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Eric Zemmour condamné à 10 000 euros d’amende pour provocation à la haine

Le candidat d'extrême droite, dont les sorties controversées lui ont valu une quinzaine de poursuites en justice, va faire appel du jugement

L'ancien journaliste et candidat à la présidentielle de 2022, Eric Zemmour, prononce un discours lors de son meeting de campagne à Villepinte, près de Paris, le 5 décembre 2021. (Crédit : Stefano RELLANDINI / AFP)
L'ancien journaliste et candidat à la présidentielle de 2022, Eric Zemmour, prononce un discours lors de son meeting de campagne à Villepinte, près de Paris, le 5 décembre 2021. (Crédit : Stefano RELLANDINI / AFP)

Le candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle française Eric Zemmour a été condamné lundi à Paris à 10 000 euros d’amende pour provocation à la haine pour ses propos sur les mineurs migrants isolés.

Absent pour le jugement comme lors du procès en novembre, cet habitué des procédures judiciaires était jugé par le tribunal correctionnel pour avoir qualifié les migrants mineurs isolés de « voleurs », « assassins », « violeurs » à la télévision.

Celui qui est crédité de la quatrième place au premier tour de la présidentielle dans les derniers sondages (à environ 13 %) a fustigé cette condamnation « idéologique et stupide ».

Il va faire appel du jugement, a annoncé son avocat, Olivier Pardo.

« D’abord parce que la plupart du temps nous avons gagné en appel », a justifié Me Pardo, ensuite parce que le tribunal correctionnel de Paris a « dénaturé la poursuite » en estimant que les propos de M. Zemmour « portaient atteinte aux immigrés » alors qu’ils visaient les migrants mineurs isolés.

Les sorties controversées d’Eric Zemmour, 63 ans, lui ont valu depuis une dizaine d’années une quinzaine de poursuites en justice pour injure raciale, provocation à la haine ou contestation de crime contre l’humanité.

Plusieurs fois relaxé, il a été condamné à deux reprises pour provocation à la haine.

Il était cette fois-ci poursuivi pour des propos tenus le 29 septembre 2020, lors d’un débat dans l’émission « Face à l’info » sur la chaîne CNews après un attentat devant les ex-locaux du journal satirique Charlie Hebdo.

« Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent », avait-il affirmé au sujet des mineurs migrants isolés.

Des « propos méprisants, outrageants » qui montrent « un rejet violent » et une « détestation » de la population immigrée et qui ont franchi « les limites de la liberté d’expression », avait estimé la représentante du ministère public à l’audience en novembre.

« Il n’y a pas une once de racisme chez Eric Zemmour » qui ne fait que dire « la réalité », parfois de « manière brutale, avec ses mots », avait rétorqué Me Pardo, évoquant « une position politique ».

Il avait plaidé la relaxe, estimant que la citation pour provocation à la haine raciale ne tenait pas car « les mineurs isolés ne sont ni une race, ni une nation, ni une ethnie ».

Le tribunal a aussi condamné le directeur de publication de CNews, jugé aux côtés d’Eric Zemmour comme c’est l’usage dans les procès de presse, à 3 000 euros d’amende.

Une trentaine d’associations s’étaient constituées parties civiles, dont SOS Racisme, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la Licra, ainsi qu’une vingtaine de conseils départementaux – les mineurs non accompagnés étant pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), gérée par les départements.

Arié Alimi, avocat de la LDH a salué devant la presse une décision « importante ». « Derrière ce projet médiatique, il y a un projet politique, c’est un projet de haine », a-t-il déclaré, un projet qui tend à stigmatiser les personnes en raison de leur origine, en raison de leur confession, de leur race ».

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