Israël, modèle de la lutte contre le terrorisme sur Internet
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Israël, modèle de la lutte contre le terrorisme sur Internet

Le pays se distingue notamment dans son analyse des réseaux sociaux pour prévoir les attaques

Une image postée sur le compte Facebook d'un Palestinien (Crédit : Image Facebook)
Une image postée sur le compte Facebook d'un Palestinien (Crédit : Image Facebook)

En France et aux Etats-Unis, les plaies des attentats du 13 novembre sont encore béantes : Reynaldo Gonzalez, père de Nohemi, la seule victime américaine des attentats, a porté plainte dans son pays contre Facebook, Twitter et YouTube, les accusant de nourrir le djihadisme en permettant la diffusion de ses idées et la communication entre ses membres.

Ainsi, relève Europe 1, « rien que sur Twitter, 79 comptes officiels sont gérés par l’Etat islamique, générant environ 90 tweets par minute. 70 000 comptes y sont par ailleurs affiliés ».

Mais les djihadistes s’adaptent et utilisent de moins en moins les canaux officiels, comme Facebook et Twitter, pour communiquer : ils préfèrent désormais des applications cryptées, comme WhatsApp ou Telegram, voire le Dark Net, cette partie « invisible » d’Internet qui n’est accessible que par des navigateurs spéciaux.

Il est donc de plus en plus difficile de lutter contre le terrorisme sur Internet et la propagation des idées de l’Etat islamique ou d’autres groupes radicaux, faute d’une organisation au niveau mondial.

Mais, comme le note l’avocat Jean Tamalet, défenseur d’un rescapé du Bataclan et invité d’Europe 1, un pays pourrait servir d’exemple : Israël. « C’est anormal que les réseaux sociaux portent cette communication », admet-il. « Mais en même temps, c’est une mine d’or pour les services de renseignement », quand les moyens sont réunis pour analyser ces énormes contenus, moyens déployés notamment par l’unité 8 200 de l’armée israélienne et les services secrets.

Cette opinion est partagée par Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, sur le site Atlantico : il estime à 7 500 le nombre de personnes au sein de l’unité 8 200, et loue leur efficacité.

Ainsi, selon lui, les Israéliens « sont probablement les meilleurs du monde » en cyber-renseignement, un domaine qu’il distingue de la cyber-sécurité et de la cyber-défense : « il s’agit, plutôt que d’être victime d’attaques, de prendre les devants et d’anticiper. Ils partent alors chercher des renseignements directement sur les réseaux sociaux et toute la cyber-sphère, sur le web invisible et dans le Dark Net ». L’infiltration est la clef et permet ensuite de prévenir des attaques.

« A ma connaissance, si nous devions comparer, nous sommes en retard en matière de cyber-renseignement en France », critique Eric Denécé, « on a compris le principe mais on n’a pas les moyens de le mettre en œuvre ».

Proportionnellement, Israël a une « capacité d’action vingt fois plus importante », au vu des effectifs dédiés au cyber-renseignement et à la petite taille du pays. Mais, jusqu’à présent, Israël a dû faire face à des attaques terroristes sans comparaison possible, ce qui explique le développement de telles compétences.

Mais, plus qu’à l’armée, Israël lutte aussi contre l’apologie du terrorisme et la diffusion de l’idéologie terroriste sur les réseaux sociaux sur un plan législatif : ainsi, en janvier 2016, le ministre de la Sécurité intérieure a annoncé vouloir bâtir une coalition internationale pour forcer les géants des réseaux sociaux à modérer plus fermement leurs contenus haineux.

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