Israël parmi ceux qui paient le moins bien les femmes par rapport aux hommes
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Israël parmi ceux qui paient le moins bien les femmes par rapport aux hommes

Selon une étude onusienne, les écarts salariaux entre hommes et femmes frôleraient les 35 % en Israël

Une entreprise du secteur high-tech qui emploie des femmes ultra-orthodoxes à Modiin Elit, le 17 août 2009 (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)
Une entreprise du secteur high-tech qui emploie des femmes ultra-orthodoxes à Modiin Elit, le 17 août 2009 (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

En Europe et en Asie centrale, seuls Israël, l’Italie et le Kazakhstan paient moins bien les femmes cadres par rapport aux hommes, a révélé un rapport de l’Organisation internationale du Travail intitulé « Femmes d’affaires et femmes cadres : Les arguments en faveur du changement » publié ce mercredi.

Dans son graphique sur les écarts salariaux entre hommes et femmes parmi les cadres et dans l’ensemble des employés pour la région Europe et Asie centrale, Israël frôle ainsi les 35 %.

L’élasticité du PIB par rapport à l’emploi féminin en Israël est elle de 0,17 point.

Concernant la part des femmes dans l’encadrement pour la région Europe et Asie centrale, Israël se retrouve en milieu de classement, avec 35 % de femmes à ces postes dans les entreprises.

Israël se retrouve en revanche parmi les derniers de la région dans les résultats sur la part des entreprises ayant une femme dirigeante. Seuls le Tadjikistan, la Turquie et l’Azerbaïdjan se retrouvent derrière Israël.

Graphique sur les écarts salariaux entre hommes et femmes parmi les cadres et dans l’ensemble des employés pour la région Europe et Asie centrale. (« Femmes d’affaires et femmes cadres : Les arguments en faveur du changement » / Organisation Internationale du Travail)

Ces résultats ont été publiés par l’organisation onusienne suite à un sondage réalisé auprès de 12 940 entreprises – 73 % entreprises nationales ou locales et 27 % multinationales – de 70 pays au total.

Selon le rapport, les entreprises qui améliorent la mixité – en particulier au sommet – ont de meilleurs résultats et des profits plus élevés, et les pays qui emploient davantage de femmes ont une meilleure croissance économique.

« La mixité est une stratégie d’affaires intelligente », souligne l’étude. Près des trois-quarts des entreprises qui ont développé la mixité dans leur management ont augmenté leurs bénéfices de 5 à 20 %.  Et plus de la moitié d’entre elles ont reconnu que l’augmentation du nombre de femmes à la direction facilitait le recrutement de personnes de talent, et améliorait la créativité, l’innovation et la réputation de la société.

Le rapport a également analysé les statistiques de 186 pays entre 1991 et 2017, et a constaté que la hausse du nombre de femmes dans les entreprises avait coïncidé avec l’accroissement de la croissance économique nationale.

« Les entreprises devraient envisager l’équilibre entre hommes et femmes dans la perspective du résultat final, et pas uniquement du point de vue des ressources humaines », a déclaré Deborah France-Massin, directrice du Bureau des activités pour les employeurs de l’OIT.

L’équilibre entre les sexes aux postes de direction est atteint avec un quotient de  40 % – 60 % et le rapport souligne qu’on commence à constater les effets bénéfiques de la mixité lorsque les femmes occupent 30 % des postes de cadres dirigeants ou de cadres supérieurs.

Or, près des deux-tiers des entreprises interrogées reconnaissent ne pas atteindre cet objectif.

« Le plafond de verre est toujours intact. Il y a quelques fissures, mais il y a encore du chemin à faire », a déploré Mme France-Massin lors d’une conférence de presse à Genève.

La situation varie selon les pays et les régions. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, seuls 10 % des postes de direction sont occupés par des femmes, a relevé le rapport.

Graphique sur la part des femmes dans l’encadrement pour la région Europe et Asie centrale. (« Femmes d’affaires et femmes cadres : Les arguments en faveur du changement » / Organisation Internationale du Travail)

Globalement, environ 20 % seulement des PDG sont des femmes, et généralement dans des entreprises plus petites.

En plus du plafond de verre, Mme France-Massin a dénoncé les « murs de verre » qui tendent à cantonner les femmes à des postes de direction dans les domaines des ressources humaines ou de l’administration, plutôt que de leur confier des responsabilités dans la direction financière.

La mixité peut aussi être bénéfique pour les conseils d’administration des entreprises, souligne le rapport.

Et pourtant, les femmes ne détiennent que 23,6 % des sièges, voire même que 11 % dans les conseils d’administration au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Carte mondiale des coefficients d’élasticité du PIB par rapport à l’emploi féminin. (« Femmes d’affaires et femmes cadres : Les arguments en faveur du changement » / Organisation Internationale du Travail)
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