter de toucher des civils, l’ennemi s’efforce de faire l’inverse », a-t-il asséné. « C’est la manifestation la plus claire des agissements d’une armée terroriste – organisée en unités avec des moyens militaires et utilisant également le terrorisme en faisant fi du droit international, de la morale et des valeurs. Une telle situation ne doit pas être permise. Par nous, par la communauté internationale. Nous ne laisserons pas les zones urbaines devenir un bouclier pour l’ennemi ».

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