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« Israël se défend et a raison », aurait dit Zemmour à l’Association de la presse étrangère

Le candidat de droite à l’élection présidentielle a déclaré hier refuser de critiquer Israël ; il s'est relativement peu exprimé sur Israël durant sa carrière dans les médias

Eric Zemmour s'adresse aux membres de la communauté française de Londres au centre de conférence ILEC dans l'ouest de Londres, le 19 novembre 2021. (Crédit : Tolga Akmen / AFP)
Eric Zemmour s'adresse aux membres de la communauté française de Londres au centre de conférence ILEC dans l'ouest de Londres, le 19 novembre 2021. (Crédit : Tolga Akmen / AFP)

« Concernant la politique israélienne, Israël se défend et défend ses intérêts et elle a raison. Ce n’est pas moi qui vais critiquer Israël », aurait déclaré lundi 17 janvier Eric Zemmour, candidat à l’élection présidentielle française d’avril prochain.

La phrase aurait été prononcée lors d’un échange entre l’homme et l’Association de la presse étrangère (APE) en France, qui a rassemblé « plus de 70 médias étrangers » selon le compte Twitter d’Eric Zemmour. Le propos a été rapporté sur Twitter par la journaliste franco-israélienne Laura Goldmann.

« Mon approche que j’ai de la diplomatie française, c’est de ne pas donner de leçons de morale aux autres pays. (…) Je ne juge pas les régimes, les peuples choisissent et je m’adapte », aurait-il ajouté selon la même source.

Il a réitéré ses propos lors d’un entretien avec le quotidien israélien Maariv.

Il a également affirmé que la France devait « avoir une politique équilibrée vis-à-vis de tous les pays de la région ».

« La politique française semble parfois dépassée par rapport à la situation. Aujourd’hui, il est clair que ce n’est plus Israël d’un côté et les pays arabes de l’autre. Quand j’étais enfant, je me souviens qu’Israël était un allié de l’Iran, et on voit qu’aujourd’hui, l’Arabie saoudite et le Maroc sont des alliés d’Israël. La politique doit tenir compte de ces changements dans le monde », a-t-il ajouté.

Il a aussi été interrogé sur les inquiétudes de la communauté juive de France.

Eric Zemmour a ainsi déclaré « ne pas connaître de ‘communauté juive’ mais des ‘Français de confession juive ».

« Je me fiche de ce que disent les représentants de cette communauté. Aujourd’hui, ce n’est pas moi qui propage l’antisémitisme, c’est une certaine population et on le sait tous […] Dans les écoles publiques de la région parisienne, il n’y a plus de Juifs. C’est là que se situe la question de l’antisémitisme. » 

Malgré ses nombreuses interviews, interventions, chroniques, articles, livres et autre, l’homme s’est, tout au long de sa carrière de journaliste, relativement peu exprimé sur Israël outre que par le prisme de l’analyse politique ou géopolitique et entretient un rapport on ne peut plus éloigné avec l’État hébreu – sans pour autant jamais s’être opposé frontalement au pays ou à ses politiques.

Lors de la même réunion avec l’Association de la presse étrangère, Eric Zemmour a également dit vouloir parler « entre hommes » avec les dirigeants algériens, écartant toute « repentance » de la France et annonçant qu’il supprimerait, s’il était élu, l’accord de 1968 facilitant le travail et le séjour des immigrés algériens.

À Maariv, il a déclaré : « Mon père et mon grand-père parlaient un excellent arabe. C’étaient aussi des connaisseurs de la musique arabe qu’ils adoraient et qu’ils ont continué à écouter, même après leur arrivée en France. Alors je connais ce monde de l’intérieur. Je sais qu’ils [les musulmans ndlr] respectent ceux qui se respectent et méprisent ceux qui ne se respectent pas. »

« Je ne veux pas changer l’islam, même si en France les religions peuvent faire l’objet de critiques. Les pays musulmans sont libres d’ériger l’islam comme religion d’État, mais ils ne viendront pas nous donner des leçons […]. Je protège le peuple français, son identité, sa langue, son histoire, sa tradition et ses coutumes. Tous les pays le font. Seules les élites françaises se demandent si cela est légitime. Je ferai en sorte que les musulmans respectent la France. »

Il a aussi rappelé son opposition au port de symboles religieux en public. « À mon époque nous ne portions pas de kippa dans la rue, et les Juifs aujourd’hui n’en portent plus de toute façon, afin de ne pas être la cible d’attaques », a-t-il dit.

Ce lundi également, il a à nouveau été condamné pour provocation à la haine, cette fois pour ses propos sur les mineurs isolés. Le tribunal correctionnel de Paris lui a infligé une amende de 10 000 euros, un jugement qu’il a qualifié « d’idéologique et stupide » et dont il va faire appel.

Le 29 septembre 2020, lors d’un débat dans l’émission « Face à l’info » après un attentat devant les ex-locaux de Charlie Hebdo, le polémiste affirmait : « Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent. »

Les sorties controversées d’Eric Zemmour, 63 ans, contraint à la mi-septembre de quitter CNews en raison de ses ambitions présidentielles, lui ont valu depuis une dizaine d’années une quinzaine de poursuites en justice.

À LIRE : Eric Zemmour : « son » judaïsme, « son » identité française et toutes ses polémiques

Il était jugé la semaine dernière pour contestation de crime contre l’humanité après avoir soutenu en octobre 2019 sur CNews que le maréchal Philippe Pétain avait « sauvé » les Juifs français. La décision de la cour ne sera rendue qu’après l’élection présidentielle.

Il avait été relaxé en février 2021, le tribunal estimant que les propos avaient été prononcés « à brûle-pourpoint lors d’un débat sur la guerre en Syrie ». 

Eric Zemmour a par ailleurs aussi été assigné, le 27 janvier, par des sociétés et des personnalités du cinéma pour contrefaçon, après l’utilisation non autorisées d’images dans son clip d’entrée en campagne.

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