Israël/Hamas: résolution de Paris à l’ONU malgré le probable veto de Biden
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Israël/Hamas: résolution de Paris à l’ONU malgré le probable veto de Biden

Le texte "demande instamment l'intensification et l'accélération des efforts diplomatiques et le soutien à une solution négociée à deux États"

Le conseil de sécurité de l'ONU à New York. (Crédit : Mission de la Norvège à l'ONU/ Twitter)
Le conseil de sécurité de l'ONU à New York. (Crédit : Mission de la Norvège à l'ONU/ Twitter)

Après une dizaine de jours de blocage des Etats-Unis au Conseil de sécurité à toute déclaration condamnant les violences au Proche-Orient, la France, avec le concours de l’Egypte, la Jordanie et la Tunisie, a déposé mardi un projet de résolution d’une page et demie qui « exige une cessation immédiate des hostilités » et « appelle à la fourniture et à la distribution sans entraves d’une aide humanitaire dans tout Gaza ».

Selon le texte, le projet « demande instamment l’intensification et l’accélération des efforts diplomatiques et le soutien à une solution négociée à deux États », Israël et un État palestinien, vivant en paix côte à côte.

La résolution comprend dans son préambule une condamnation des tirs de roquettes aveugles du Hamas contre les civils israéliens.

Le texte « souligne que la bande de Gaza fait partie intégrante du territoire occupé en 1967 et fera partie de l’État palestinien ».

La résolution « reconnaît également le rôle vital joué par l’UNRWA dans la fourniture de l’aide humanitaire et économique à Gaza », en référence à l’agence controversée des Nations unies pour les réfugiés palestiniens qui, selon Israël, est corrompue et contribue de manière concrète à perpétuer le conflit.

Le Conseil a également « exprimé sa grave préoccupation face à l’escalade de la violence, en particulier les pertes de vies civiles et les victimes qui en résultent, et a rappelé la nécessité d’un usage proportionné de la force, conformément au droit international », ce qui semble être une attaque contre la réponse d’Israël aux tirs de roquettes du Hamas.

« Soulignant que les populations civiles palestiniennes et israéliennes, y compris les enfants, doivent être protégées, conformément au droit international humanitaire et au droit international des droits de l’homme, et soulignant l’importance de la sécurité et du bien-être de tous les civils. »

« Soulignant que les installations civiles et humanitaires, y compris celles de l’ONU, doivent être respectées et protégées. »

Les États-Unis ont indiqué qu’ils ne soutiendraient pas la résolution, qui nécessitera neuf voix en faveur des membres du Conseil de sécurité et aucun veto de la part des États-Unis ou de l’un des quatre autres membres permanents.

Remis mardi à un très petit nombre de pays, le projet a été distribué mercredi soir au reste des 15 membres du Conseil qui ont jusqu’à jeudi soir pour proposer des commentaires, selon des diplomates.

La France, qui affirme chercher « un cessez-le-feu immédiat », n’a donné aucune indication sur une date de vote.

Son objectif est-il un coup de bluff à l’égard de Washington en espérant son appui ? Une pression accrue sur les Etats-Unis pour qu’ils durcissent leur position à l’égard d’Israël ?

Le président américain a réclamé mercredi une désescalade sans tarder et peu après les Etats-Unis faisaient savoir qu’à ce stade, ils étaient prêts à mettre leur veto au texte français.

« Nous avons été clairs et cohérents sur le fait que nous nous concentrons sur les efforts diplomatiques intensifs en cours pour mettre fin à la violence et que nous ne soutiendrons pas les actions qui, selon nous, sapent les efforts en faveur d’une désescalade », a dit à l’AFP une porte-parole de la mission américaine à l’ONU.

Des roquettes sont lancées par des militants palestiniens sur Israël, au milieu des combats israélo-palestiniens. à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 mai 2021. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

« Jeu risqué »

« La position américaine sera tout à fait déterminante » mais « c’est vrai qu’on a constaté des Etats-Unis un peu en retrait de tout cela », a commenté à Paris le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian. « Il faut absolument éviter une offensive terrestre israélienne qui ouvrirait une phase vraiment incontrôlable », a-t-il ajouté.

Si la menace d’un veto américain se précise, « la France n’ira pas jusqu’à mettre son texte au vote », prédit un diplomate sous couvert de l’anonymat. En proposant un projet de résolution, « c’est un jeu risqué » face aux Etats-Unis, estime-t-il.

Jean-Yves Le Drian lors d’une session de travail pendant la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G7, à Dinard, le 6 avril 2019. (Crédit : AFP / POOL / STEPHANE MAHE)

Depuis dix jours, malgré les pressions et son isolement croissant, Washington, premier allié d’Israël, n’a pas varié d’un iota à l’ONU.

Les Etats-Unis ont rejeté trois propositions de déclarations présentées par la Chine, la Tunisie (représentant le monde arabe au Conseil et grand allié de Washington) et la Norvège.

« Les membres du Conseil ont une responsabilité collective pour la paix et la sécurité internationales. Il est grand temps que le Conseil intervienne, brise son silence et s’exprime », s’est agacée mardi l’ambassadrice d’Irlande, membre non permanent, Geraldine Byrne Nason.

« Nous demandons simplement aux Etats-Unis de soutenir une déclaration du Conseil de sécurité qui dirait des choses similaires à celles qui sont dites bilatéralement par Washington », relevait récemment un de ses homologues européens, sous couvert de l’anonymat.

« C’est un peu étrange si l’on pense à l’attente que nous avions tous d’un retour des Américains dans la diplomatie multilatérale », indique à l’AFP un troisième ambassadeur, également sous anonymat. « Nous avions pensé aussi que les Etats-Unis seraient désireux de montrer la pertinence du Conseil de sécurité dans des situations comme celle-ci », estime-t-il.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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